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samedi 29 décembre 2012

L'Heure Vertueuse - Cartier : L'Ôde Verte Tueuse


Un regard au sein d'un grand classique. Le paysage est planté : nous marchons en terrain connu et conquis.  A moins que... l'odeur ne se vrille, ne se craque et nous aussi.


Sommet de pyramide. La mosaïste s'y tient et cherche à nous enchanter. En une bouchée. Pour nous attirer, elle dresse l'hommage aux mythes pionniers. Pour le rendre encore plus éclatant, elle l'illumine, le pare de scintillements encore flous, aux tonalités à la fois sourdes et radieuses. Captivés, nous nageons. Nos coeurs continuent de battre. Et nous saignons. Voilà tous nos amis qui arrivent en reniflant.


Tessellate

La lumière est sa forme préférée. Elle l'organise ici en trois points où deux lignes se croisent. Pour ne pas la trahir, elle choisit de la traiter à travers une seule teinte qu'elle irise, éclate et transforme en une splendide vague verte.


An Awesome Wave
Vert, tu es usé. Pars seul mon vert : tu as tenté de rester froid à son découpage. Pour mieux te retrouver,  elle a enfermé bien au chaud chacun de tes proches dans une multitude de prisons d'émaux étoilés : trois points où deux barres de fer se rejoignent. Face à face, dos à dos, c'est parti : elle forme sa mosaïque.


De sauvages pierres vertes se dessinent. Chaque odeur de chaque tesselle s'agite sous la chaleur et rayonne entre le classicisme de la forme et la modernité de la technique, s'inclinant ainsi selon la seule volonté de l'éminence grise.


Trois verres se découplent : un gifle - un berce - un tempère.
Une morsure que l'on apaise à l'instant, un réveil cinglant que l'on console aussitôt : tu veux blesser alors que te voilà respiré. Cristallisé, chaque facette voudrait culminer et rayonner, mais c'est le tout qui est focalisé.

Ces semblants d'émeraudes vont alors crépiter à l'unisson, formant la mosaïque dont la verdeur est pourtant plus précieuse que la pierre viridi. Car si ces verts sévissent, c'est parce qu'ils se répondent.
Elle a composé une grande fresque verte, un voyage dans les temps et dans les nuances d'une seule couleur.

Vert, tu es osé. Perce seul mon vert : tu es désormais décocté dans son découpage. T'ayant retrouvé, elle admire chacun de tes proches infusés dans cette multitude de prisons d'émaux étoilés : trois points où deux lignes d'argent se croisent. Face à face, dos à dos, c'est parti : elle a formé sa mosaïque.

J.
et un grand merci à O.



Tessellate


Les Heures de Cartier ne sont pas faciles d'accès et pourtant Iris Silver Mist sait si elles doivent être découvertes !
Fêtes obligent et grâce à la générosité de Josiane - la vertueuse éminence du stand Cartier des Galeries Lafayette - nous mettons en jeu DEUX ECHANTILLONS de L'Heure Vertueuse de Mathilde Laurent.

Il reste la Vèmela IXème et la XIème Heure pour que le cadran des Heures de Parfum soit complet.  Fantasmons ensemble sur les prochains Heures ! Deux participants seront tirés au sort à la fin de la semaine prochaine (mettons vendredi 4 janvier 2013) et gagneront chacun 4ml de cette IIIème Heure !

Et bonne fêtes de fin d'année ;)

====> Après un tirage au sort par un huissier de justice (ma sœur de 10 ans), nous avons deux gagnants ! Bravo à Hermeline et à Steff, qui remportent un échantillon de L'Heure Vertueuse de Mathilde Laurent ! Envoyez moi un mail à " drjicky@hotmail.fr " <=====

Merci à tous pour votre participation et vos commentaires pertinents et intéressants
J.

jeudi 29 mars 2012

Ichnvsa - Profvmvm Roma : De Figue en Aiguille

Les présentations faites (chez Sophie sur My Blue Hour), nous vous invitons à boire ce petit breuvage (non, ce n'est pas du poison). Eh eh... Oui oui, ce n'est pas une illusion d'optique, vous voilà en train de devenir tout petit. Vous rétrecissez, et à vue d'oeil !

Vous voilà, homme mortel, en figue transformé.

Les Cinq Sens - Jacques Linard

Pas besoin de vous prendre avec des pincettes puisque, si le sujet est épineux, votre métamorphose est grandiose, grandiloquente, grotesque ! C'est une évidence. Au diable les petites anecdotes fantastiques, vous voilà enduit d'une carapace charnue, et votre coeur fait battre des milliers de petits grains bien cachés dans un foie ma foi succulent. Votre sang est devenu lait, vos cheveux ont fugué et de légers interstices épars vous ont permis de sentir, de voir et de toucher.

Vous voilà métamorphosé, certes. Mais cela ne suffit pas. Il faut vous rassasier, car la figue est gourmande, et dangereuse. Ici, vos entrailles crient famille jusque dans vos feuilles, par un son verdoyant de faim. Tant mieux, on vous a remarqué. D'ailleurs, j'ai l'impression que... Mais oui ! Vous voilà dans les mains d'une belle jeune fille, au teint pâle et aux hanches vertueuses. Vous esquissez un petit sourire...

Pas question de rester figé ni planté là : qu'on vous transporte, et que dans trois jours vous soyez à Rome, sur le forum !

Romulus Et Rémus - Rubens
Car il n'y a pas de hasard dans la vie ! La figue est romaine ! Depuis le berceau des deux jumeaux à cet arbre encore aujourd'hui sur le forum, en passant par un sympathique petit passage à Carthage, la figue est omniprésente.

Ca vous va... Mais, après tout, vous n'êtes qu'une transformation. C'est passager. Au fond de vous même, vous savez que... vous n'êtes qu'une imitation. Une simple imitation.

Vos poils inexistants se hérissent. On en revient au problème épineux du départ.
Et voici que votre peau verte se durcit, devient plus foncée. Vos grains intérieurs se révulsent, se convulsent et sortent, grandioses, de votre corps !

Vous voilà, figue superbe, en arbre hérissé transformé !

Vos aiguilles sont acérées, votre soif de pouvoir semble satisfaite. Détruire Rome ? Non ! Magnifier Rome ! A vrai dire, vous êtes une espèce composite, ni figue ni sapin. Vous n'êtes plus une imitation, vous êtes plus que cela.
Votre puissance semble tellement vous coller à la peau qu'il n'est plus question de retrouver votre forme humaine. Puis, après tout, c'est ici qu'il réside, votre art, non ?

J.

Ps : il n'y a pas de hasard dans la vie... Je pars à Rome demain ! Donc je répondrai pas à vos message avant mercredi, mais Mister Phoebus guette, soyez rassurés ;)
Vive l'odorat !

jeudi 29 décembre 2011

Tilleul - Parfums D'Orsay : Quiétude

Rarement une maman n'aura eu une telle empreinte sur son bébé.
Une création d'Olivia Giacobetti a toujours ce tendre et ce craquant qui donnent à l'enfant de quoi raconter une histoire qui lui est propre. Et chez Parfums d'Orsay, Tilleul réussit à montrer que douceur, subtilité et sobriété peuvent se lier à la beauté pure et simple.

Il est clair que le style d'Olivia Giacobetti se rapproche plus d'un paysagisme légérement impressioniste que d'une vanité baroque. C'est pourquoi nous sommes rarement étonnés, du moins surpris lorsqu'on nous présente Tilleul. Cependant, l'ennui se tient loin de nous. Très loin !

Corot, Souvenir de Morte Fontaine, 1864

D'une manière similiaire à Une Rose, la sublime Fleur du Malle, Tilleul parvient à exister en trois dimensions. Ainsi, dans un registre vert, tendre et craquant, nous voilà en train de nous enfoncer dans une forêt claire, à l'allure un peu mystique, mais pas trop. Juste de quoi nous inciter à l'exploration sylvaine, sans qu'il y ait un quelconque sentiment de peur.
Et c'est là tout le compromis du parfum : tout est équilibré de manière à ce que seul un sentiment de quiétude, murmure d'une ataraxie diffuse, se fasse ressentir à chaque respiration. C'est pourquoi on arrive à peine à en parler sans commencer à partir dans de vagues figures clichés entre clairière, licorne, et après-midi reposant. Et cependant, dieu sait que ce parfum inspire.

Pour ma part, le tilleul fait toujours référence à l'enfance, que ce soit chez Goutal ou chez L'Artisan Parfumeur. Chez Parfums d'Orsay, en plus de la dimension proustienne, Olivia Giacobetti réussit à donner du sens aux couleurs : vert, bleu, jaune, ... Dans ses traditionnelles notes de concombre aqueux, d'iris délicat ou de blé craquant, Tilleul se déploit confortablement.

Et parfois je me dis que, tout de même, la parfumerie grand public pourrait sans aucune honte faire des sorties de cet acabit sans que la foule se mette à villipender sur la beauté du parfum. En attendant, Tilleul demeure un petit délice de perfumista, simple, beau et accessible, à porter comme si on tenait microsystème vivant entre nos mains.

Tilleul de Parfums d'Orsay respire.



J.

jeudi 30 juin 2011

Tina & Botanistes Artisanaux

Comme idée, on pouvait s'attendre à pas mal de choses pour la venue de l'été ! Olfactivement, il y a toujours foule d'affaires à régler. Et les marques l'ont bien compris ! Chez Mugler, on a chaque année droit aux déclinaisons Sunessence de leurs best-seller qui, malgré des noms à rallonge impressionnant (dur de le citer dans le métro lorsqu'une belle brune inconnue vous en demande le nom...) sont incroyablement bien faits ! Pareil pour les Eaux Fraiches, classiques mais tellement vues et revues qu'on baille d'ennui rien qu'à voir le flacon, toujours pareil : élancé et cylindrique. Cette année, Saharienne, L'Ô de L'Orangerie, et allez, on va parier sur une nouvelle Escale de Dior... (ou alors la 25ème déclinaison de J'Adore, au cas où on aurait pas compris que OUI, J'Adore, c'est trop la classe. Ou pas).

Mais jamais une marque nous a encouragé à prendre nos bottes, nos chapeaux verts, notre tablier vert foncé sur T-Shirt blanc, et nos gants, verts toujours ! Car c'est bel et bien le projet de L'Artisan Parfumeur : faire de nous de véritables botanistes ! Ainsi, pour célébrer leur gamme des Jardins Secrets, qui réunit leurs bambins tels que Premier Figuier, L'Eté en Douce, La Chasse aux Papillons ou encore le Patchouli Patch, L'Artisan Parfumeur nous offre, pour chaque achat, une petite carte de graines.

Premier Figuier pousse le long des sentiers aussi ! c EG

Le principe est simple : humidifiez la carte ensemencée de graines (je le dis parce que j'ai mis pas mal de temps à comprendre le fonctionnement de la machine ^^), et plantez là dans un petit pot de terre (conseil de pro : plantez la carte à l'horizontale, non à la verticale ;). Puis après, il suffira, en bon perfumista à la main (et à la narine !) verte, d'exposer la plantation au soleil, de l'arroser, et de lui parler. Je vous conseille même de lui donner un petit nom ! Après Virgile le Jasmin, voici Tina, la Carte de Graines, fille de Jicky ! (le nom est choisi purement au hasard, j'ai pris le premier que j'avais dans la tête. Et non, je ne regardais pas Goldeneye !).

Future-Tina, en train de s'humidifier, oui je sais, j'ai un
superbe parti pris pictural...

Ainsi, l'opération est simple : vous vous occuperez avec amour de votre plantation, et l'objectif sera de prendre de belles photos d'elle ! Dr Jicky & Mister Phoebus publiera ainsi de temps en temps des nouvelles de Tina, et sûrement de la future plantation de Phoebus sur la page facebook ! Et comme nous ne faisons pas les choses à moitié, autant tenter de faire quelques clichés sympas, car selon la marque, les photos les plus accrochantes seront sélectionnés, et un lot des 8 parfums de leurs Jardins Secrets est à gagner !

Nous vous obligeons donc d'ores et déjà à aller regarder nos photos de Tina et de sa future copine Made-In-Phoebus sur notre page, et de mettre des coeurs partout partout (comme les wesh wesh sur leurs photos de profil, à la différence près que nous ne vous obligeons pas à commenter "m a n n e q u i n" sous chaque cliché...).

Et tel un père tout ému par la naissance de son bébé, je vous présente Tina ! Cette Carte de Graine a vu le jour le 12 juin 2011, à 16h46, par une chaude journée, et se développe dans un petit pot bleu. Nous avons décidé de placer Tina sous l'éducation de Gertrude, la grenouille, réputée pour sa poigne de fer quant à l'éducation des jeunes pousses (elle a élevé mon Impatiens depuis 2003, et elle se porte à merveille).
Tina est Gémeaux ascendant Balance (oui, j'ai bien cherché l'ascendant de Tina, ému que je suis, jusqu'au bout). Deux signes de l'air, qui montrent l'envie de s'envoler, de créer et d'innover. Certes, cela dit, j'aurais Tina à l'oeil lorsqu'elle voudra "s'envoler" à 16 ans pour des soirées "Mousse... de Chêne". Pas de ça avec moi.
Tina et Gertrude

L'opération joue quand même dans l'innovation non ? (je me souviens d'un truc de graindes de tonka pour Guerlain, mais ça avait complétement raté, ça poussait pas...). Et pour vous faire partager mon amour des plantes (Flower Power), une carte de graine est en jeu ! (j'en ai eu une en plus la dernière fois, avec les soldes complétement géniales du coup), que nous accompagnerons d'un échantillon du futur parfum de L'Artisan Parfumeur, qui nous a été présenté mercredi soir : Batucada ! Le gagnant sera surement annoncé dimanche ou lundi, et pourra s'occuper de son jardin à soi ! Et je veux nom, signes astrologiques, numéro de portable (histoire que Tina et le futur bébé se fasse des sorties entre copines), et surtout... des photos !

Et pour les amoureux des plantes, je vous invite à jeter un coup d'oeil chez notre jardinière rebelle, et chez notre Patrice-Les-Pouces-Verts !

Post du 4 juillet : Diane tu as donc gagné une carte de graines ! Envoie moi un petit mail avec ton adresse =) je t'enverrai ça avec un peu du Batucada ! Bravo à toi !

dimanche 22 mai 2011

Cailloux, Cologne, Cocoon

Et c'est parti... mardi, 6h30, Dr Jicky embarque pour une destination surement passionnante : les cailloux. 1ère Scientifique oblige, le programme conseille vivement (pour pas dire force) à faire un voyage dans le monde passionnant de la géologie (pour ma part, la filière scientifique m'a appris ceci : je ne serai JAMAIS géologue). A moi les basaltes en coussins, les feldspaths plagioclase et les joies du rifting !

G. Moreau, Orphée - L'aspect minéral est, je trouve, très présent...

Sauf que, eh eh, c'était sans compter THE élément du voyage : le parfum ! Que faire ? Porter un parfum minéral ? Pourquoi pas. Sauf que de là, a découlé une petite réflexion : les parfums que l'on qualifie de minéraux sont-ils vraiment minéraux ? Pour ma part, la minéralité en parfum joue souvent sur la couleur noire. L'Heure Mystérieuse en chef de file, mais M/Mink aussi, ce noir propre, ou encore Serge Noire le suivent de peu. Un aspect lisse et froid qui se dégage d'une composition au premier abord assez difficile. Après, j'ai pensé à cet article bien senti sur Terre d'Hermès, et l'aspect minéral du parfum. Là, je reste assez sur ma faim, car étrangement, Terre d'Hermès m'évoque plus l'élément aérien que l'univers terreux.
Et de Fille en Aiguille, j'en suis venu à une autre réflexion : les familles olfactives. L'année dernière, Thierry Mugler a jeté un camion dans la mare avec son bolide Womanity, Prix (mérité) des Parfumeurs 2011, avec l'innovation d'une nouvelle famille : les salés. Bon, le résultat est là, flagrant ou non, mais je m'étais dit "de toute manière, il reste quoi à inventer en parfums ?". Et je pense que la réponse est là ! Le minéral ! Qu'est-ce qu'on pourrait créer autour du cristal, de la roche, de l'effritement, de l'érosion, des montagnes, et ce de manière significative ?

Personnellement, à par ceux là, pour le moment, je ne vois pas de composition extrêmement minérale, et dont l'optique est purement axée "cailloux". Une piste à explorer dans le domaine olfactif... dans la mesure du possible !

C'est pourquoi je me suis rabattu, faute d'évidence devant une chère et tendre personne, que vous avez pu admirer sur ma wish list depuis... des lustres : La Cologne de Mugler ! Tout simplement une révolution ! On aurait presque l'impression que tout part d'elle dans le domaine de l'eau de toilette fraîche, verte et musquée, tout en subtilité, ténacité et complexité. Elle m'accompagnera durant ascensions et explorations minérales, et je l'espère avec soutien et allégresse ! Je pense reparler d'elle un peu plus tard...

La Cologne de Mugler (ici escortée par A Scent bouteille verte et Vétiver)

Mais... car mais il y a, je ne fais pas un "petit" mot d'absence pour seulement quelques jours éloigné du monde des parfums (mais qui sait, si ça se trouve y'aura des chevrotins avec plein de musc ? :D !), car après je pars... à Londres :D ! (l'avantage d'être dans une classe de littéraires !). Donc, tout ça pour dire que vous ne me reverrez pas avant... euh... une semaine facile ? Et que prochainement, vous aurez enfin le plaisir de retrouver Phoebus, si tout se passe bien ! Pour Londres, mon choix ne s'est pas encore arrêté, mais autant rester dans l'esprit "cocoon" de la Cologne de Mugler. Ou pourquoi pas Féminité du Bois tient... oui, c'est pas con comme idée ! Je pense que je vais faire comme ça !

Bon, je vous laisse ainsi, méditer sur la minéralité en parfum, et ma vie passionnante, je vous dis à bientôt et... Vive l'odorat !
J.

mercredi 11 mai 2011

De Profundis - Lutens bien profond, en effet

Nouveaux Lutens comme chaque année. Et c'est ainsi que la blogosphère ne parlera plus que de ça, envoyant lauriers et tubéreuses au grand créateur de Féminité du Bois ! Chaque nouveauté d'automne Lutens semble auréolée d'une vénération sans borne de tout le monde : "Aaaahhahahah !!! Féminité du Bois avec du cuir trop innovant !!!!".
Edition Gravée de De Profundis pour 2011. Du bon goût à revendre !
Cette année, j'eus dû découvrir ces petites nouveautés avec d'autres confrères pour Auparfum, sauf que j'ai fait l'agréable connaissance d'une gentille madame qui m'a subtilement susurré "que de toute manière j'allais écrire sur ces parfums tout de suite", et qui en fin de compte, m'a refusé de pénétrer d'un pied dans les Salons. Ah ah !!! Moi on me demande gentiment de pas écrire tout de suite, il y a pas de problèmes (j'suis pas un mec chiant ^^), mais le petit snobage (quel joli néologisme), les deux échantillons que j'ai reçu anonymement dans ma boite aux lettres et cette soudaine inspiration, m'ont poussé à écrire un petit billet sur Dame De Profundis, pseudo Dame Blanche parfumée au Chèvrefeuille d'Yves Rocher, et estampillée Lutens.

Ne prenez pas ça comme une vengeance personnelle, j'ai beaucoup apprécié Vitriol d'Oeillet, mais manque de pot, c'est sur la Dame Blanche que j'ai envie d'écrire. D'autant plus que la rencontre m'a bien fait rire...

Lutens et la communication, ça a toujours bien marché ! Pour présenter son "parfum inspiré par Charles Baudelaire" (désolé, mais on touche pas aux légendes), nous voilà face à un "chrysanthème". Ok. Euh... juste, Dame Blanche, tu l'as péta où ton chrysanthème ? Laissez-moi rire... jaune ! Ou non, violet. Ah ! Point positif, la couleur est vachement belle ! J'adore !

Revenons au discours de ma Dame Blanche dépressive : et vas-y que j'te fous du cercueil, du croque-mort, du corbillard et du discours en latin (règle n°2, on ne touche pas au latin). De Profundis. Ah ah !!! Quelle cohérence !!! En effet, cette Dame Blanche semble être l'allégorie même du cri de détresse intense que doit pousser Serge Lutens, visiblement tombé bien bas justement. Comme qui dirait, Serge Lutens devait avoir touché le fond avec L'Eau. Avec De Profundis, il s'enfonce encore plus, et avec humour (au moins, c'est déjà ça !). Tout s'explique...

La Dame Blanche qui voudrait s'évaporer du flacon est plus un leurre qu'une ode à la mort. Habillez là d'une couleur rose bonbon et mettez la dans un flacon tendance et vous aurez presque un flanker de Very Irresistible ou de Noa Perle ! Mon Dieu ! Blasphème-je ? Oui... un peu. Car à vrai dire, De Profundis correspond plus à l'idée du Chèvrefeuille d'Yves Rocher, une facette verte plus prononcée et un fond poudré en plus. Le tout fait floral vert très générique, avec ma chère note lessivielle de L'Eau adorée !

Repas de noces à Yport, Albert Auguste Fourie, 1886
Olfactivement, ma Dame Blanche me fait ainsi des tours sur elle même, telle une danseuse étoile (ou telle une dame en pleine campagne en train d'étendre son linge humide), avec des effluves de muguet, de jacinthe, et une note trèèèès poudrée, un peu comme de l'iris, mais alors à des kilomètres de la magnificence d'Iris Silver Mist, ou de la classe absolue de Bas de Soie. Le tout dans un esprit très synthétique, et vraiment loin de la dame de la Mort imaginée par Serge Lutens. Ou du moins j'espère. Parce que là, c'est non plus bouffer les pissenlits par la racine, mais "bouffer de la fraîcheur muguet via laboratoire". Et perso, la Mort, je ne la voie pas du tout comme ça.

C'est aussi un autre truc, qui pour le coup m'exaspère énormément. Je suis désolé, mais il m'est d'avis qu'on ne rigole pas trop avec la mort en mode "c'est l'apothéose" (du moins, c'est ce que j'ai pu comprendre du texte incompréhensible de la communication de De Profundis, ici sur Grain de Musc). Parce que, je vais raconter un poil de ma vie là, mais j'ai dû faire face à une mort très violente pendant les vacances, et je vous jure que lors des obsèques, on m'aurait présenté ce parfum, j'aurais été capable de faire manger à la personne le flacon  cloche gravé. Les amoureux de Baudelaire, et de son poème éponyme, ne reconnaitront d'ailleurs pas une ode à la littérature en débouchant le flacon, car si toute la dimension froide décrite dans les vers du poètes auraient pu se marier à mon Iris Silver Mist adoré, la profondeur artistique de De Profundis me semble aussi vide que le nombre de lancements de Lutens par an est immense.

Mais enfin, je sais que c'est pas bien de dire du mal des parfums, encore plus ceux de Lutens, et encore plus quand les conditions d'olfaction sont douteuses. Je sais que j'aurais le droit à mille procès. "Puis de toute façon vous en parlerez tout de suite sur internet et nous on veut pas", je sais que je suis légèrement provoc', mais bon, dans l'atmosphère "très sélect" de Serge Lutens (je ne fais que rapporter ce que la dame  m'a gentiment murmuré au téléphone), il semblerait qu'on voie la mort comme une pub pour une nouvelle lessive Le Chat, et les petits jeunes "qui ne connaissent pas Serge Lutens personnellement" (pardonnez moi, j'allais pas lui envoyez un texto à mister Lutens...) comme des êtres incultes en parfum. Et puis de toute manière, je vous laisserai découvrir ce TRESOR de la parfumerie française par vous même en novembre... En espérant que la Dame Blanche soit pour vous une belle filiation de l'horreur de Shining de Kubrick, plutôt qu'une descendance de Scary Movie et Febreze Sensitive !

Vive le respect !
J.

lundi 24 janvier 2011

Bas de Soie, Serge Lutens - "Désolé chéri, mais Pas ce Soir !"

Alors que certains préfèrent blablater beurre et brioche sur Jeux de Peau, le dernier-né des parfums Serge Lutens, (en se basant sur des ressentis tout frais et des échantillons récupérés de manière douteuse)...


(non non, je ne suis pas du tout jaloux de ne pas encore avoir pu le sentir.............)


...Mister Phoebus préfère revenir sur Bas de Soie, le lancement de 2010. Testé, sniffé, porté et approuvé (avant d'être acheté) la critique n'a pas mis si longtemps que ça à venir : 6 mois à peine depuis le lancement, et le parfum n'est déjà plus d'actualité. C'est un monde ça !... Enfin bref, la frénésie des lancements niches (qui commencent à se caler sur le tempo des mainstreams) n'est pas vraiment ce qui nous importe ici... (et je préfère vous prévenir tout de suite, histoire que le videur ne vous fasse pas d'histoires à l'entrée du prochain paragraphe, pour lire cet article c'est tenue correcte exigée !).


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Un air de jazz en fond sonore. Une robe fendue. Coupe de champagne à la main. On fait jouer les bulles mais on en boit à peine. On parle peu, et on rit beaucoup, en exhibant ses dents blanches, très blanches, entourées de rouge à lèvre rouge, très rouge. C'est comme ça qu'il faut porter Bas de Soie. Pour un after, après un défilé de mode d'un grand couturier – oh, pas grand chose, juste une petite centaine d'amis très proches sur un yacht...Vous voyez le genre.

"Voilà, marche. Pose. Méprise la Terre entière. C'est ça être mannequin !" - Gabriella Solis dans Desperate Housewife (on applaudit ma culture générale...)


La première fois que j'ai senti Bas de Soie, une telle foule d'image m'est venue à l'esprit que j'ai dû mettre un moment avant de pouvoir poser des mots (compréhensibles) dessus. J'avais l'impression qu'une cartouche d'encre waterman avait imbibé la mouillette, et en fermant les yeux, partout, je ne voyais que du bleu, un bleu nuit très profond. La jacinthe ? Sans doute, oui, mais ici ce n'est pas vraiment une espèce ordinaire. Oubliez les références du genre (Anaïs Anaïs, Bluebell), cette jacinthe là n'a rien de tendre, et même rien de fleuri. Elle est verte, acide, presque âcre dans les notes de tête. Une vraie claque olfactive, une onde d'agressivité qui confère à la fragrance la beauté inaccessible du mannequin qui fait la moue. Enfin, quand je dis ça, je suis gentil, et je parle de la beauté du parfum en tant que création... Parce qu'en termes de séduction, porter Bas de Soie à une soirée reviendrait à mettre un pull avec marqué "j'ai une MST" dans le dos en lettres fluorescentes. Ça peut être appréciable dans certains cas, genre avant que votre fille ne sorte en boite, au lieu de glisser un spray au poivre dans son sac comme d'habitude, deux trois pschits de Bas de Soie derrière les oreilles devraient réussir à détourner les mauvaises intentions. Et pour vous, les mères de famille qui simulez un mal de tête un soir sur deux pour réfréner les ardeurs de votre mari, si vous portiez Bas de Soie de temps en temps, histoire de varier..? (Bas de Soie se prononce un peu comme "pas ce soir", après tout...Coïncidence ? Je ne pense pas).

Oui mais ça ne nous avance pas tout ça... Chic ou pas chic, ce Bas de Soie ? In ou Out selon Fémina Mag ? Out, sans aucun doute... Parce que ce Lutens fait vraiment office d'ovni dans le paysage olfactif actuel (et joue aussi les outsiders à côté des autres créations de la marque, d'ailleurs). Pas de fruits, pas de muscs, pas de patchouli, pas d'hédione... De quoi faire froncer pas mal de narines ! Il n'a rien de jeune, rien de lisse, rien de facile... Et c'est ce qui fait toute sa valeur, en fait, (enfin après ça dépend ce qu'on cherche, quoi). Ce parfum est donc plutôt connoté rétro, poudré, imposant, il emprunte la structure du N*19 de Chanel sans toutefois la copier. C'est sans doute cette filiation qui lui confère l'aura d'une élégance intemporelle et pas très accessible. Heureusement, le parfum devient beaucoup plus agréable (et portable !) quand viennent les notes de cœur et que l'iris se découvre, s'épluche, sourit et rayonne doucement... Jusqu'à éclipser totalement la jacinthe dans les notes de fond. Mais tout comme la lune, la lumière qu'il répand reste froide, métallique et blafarde. On vous avait prévenu... Implacable, de bout en bout.

Quand on croise un porteur de Bas de Soie, la chose la plus intelligente à faire est de baisser les yeux.



S'il me fait penser à l'univers de la mode, comme le début de l'article a pu le trahir, c'est pour cette raison, évidemment, pour le côté "on touche avec les yeux", l'inexpression, la perfection des longues jambes... Mais au delà de ça, quand je le porte, que je l'oublis un peu et qu'il remonte à mes narines par hasard, cela m'évoque toujours l'odeur des vêtements neufs et biens pliés sur les étagères des magasins d'habits. Cette odeur subtile, indéfinissable et pourtant très identifiable, un peu grinçante, un peu grise, un peu propre. Alors, comment le porter, ce bas de soie ? En jean/baskets ou en tenue de soirée ? C'est à vous de voir. Après tout, que vous portiez du casual ou de la haute couture, ce qui compte vraiment, c'est ce que vous portez en dessous ;) ..! (Et là, je fais référence au parfum, vous pensez bien, car comme je l'ai largement souligné et re-souligné plus haut, vous ne risquerez pas d'être exposé aux courants d'air en vous parfumant avec Bas de Soie. Son côté autoritaire peut en revanche faire de lui un excellent parfum pour le bureau...).