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samedi 29 décembre 2012

L'Heure Vertueuse - Cartier : L'Ôde Verte Tueuse


Un regard au sein d'un grand classique. Le paysage est planté : nous marchons en terrain connu et conquis.  A moins que... l'odeur ne se vrille, ne se craque et nous aussi.


Sommet de pyramide. La mosaïste s'y tient et cherche à nous enchanter. En une bouchée. Pour nous attirer, elle dresse l'hommage aux mythes pionniers. Pour le rendre encore plus éclatant, elle l'illumine, le pare de scintillements encore flous, aux tonalités à la fois sourdes et radieuses. Captivés, nous nageons. Nos coeurs continuent de battre. Et nous saignons. Voilà tous nos amis qui arrivent en reniflant.


Tessellate

La lumière est sa forme préférée. Elle l'organise ici en trois points où deux lignes se croisent. Pour ne pas la trahir, elle choisit de la traiter à travers une seule teinte qu'elle irise, éclate et transforme en une splendide vague verte.


An Awesome Wave
Vert, tu es usé. Pars seul mon vert : tu as tenté de rester froid à son découpage. Pour mieux te retrouver,  elle a enfermé bien au chaud chacun de tes proches dans une multitude de prisons d'émaux étoilés : trois points où deux barres de fer se rejoignent. Face à face, dos à dos, c'est parti : elle forme sa mosaïque.


De sauvages pierres vertes se dessinent. Chaque odeur de chaque tesselle s'agite sous la chaleur et rayonne entre le classicisme de la forme et la modernité de la technique, s'inclinant ainsi selon la seule volonté de l'éminence grise.


Trois verres se découplent : un gifle - un berce - un tempère.
Une morsure que l'on apaise à l'instant, un réveil cinglant que l'on console aussitôt : tu veux blesser alors que te voilà respiré. Cristallisé, chaque facette voudrait culminer et rayonner, mais c'est le tout qui est focalisé.

Ces semblants d'émeraudes vont alors crépiter à l'unisson, formant la mosaïque dont la verdeur est pourtant plus précieuse que la pierre viridi. Car si ces verts sévissent, c'est parce qu'ils se répondent.
Elle a composé une grande fresque verte, un voyage dans les temps et dans les nuances d'une seule couleur.

Vert, tu es osé. Perce seul mon vert : tu es désormais décocté dans son découpage. T'ayant retrouvé, elle admire chacun de tes proches infusés dans cette multitude de prisons d'émaux étoilés : trois points où deux lignes d'argent se croisent. Face à face, dos à dos, c'est parti : elle a formé sa mosaïque.

J.
et un grand merci à O.



Tessellate


Les Heures de Cartier ne sont pas faciles d'accès et pourtant Iris Silver Mist sait si elles doivent être découvertes !
Fêtes obligent et grâce à la générosité de Josiane - la vertueuse éminence du stand Cartier des Galeries Lafayette - nous mettons en jeu DEUX ECHANTILLONS de L'Heure Vertueuse de Mathilde Laurent.

Il reste la Vèmela IXème et la XIème Heure pour que le cadran des Heures de Parfum soit complet.  Fantasmons ensemble sur les prochains Heures ! Deux participants seront tirés au sort à la fin de la semaine prochaine (mettons vendredi 4 janvier 2013) et gagneront chacun 4ml de cette IIIème Heure !

Et bonne fêtes de fin d'année ;)

====> Après un tirage au sort par un huissier de justice (ma sœur de 10 ans), nous avons deux gagnants ! Bravo à Hermeline et à Steff, qui remportent un échantillon de L'Heure Vertueuse de Mathilde Laurent ! Envoyez moi un mail à " drjicky@hotmail.fr " <=====

Merci à tous pour votre participation et vos commentaires pertinents et intéressants
J.

mardi 21 août 2012

L'Artisan Parfumeur, Séville à l'Aube – Veuve noire, fleur blanche.




 Par Phoebus.



     J'ai partagé ma nuit dernière entre étudier le dernier Artisan, Séville à l'Aube et aider une amie pour une rupture difficile. Je ne sais pas, parfois le hasard épouse bien la situation - et si j'avais su en appliquant cette fleur d'oranger épicée que ce serait pour sauter dans une voiture en catastrophe quelques heures plus tard, mon choix n'aurait pas été différent.



You can have it all but how much do you want it?
You make me laugh
Give me your autograph
Can I ride with you in your B.M.W ?


     Je suis sûr qu'elle ne remarque rien, mais j'ai toujours une jolie curiosité sur le poignet, chaque fois que je passe la voir. Un test comble parfaitement les 10 minutes à tuer qui me séparent de chez elle, puis s'oublie entre les cendriers sur le balcon. Pourtant dans la moiteur d'un soir d'août, Séville à l'aube s'est révélé délicieusement persistant – mais soyons honnêtes, je n'ai pas attendu qu'il monte à mes narines, j'ai quasiment eu le nez scotché dessus toute la nuit.
     J'ai tout de suite accroché avec l'envolée florale verte et croquante. Certes, sans surprise : ce sont entre autres les notes et les effets qui me séduisent le plus facilement en parfumerie. Pour cause, je serais incapable de discuter de la qualité des matières utilisée, mais ce qui ressort avec évidence, c'est qu'elles sont savamment orchestrées. Au bout de quelques minutes on bénéficie déjà d'une rondeur, d'un fini velouté en soutenance de l'envolée blanche et verte qui rend l'expérience particulièrement satisfaisante. Il s'agit des prémices du fond, une vague de baumes et d'encens contenue derrière ce mur végétal qui irradie de sensualité.



You need to be yourself
You can't be no one else


     Les choses se sont un peu épicées après un énième coup de fil, une décision à prendre, mais cette fois ci c'était la goutte. Pendant que mon amie jetait pêle-mêle des noms d'oiseaux et les affaires de son future ex jules dans un sac de sport, un coin de mon esprit admirait avec attention le twist clairement oriental que prenait SALA. C'est une phase assez décisive pour déterminer si oui ou non on a terriblement besoin de ce parfum : certaines peaux vont gâter de sucre la fleur d'oranger et transformer le porteur en corne de gazelle géante (c'est habituellement ce que fait la mienne, mais pourtant pas avec ce parfum, donc ne balisez pas tout de suite et essayez malgré tout !). A ce stade et si vous n'êtes pas malchanceux, la myrrhe et le benjoin sont plus discernables. Le fond apporte un souffle chaud, sec et vibrant sur la peau, toujours vecteur des bribes d'écho vert et blanc du départ.



You need to find a way for what you want to say
But before tomorrow


     Et nous voilà en pleine nuit dans la voiture, à rouler un peu trop vite pour en finir au plus tôt, jeter le sac, récupérer ses affaires.
     Séville à l'Aube est une composition de Bertrand Duchaufour, inspiré du souvenir d'une nuit andalouse de Denyse Beaulieu. Loin d'être un simple soliflore, ou un exercice de style autour de la fleur d'oranger, SALA est un véritable parfum, construit, complexe, cohérent. Il s'annonce comme un must-have du summer-perfumista, mais je suis sûr que Denyse sera tout aussi contente d'apprendre qu'il vous accompagne d'un bout à l'autre du spectre de la passion.


He sits in a corner all alone
He lives under a waterfall
No body can see him
No body can ever hear him call




vendredi 15 octobre 2010

Brin de Réglisse - Réglisse au Pays des Merveilles

Une petite introduction est nécessaire, je peux pas commencer tout de suite, direct sans rien. Je commence à m'en rendre compte de plus en plus, on tombe plus rapidement d'un extrême à l'autre, que d'un milieu à un autre milieu...

D'un côté, les Hermessences, les "haikus de Jean-Claude Ellena, qui sont des merveilles d'épuration, de simplicité et de beauté.
De l'autre, Tim Burton, le réalisateur qu'on ne présente plus, à l'univers noir et féérique.

Tout les oppose ? Pas tant que ça !

Je tiens à préciser que les articles qui suivront nécessitent d'écouter un morceau de musique, et qu'il est réellement indispensable de les écouter même plusieurs fois pour bien comprendre ce que je vais dire...

Sur ce, bonne écoute, bonne lecture et (tiens, on peut pas dire "bonne senteur" ! encore une fois, c'est l'odorat qui prend !) 

D'ailleurs, j'organise un petit jeu concours, pour gagner un échantillon de 4ml de Brin de Réglisse : y-a-t-il un parfum qui vous transporte dans un autre monde ?




Une ronde de violon commence, reflétant une vision classique de ce qui semble être une personne classique. C'est la silhouette de Brin de Réglisse. Mais dès que j'entends une ronde psychédélique aux sonorités semblables à une flûte de pan au bout d'une huitième seconde ronde et noir, la silhouette se précise, voir même se "déprécise".

Une sorte de brouillard apparaît et Brin de Réglisse sourit dans le noir profond qu'il créer. Je me fige, nos regards se croisent. Et je tombe.

Dans ma chute, tout un monde semble venir à moi. Des voix angéliques envahissent le tourbillon abstrait de toutes parts. L'obscurité noire que j'ai quitté s'adoucit en un camaïeu aux teintes violettes. Avec moi virevoltent des visages, connus ou non, des lampes, des paniers d'osier, la brume et toujours une sorte d'humidité ambiante. La valse ronde des objets est parfois surprises par le sourire Cheshirisque de Brin de Réglisse, qui domine par son regard aux couleurs facettées tout ce monde imprévisible.

Une minute de chute. Et me voila sur l'herbe. Une herbe d'un vert éclatant, presque d'émeraude. L'odeur initiale revient, comme un thème pour violon incessant et magique. Je lève les yeux et j'admire la brume qui tombe sur moi. J'avance. Je découvre alors le Pays, celui où les arbres sont fins, noirs et se déroulent, comme des fils de réglisse, alors que leur tronc est sec et doux. Une lumière baigne le tout dans une ambiance proche du mirage : tout semble trembler sous une agitation silencieuse.

De temps à autre, j'aperçois de petites méduses d'air qui s'envolent des arbres à réglisse. Des fleurs poussent là où quelques secondes auparavant j'avais posé mes pieds. Cet environnement d'un équilibre parfait, mais à l'image brouillée paraît fléchir, s'assombrir. Puis la silhouette de Brin de Réglisse réapparait, mais cette fois, il n'est plus qu'une simple apparition, il me lance un objet jaune, doré, que j'attrape en plein vol.
Une madeleine aux senteurs ensoleillées et au toucher creusé.

Puis Brin de Réglisse court ! Il tente de m'échapper. S'ensuit une course poursuite entre lui et moi. Mes pas foulent les dalles de pierre inégales qui jonchent le sol. Des descentes, des montées où Brin de Réglisse disparait l'espace d'un instant. Je gagne du terrain. Le jour commence à perdre de sa vigueur. Il est à deux doigts de ma main, que j'élève pour l'attraper et... Pof ! Il s'évanouit dans l'air en un millier de petites étoiles !

Le brouillard redevient dense, une sorte de cohue semble se dérouler dans la brume violente de lumière, mais aussi teintée de noir. J'entends une porte qui s'ouvre. Cela va faire 2 minutes 20 que j'ai rencontré Brin de Réglisse, selon une montre effacée dans l'immortelle brume. Tout devient noir. Des murs se dressent. Des horloges à balancier dans tous les coins, symbole du temps qui passe. Le balancier, immatériel qui semble sortir de son cadre de verre et de bois.

Car dans le Pays de Brin de Réglisse, tout passe plus vite, les sensations, la matière, les odeurs. Même les retours en arrière n'en sont pas. Comment retrouver son chemin ? Je me cogne contre les murs, le visage de Brin de Réglisse qui apparaît tel un hologramme, en pleurs. Puis dans la seconde d'après, en pleine euphorie. Tout semble douceâtre dans cette olfaction nouvelle. Une odeur d'évanescence, de peaux, de soleil, de foin entreposé.



3 minutes 40. Le temps est omniprésent. Des voix venues du ciel semblent faire écho à ma venue. Mais en fond, je ressens la rondeur du départ, cette même ronde psychédélique du début, avec en plus des tambours, symboles de notre pouls de plus en plus irréguliers... Réglisse !

Puis tout s'écroule, me revoila dans les champs, à poursuivre Brin de Réglisse. Mais je me vois ! Je suis sorti de mon corps ! Tout semble s'éloigner. Se retirer, revenir en arrière avec moi pour spectateur. La scène se recule de plus en plus... La brume envahit tout. Brin de Réglisse semble m'envoyer un ultime clin d'oeil, dans le brouillard oppressant, et me voilà perdu pour de bon...

"Oh How will you find your way ?..."