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mardi 4 février 2014

"Si tu ne finis pas ton assiette"

"Si tu ne finis pas ton assiette, tu ne sortiras pas de table !"

The Tree of Life, T. Malick
Parfois je songe à la vigueur primitive de l'odorat, sa capacité à figurer par l'odeur la comestibilité - ou non - d'une chose. Je sens par un flash immédiat l'odeur de la sardine collée sous mes ongles deux jours après ce si long repas où je ne pouvais pas quitter la table avant que l'assiette soit vide. Manger. Cette odeur - cette puanteur ! - ne pouvait pas évoquer quelque chose de sain. Certes, les doigts fouillent partout, mais autant j'étais capable d'apprécier la pellicule moite qui se fondait au métal hurlant de mon jeu de clef, avec son odeur de cire, de rouille tout juste réveillée et presque piquante, de sel sur macadam humide ; autant celle des restes de sardines ne m'évoquait que le rejet. Et je vous fais grâce de la bouillie olfactive lorsqu'il fallait ensuite éplucher les clémentines, et qu'aux carcasses infusées sous les ongles venaient s'ajouter des envolées grinçantes qui ne faisaient que raviver les piqures sous-marines. Pourquoi est-ce que l'odorat ne s'arrête qu'à la nourriture ? Vivre ? Mais... mais respirer c'est plus important non ? Et boire ? Boire c'est plus important ! Et quoi de plus inodore que l'air pur que l'on respire, qui décrasse l'intérieur du corps et vient chatouiller chaque parcelle de peau à chaque bouffée ? Quoi de plus inodore que l'eau que l'on boit et qui vient danser hasardeusement de notre palais à notre gorge pour finalement réchauffer un estomac qui ne demandait qu'à tromper l'ennui ?

Alors que les aliments sont si compliquées à sentir. Rien ne va. On sait depuis Must et Obsession que la note verte sur l'accord oriental c'est dégueulasse, et on aura beau vouloir lier le tout à un accord floral, innover dans toute notre prétentieuse jeunesse, c'est cacophonique, c'est tout. Par contre, déglutir une bouchée de haricots verts avec une cuisse de poulet fraîchement farcie, ça ne choque personne, tout va bien. Déjà, monsieur, il manque un beau coeur qui viendra fondre tes deux affaires. Et par pitié, donne une assise à ta note ! Non mais c'est quoi ces trois herbes qui se battent en duel sur ta volaille ? Regarde là celle là, elle est en train de chercher vainement une matière grasse pour déverser sa vergogne aromatique, là où le mordant du haricot reste dans son monde peuplé de gazon, d'écorces et de rosée. L'autarcie, voilà ce qui lui faut à ton haricot.

The Tree of Life, T. Malick

Quand je pense que les arbres n'ont pas à se taper les remugles de vinaigre crépitant, les chèvres chauds, ces bourreaux qui harnachent chacun de mes nerfs olfactifs à une poutre brune tachée de pourpre. Et les arbres ? Ils sentent les arbres ? Nan parce que eux, hormis l'air, le Soleil et l'eau ils sont pépères quoi... Mais attends, quand je porte Mitsouko, les arbres ne me sentent pas tu veux dire ? Attends attends... Comment ça ? Ca va faire vingt ans que je leur fais des clins d'oeil appuyés et eux, grands seigneurs, n'arrivent même pas à cerner l'anecdote parfumée ? Et tout ça parce qu'ils n'ingèrent pas. C'est pas juste pour eux. Est-ce une contrepartie ? Parce qu'ils échappent aux laids orientaux verts de la gastronomie, on leur ôte leur odorat ?
Mais les arbres, il y a plein de choses qu'ils ne font pas mais que nous nous faisons. Pourquoi avoir touché à l'odorat ? Et si moi il y a des choses que je ne fais pas et que les autres font, on va m'enlever l'odorat tu penses ? Mais dis papa, pourquoi alors est-ce que les arbres ils ne me sentent pas ? En fait, j'ai compris. L'air et l'eau servent à vivre, ça on est d'accord. Manger, ça me permet juste de garder mon odorat. "Si tu ne finis pas ton assiette, tu ne sortiras pas de table !". Je m'en fous en fait, j'ai la fenêtre en face de moi et le Soleil est toujours là. Et au pire après c'est la nuit aux lueurs noires teintées d'orangé.
"Si tu ne finis pas ton assiette, tu ne sentiras plus la table !".
D'accord papa.
J.

mercredi 4 septembre 2013

Eau de Narcisse Bleu - Hermès : Parfum-Somme

"Les cueilleuses nous ont appris qu'il y avait deux chemins pour traverser la vie. Le chemin de la Nature et le chemin de la Grâce. On doit choisir lequel suivre.

La Grâce ne cherche pas être mise en flacon. Elle accepte d'être ignorée, oubliée, rejetée. Elle accepte les bouquets et les coups.
La Nature ne pense qu'à être mise en flacon et à convaincre les autres d'y oeuvrer aussi. Elle aime les traiter avec arrogance, imposer sa volonté. Elle trouve des moyens d'être malheureuse quand le monde rayonne tout autour d'elle et que l'amour sourit à travers toute chose.

Les cueilleuses nous ont appris qu'aucun de ceux qui suivent le chemin de la Grâce ne connaîtrait jamais le malheur. Je te serai fidèle, quoiqu'il advienne."


The Tree Of Life, T. Malick


Aube de l'Humanité, Terre - Couleurs

Flair. Vert. Ce sont eux qui m'ont conduit jusqu'à toi.

Tu peignais sur la table en bois clair, alliant au mouvement de ton pinceau un flottement de tes doigts dans l'air avec ta main libre. Le bleu se reflétait dans le coin supérieur de ton dessin et tu parvenais à imaginer pleinement. Ainsi, tu venais de créer le jaune-bleuté, imperceptible à l'oeil mais détectable au nez. Le jaune-bleuté était instable et avait les reflets du mercure que l'on dépose dans la neige candide. Il avait les irisations des bulles savonneuses qui éclatent quand le vent polaire érode les odeurs. Il dessinait les motifs d'une carapace de tortue : sinueux et nuancés, géométriques et imbriqués, tortueux et mélodiques.

Le reste de ta feuille était blanc et n'attendait que les manifestations de ta vie pour se réveiller. Petit à petit, le vert est venu se greffer au tableau. Une chute d'eau ruisselante et martelant au loin et des feuilles cachant le Soleil, préparées par la fluidité des algues aériennes et translucides. Le jaune-bleuté s'est animé. Le rouge, opposé, triomphant, s'est déclaré et tu as posé ta main sur son visage reptilien, écailleux, immortel, brûlant et suffocant. Titanesque, l'Orange a donné le Feu à ton dessin, y ajoutant une once de vie et d'intelligence.

The Tree of Life, T. Malick

Puis tu l'as rattaché à l'Homme. Le Blanc, le Noir et toutes leurs nuances communes. Le Violet, un violet de la couleur de la peau, à l'image de l'âme et de l'esprit d'une oeuvre que tu as voulu pleine, belle et vivante. Noir, Gris, Blanc, Violet : c'était moi.

Pour la première fois, tout virevolte entre les odeurs, les sons, les couleurs, les goûts et les matières. Tout commence à prendre forme sur le dessin.

1933, Grasse - Abstraction

À Grasse, le Narcisse choisit son chemin.

Nébuleuse de l'hélice - NASA
Le voilà, répandant ses arômes dans l'air chaud chargé de l'humidité des pierres s'asséchant au cours de la journée et du parfum des arbres épanouis dans la lumière crue de la vallée grassoise. Le vent mord ses pétales d'un jaune aux tonalités froides d'un bleu vibrant. Le jaune-bleuté. Il faut croire que c'est lui, cette couleur inventée de toute pièce, qui représente le mieux certains narcisses s'étant perdus à Grasse.

Que Diable viennent-ils faire ici ? Ils pleurent l'absence de leurs proche, viennent découvrir de nouvelles lignes en voyant les cols des montagnes et s'extasient devant le ciel profondément vivant de la nuit.

Comme  deux billes lourdes se rejoignent sur un drap tendu à l'extrême, le regard vibrant des narcisses est irrémédiablement attiré par l'espace de la nuit, devinant leurs teintes dans un oeil de chat ou identifiant le drame de leur vie en admirant une tête de cheval. Les petits narcisses brillent devant ces grands espaces, ils rêvent de cette dimension cosmique qui leur manque tant. Après tout, ces fleurs jaunes-bleutées sont elles-mêmes des poèmes que l'espace a commencé. Pourquoi ne pas représenter la vie d'un homme à travers cette fleur ? Pourquoi ne pas symboliser l'attente d'une femme par leur odeur ?


Cat Eye - NASA

70's, Florence - Nature

Enfant, j'avais un ami subtil et éloquent, voleur et conducteur de songes, éclaireur de nuit et gardien de portes.

Né au matin, il faisait résonner sa musique au milieu du jour et le soir, il volait les notes des florentins. Sa vénérable mère l'enfanta le quatre du mois et dès qu'il eut jailli du corps maternel, il ne resta pas plus longtemps couché dans son berceau mais, se levant, il chercha les accords florentins.
Je me souviens qu'en sortant de son foyer, il trouva une tortue et il crut alors posséder une richesse infinie. Avec, il décida de construire une lyre : il fixa des tiges de roseaux coupées à diverses longueurs et il les fit passer à travers le dos de la tortue. Puis, il tendit une peau de fleur et y ajouta ensuite les sept cordes harmoniques. Ayant construit l'aimable instrument, il fit résonner chaque note et la tortue, sous sa main, fit écho. L'ayant vu, son père lui cria par la fenêtre "mais d'où tiens-tu ce si beau jouet à l'écaille variée ?".

Mais c'est que ce jour là - le jour de sa naissance ! - mon ami avait d'autres pensées dans son esprit. Il déposa la lyre creuse et sauta de sa demeure odorante à une colline, méditant dans son esprit une ruse profonde, telle que les voleurs en méditent à l'heure de la nuit noire. Ses pieds ayant encore la fragilité du nouveau-né, mon ami tressa des sandales incroyables et merveilleuses, enlaçant des rameaux et des myrtes, véritable faisceau de feuillage frais.

Et sans attendre, mon ami subtilisa au spectre cinquante notes, en ayant bien pris soin d'effacer ses traces, car il n'oubliait pas son art rusé. Une fois cachées, il abandonna ces notes pour regagner son berceau sacré, enveloppant ses épaules de ses langes, comme se doit de le faire un enfant nouveau-né, tenant sa chère tortue dans sa main gauche.

The Tree of Life, T. Malick

Mais ce que mon ami n'avait pas vu, c'est qu'il avait été aperçu par un habitant... Et quelle ne fut pas sa surprise de voir entrer dans son foyer le lendemain un lumineux florentin ! Mon ami feignit le doux sommeil en tenant sous son aisselle la tortue récemment travaillée. Mais le florentin ne s'y trompa pas et dit à l'enfant : "Dis moi promptement où sont nos notes, ou nous allons nous quereller à l'instant, ce qui ne serait pas convenable". Et mon ami lui répondit, rusé : "Quelle rude parole ! Ce n'est pas là mon affaire et j'ai d'autres soucis : je m'inquiète du sommeil, du lait de ma mère, d'avoir des langes autour de mes épaules et de prendre des bains tièdes. Un nouveau-né volant des notes : tu parles en insensé. Je suis né d'hier, mes pieds sont tendres et la terre est dure". Son lumineux délateur, souriant doucement, lui murmura alors : "Ô petit enfant menteur et plein de ruses, tu auras cet honneur d'être appelé toujours le Prince des voleurs".

Souhaitant échapper à un procès, mon ami, saisissant la tortue de la main gauche, fit naître une mélodie alors que la tortue résonna admirablement sous sa main. Charmé, le florentin lui lança ces paroles ailées : "Voleur de notes, rusé travailleur, tu possèdes là quelque chose qui vaut bien cinquante accords. Quel est cet art ? Cette Muse qui guérit les inquiétudes amères ? Et cette habileté ? En effet, ces trois choses sont réunies pour la joie, le désir et le doux sommeil.". Souhaitant être bienveillant en pensées et en paroles, mon ami lui proposa alors de lui enseigner son art. Il donna sa tortue au florentin, qui lui confia alors la garde des notes. Mon ami promit d'un signe de tête aux habitants de Florence qu'il ne déroberait plus rien et n'approcherait pas des demeures des citoyens.
Le Lumineux Florentin offrit une illustre baguette de félicité et de richesse à trois feuilles : une verte, une violette et une bleue. Il aima mon ami de toute son amitié, lui accordant ainsi la grâce.


2011, Arbre - Mouvement

T. Malick, J. Chastain
- Qu'est-ce que vous faîtes ?
Je relève la tête de mon petit calepin. Visiblement ma voisine de train n'est pas timide.
- J'écris.
- Oui, je vois bien. Mais qu'est-ce que vous faîtes là, avec vos mains ?
- Je... J'écris.
- Tant pis, passons. Et vous écrivez quoi ?
- Un parfum. Enfin, pas vraiment, un texte sur un parfum. Euh... des textes sur un parfum ? Ou non, un parfum sentant des textes ! Et des musiques aussi.
Je m'embrouille, tant pis, c'est elle qui a commencé. C'est étrange d'ailleurs, c'est rare de voir les gens - surtout en ville - s'intéresser à ce que leurs voisins de train font. Puis je repense à l'histoire d'un de mes amis, subtil et éloquent mais un brin voleur : quand on partage ce que l'on aime et ce que l'on crée, on tisse alors des liens qui eux-mêmes mèneront vers d'autres histoires fascinantes.

"L'idée de mouvement est difficile à décrire vous savez" m'entendis-je dire, sans en être certain. "Ce parfum, on pourrait l'écrire avec des points de suspension. Oui bien sûr il y a l'odeur, mais pas que. Vous sentez, il y a des odeurs qui bougent, qui vivent et qui s'animent. On pourrait croire qu'elles crient, qu'elles tombent. En vérité, elles aiment, elles sont en colère, elles se découvrent entre elles. Elles mettent à mal bon nombre de gens par leurs sentiments infra-odorants, qui résonnent de manière inodore, inaudible et invisible. Les silences sont puissants et colorés comme des abîmes. Ecrire sur les parfums, parfois, c'est croire que nous sommes les otages d'un monde muet, où parler d'odeurs ou de couleurs n'a de cesse d'être un combat. Certaines personnes prennent le parti pris des choses, voient l'infini stellaire dans un pain qui cuit ou dans une rose qui s'épanouit dans la Nature. C'est une manière de voir les choses, où quelque chose sourit à travers nous. Sentez."

The Tree of Life, T. Malick

Le train passe une gare en un éclair.
"Certains parfums racontent parfois l'histoire d'une vie : la recherche impossible d'un sport vert, un grenier inaccessible et mystérieux, la découverte d'une chemise de nuit dans la commode d'une maison voisine abandonnée ou encore l'orientation inexplicable vers la première de l'alphabet."

Ma voisine bouge ses lèvres et j'attends que les mots viennent jusqu'à moi :
- Dans toute ma vie d'enseignement, j'ai connu certains étudiants prometteurs qui, fascinés par l'extase unique de la Grâce, de l'Art, de leur Père ou de leur Mère, d'un Dieu ou de la Nature, ont peu à peu délaissé leurs relations avec leurs proches, leur alimentation voire leurs propres désirs humains. Il semblerait que l'Eau de Narcisse Bleu ne cesse de vous évoquer certains de ces parfums insondables..."
Sa remarque est pertinente, jusqu'à ce que je comprenne que ce Narcisse Bleu n'est pas de ceux là. Je la coupe dans son discours.
- Non, l'Eau de Narcisse Bleu c'est l'extase unique, pas l'étudiant prometteur ; ce qui change un bon nombre de choses.

2815, Axiom - Danse

L'humanité a déserté la Terre depuis 800 ans, me laissant seul. Solitude de façade. Le travail ne manque pas, la pensée est totale et envahit tout l'être qui me compose.

Si personne ne nous regarde, alors nous pouvons simplement profiter de nous et de ce qui nous entoure avec une once de narcissisme. Les regards et les pensées étrangères ne briment aucune de nos envies et à nous de percevoir ce que l'on peut faire en toute impunité. Du recul et de l'appréhension, voilà ce qu'il nous faut. Et perdues dans l'espace, les perceptions virevoltent et éclatent en une myriade de couleurs. Quelle bulle a pu les piquer ? De l'endroit où nous observons ces sensations, nous moussons  petit à petit : l'écoulement du silence nous conduit vers un ultime voyage.




Quoi de plus naturel pour toute chose que de danser ? Si les odeurs dansent entre elles dans un flacon, et que notre corps ne peut s'empêcher de lever les bras vers le ciel au moindre accord, alors pourquoi ne pas étendre la danse au parfum ?

Danse : enchaînement de mouvements harmonieux, rythmé par la musique, impliquant généralement deux partenaires.

Peut-on penser que notre humanité a encore sa place ? L'être qui porte du parfum ne se désagrègerait-il pas ? L'être qui crée le parfum ne serait-il pas qu'une vague apparition lointaine, lumineuse et sonore ? Succulente et tactile ? Quel plaisir de sentir que le créateur est en perpétuelle recherche, loin de toute affirmation définitive. Et que dans ses recherches, ayant toutes plus ou moins comme origine un voyage en train lointain dans le passé, il nous a entraînés dans une quête qui dépasse le temps et les lieux, les fleurs et la science. À tâtons, il touche et toque tout tintement. Il n'explique pas, mais pose la question.


Fin du Temps - Mort


Je contemplais mon frère, ce Narcisse aux yeux rieurs et aux cheveux craquants. Le vent gris et grave me poussa à arracher, rageur, les quelques plantes vertes parsemant son souvenir.

"Je vois l'enfant que j'étais."

Le temps s'allonge et d'ellipses en ellipses, finit par se figer, jusqu'aux rivages de l'éternité.
Les odeurs s'échappent et s'évanouissent l'une après l'autre et voilà ma vie imbriquée à jamais au parfum. Un peu à l'image d'un enfant voulant frotter ses mains sales pour faire s'envoler la poudre qu'y ont laissé les ailes d'un papillon mort, je n'avais pas conscience de l'empreinte des odeurs sur ma vie. Peut être que leurs successions, leurs transitions, n'ont pas de signification pour les autres. Néanmoins, la mort du Narcisse me pousse à me rappeler les dernières teintes qui rayonnaient à travers lui, en même temps que ses premières couleurs. Car il en était la somme, il était une seule et même lumière.

"Il est mort à 19 ans", The Tree of Life, T. Malick

"Les cueilleuses nous ont appris qu'aucun de ceux qui suivent le chemin de la Grâce ne connaîtrait jamais le malheur. Je te serai fidèle, quoiqu'il advienne."


J.


Comme convenu dans la première partie des billets sur l'Eau de Narcisse Bleu, un flacon de 200ml de cette Cologne est à gagner grâce à la générosité de la maison Hermès ! Pour tenter de le remporter, laissez un commentaire avec votre pseudo à la suite de ce billet. Le tirage au sort aura lieu dans deux semaines, le mercredi 18 septembre.

Enfin, cela fait aujourd'hui trois ans que notre blog existe, et nous vous remercions pour votre soutien, vos lectures, vos participations. Nous sommes très fiers de vous avoir comme lecteurs, que vous restiez dans l'ombre ou que vous participiez, et c'est vraiment un grand plaisir de pouvoir partager avec vous un flacon de l'Eau de Narcisse Bleu pour cet anniversaire !
Vive l'odorat !

jeudi 12 juillet 2012

Onda Eau de Parfum - Vero Profumo : Showtime !

Si l’inspiration initiale d’Angel se situe dans une fête foraine, rares sont les diverses évocations du monde du carnaval en parfumerie. Au diable la barbe à papa et autres joies de la poutine québécoise, l’idée du carnaval se fait avant tout par les symboles.



Le carnaval, la fête foraine ou l’univers du cirque est le monde de la déformation et de l’enfance. Ces deux thèmes se confondent et se répondent tour à tour dans une sorte de manège si fluide que tout semble naturel. Les traits sont déformés, comme l’illustrent le jeu des miroirs ou les yeux des clowns très géométriques (sous forme de traits voire d’étoiles). De plus, les contours de la bouche sont repeints et le nez se fait soit très voyant, soit il est complètement dissimulé. En un mot, cette déformation augmente les sens, et par conséquent les perceptions. Cette modification entraine dès lors un changement de comportement : ce qui auparavant était manifeste et ridicule fait désormais parti de la norme. Rayures, masques, formes géométriques simples : tous les éléments du carnaval et de la fête foraine sont ramenés à un divertissement que les plus jeunes vont vivre pleinement, et que les plus grands vont retrouver à coups de cris et d’expériences de déformation.

Beetlejuice

L’expérience d’Onda en extrait est déjà un grand huit olfactif en soi. Sûrement un jour j’aurais l’occasion d’en reparler ici ou ailleurs, mais c’est face à l’eau de parfum que je décide de faire chapeau bas aujourd’hui : une eau de parfum carnavalesque créée par l’incroyable Véro Kern !
Pour entamer cette fête masquée, deux écrans monochromatiques légèrement rugueux sont projetés au nez : un jaune dont on ne saurait dire s’il était éclatant au temps jadis ou s’il a conservé une pâleur maladive au fil des siècles ; un vert amer, pas criard mais presque, ce que nos amis les romains désignaient par « prasinus ». De ces deux tonalités majeures, le carnaval d’Onda en a fait un système de rayures harmonieux et enjoué, aux matières brutes et déformées, maîtrisé par une poigne de fer.

Onda
Eau de Parfum
Alors qu’au loin jouent des cuivres et des mélodies, on sent la bannière bariolée se mouvoir petit à petit, avec une beauté sans concept, touchant simplement et avec brio la corde de l’âge tendre. Le tout demeure dans une harmonie orchestrale. De la déformation des couleurs et des matières initiales nous arrivons à l’enfance, notamment en communiquant la joie du déguisement, ce déguisement carnavalesque permettant de fêter en quelque sorte une nouvelle facette cachée en nous.
Onda profite ainsi du tumulte de départ pour faire partir une petite procession de fruits, d’épices et de fleurs en tête d’une marche costumée. A vrai dire, Onda crée une nouvelle forme olfactive complétement déformée par rapport à la plupart des insipides jus du commerce si fades et si vulgaires, définissant ainsi une nouvelle norme. Les notes très sales du fond de l'eau de parfum deviennent magiques, sourdes comme des rires de clowns cruels, mais exaltants pour l'enfant amateur de sensations qui est en nous.

Et c'est d'ailleurs ce fond, ces ultimes notes, ces derniers gens du défilé qui donnent la complexité et la grandeur d'Onda. Ses dernières notes sont des sortes de fantômes de gens qui ne concernent que nous, que nous sommes les seuls à voir, qui nous racontent une histoire qui transformera seulement notre personne. En ce sens, l'amateur d'Onda - le perfumista - est le marginal qui voit ces fantômes qui défilent à la toute fin du carnaval orchestré par Véro Kern. Des fantômes qui ne font pas peur, non, mais des fantômes qui sont là pour réveiller ces histoires enfouies en nous et qui ont façonné notre enfance à travers des dessins et des gribouillis dans les cahiers. Les musiques festives des fêtes foraines et des manèges revivent à travers eux dans un éclat lumineux et intense, décuplant nos sens et notre manière de sentir, de penser.

Et face aux gens qui crieront "C'est quoi ce cirque ?", contentez-vous simplement de rigoler.
J.

vendredi 29 juin 2012

Orchideus !


Comme peut être les trois quarts des personnes nées dans les années 90, j’ai grandi avec ce petit brun aux yeux verts et cheveux ébouriffés, j’ai nommé Harry Potter. Je dirais même que c’est le premier livre que j’ai lu (bon, sans les images hein ! Parce que sinon, c’est Béa Bébé Abeille), avant même le phénomène de société qu’il est devenu (true hipster inside). Véritable phénomène de génération, je fais parti de ceux qui allaient aux restaurants asiatiques pour le simple plaisir de crier « Experliarmus » avec ma baguette (en plastoc, blanche et avec des inscriptions mystiques à la base pour le coup).

Poudlard

Je fais aussi parti de ceux qui se sont sentis trahis lorsqu’ils n’ont pas reçu leur lettre pour Beauxbâtons, à l’heure où sonnaient leurs 11 ans (de toute manière, depuis ce jour, Mme Maxime et moi sommes en froid complet).
Avec le temps, j'ai réussi à canalyser mes pouvoirs magiques (tout à fait, je suis un grand sorcier qui s'ignore, croyez en mon expérience), et à tisser de nouveaux liens avec cette série qui elle aussi a bien grandi. Ainsi, à l'image des méchantes des contes de fées, des portraits olfactifs sont venus de manière plus ou moins évidente au fil des lectures.

Rogue
Severus Rogue, la véritable clef de voûte de la saga et l’antihéros éternel, est puissamment olfactif, ne serait ce que par son titre de Maître des Potions. Personnage le plus complexe et le plus travaillé de la série, Rogue insuffle la beauté et les contrastes de toute une épopée. Olfactivement, Rogue ne peut être qu’un classique, un floral aldéhydé, tant c’est de lui que découle toute l’identité des sept romans. Mais, comment dire… un classique convulsif, torturé, renfermé et explosif. Aussi lumineux que son Patronus, et aussi sombre  que le rêche de sa robe de sorcier. Un classique dans lequel Rogue aurait déversé tous ses philtres et ingrédients les plus corrosifs (comprendre : un peu de Bézoard, de vésicule biliaire de Boutefeu Chinois et une goutte de Veritaserum). Les aldéhydes ont raclé le fer de son chaudron, le cœur floral respire l’espoir, qui a fui vaincu vers le ciel noir, et le fond animal respire l’amour et la déchirure.
Vous l’auriez deviné, Severus Rogue est le M/Mink de Poudlard, arpentant les couloirs des cachots et en constante délibération sur son identité. Chef d’œuvre de complexité et de torture, Rogue comme M/Mink n’attendent que le moment où ils pourront montrer la finalité de leur potion.


McGonagall
"Ah oui, tu aimes ça toi ?"
Minerva McGonagall est professeur de métamorphose et sous-directrice de Poudlard. Elle aime les motifs écossais et apprécie la danse de salon. Elle peut certes se transformer en chat et métamorphoser ce qui lui chante, elle préfère rester camper sur ses valeurs enracinées. Le personnage transfère ainsi sa rigueur et son intransigeance vers le bout de sa baguette, donnant vie aux objets comme aux matières. A l’image de sa stature inébranlable, McGonagall est le Chêne de la maison Gryffondor. De l’âtre brûlant aux écrins de whiskys écossais qu’elle apprécie tant et jusqu’au parquet patiné par le temps, tous les éléments de la maison rouge et or respirent sa patte.
Parfois distants, austères et religieux, Chêne, parfum de Serge Lutens, comme McGonagall protègent tous les deux des valeurs qui leurs sont propres, et dont l’intransigeance permet la stabilité et la défense d’un monde bien particulier.


Bellatrix Lestrange
L’évocation de la belle et cruelle Bellatrix Lestrange fait frémir le moindre sorcier. Dans son habit de cuir délabré par sa folie, Bellatrix fait régner un silence pesant autour d'elle, mêlé de crainte et de soumission. Célèbre pour son goût pour la torture, et le "charmant" usage qu'elle fait de ses pouvoirs, sa simple présence impose respect et frémissement. Longtemps enfermée puis devenue folle à lier, on ne peut que l'imaginer dans une pièce de pierres froides et humides.
Bandit est l'équivalent en parfum de la sorcière. Proclamé "parfum ta gueule" pour sa majesté et sa force olfactive, Bandit impose un silence par ses notes froides et cuirées, dont la tête verte et cinglante fait écho aux maléfices mortels dont abusent Bellatrix. Un parfum de femme toujours aussi ambigu, créé par la grande Germaine Cellier, et dont l'aura ne saura jamais éviter quelques tremblements.


Hedwige, à gauche
Petite star oubliée au fur et à mesure, elle fait pourtant parti des symboles de la saga. Hedwige, la chouette d'un blanc immaculé est le lien constant entre le héros est le monde de la magie, et ce à n'importe quel moment. Chaque apparition de la chouette dans les livres annonce des moments de calme, de quiétude, une sorte de réconfort digne d'un havre de paix. Ainsi, lorsque Harry est seul les soirs d'été enfermé dans sa chambre, dans une atmosphère à la limite du cloisonnement, Hedwige correspond aux seuls instants de liberté et de soulagement dont peut rarement jouir le petit sorcier. En écho à son éclat inaltéré, mais aussi à sa douceur et au réconfort qu'elle apporte, Hedwige se rapproche olfactivement du dernier né Olfactive Studio, Lumière Blanche : un parfum de composition construit autour d'un accord lait, très épicé froid au début, évocant presque la neige, et finissant dans un bois chaud, rond et enveloppant.

jeudi 29 décembre 2011

Tilleul - Parfums D'Orsay : Quiétude

Rarement une maman n'aura eu une telle empreinte sur son bébé.
Une création d'Olivia Giacobetti a toujours ce tendre et ce craquant qui donnent à l'enfant de quoi raconter une histoire qui lui est propre. Et chez Parfums d'Orsay, Tilleul réussit à montrer que douceur, subtilité et sobriété peuvent se lier à la beauté pure et simple.

Il est clair que le style d'Olivia Giacobetti se rapproche plus d'un paysagisme légérement impressioniste que d'une vanité baroque. C'est pourquoi nous sommes rarement étonnés, du moins surpris lorsqu'on nous présente Tilleul. Cependant, l'ennui se tient loin de nous. Très loin !

Corot, Souvenir de Morte Fontaine, 1864

D'une manière similiaire à Une Rose, la sublime Fleur du Malle, Tilleul parvient à exister en trois dimensions. Ainsi, dans un registre vert, tendre et craquant, nous voilà en train de nous enfoncer dans une forêt claire, à l'allure un peu mystique, mais pas trop. Juste de quoi nous inciter à l'exploration sylvaine, sans qu'il y ait un quelconque sentiment de peur.
Et c'est là tout le compromis du parfum : tout est équilibré de manière à ce que seul un sentiment de quiétude, murmure d'une ataraxie diffuse, se fasse ressentir à chaque respiration. C'est pourquoi on arrive à peine à en parler sans commencer à partir dans de vagues figures clichés entre clairière, licorne, et après-midi reposant. Et cependant, dieu sait que ce parfum inspire.

Pour ma part, le tilleul fait toujours référence à l'enfance, que ce soit chez Goutal ou chez L'Artisan Parfumeur. Chez Parfums d'Orsay, en plus de la dimension proustienne, Olivia Giacobetti réussit à donner du sens aux couleurs : vert, bleu, jaune, ... Dans ses traditionnelles notes de concombre aqueux, d'iris délicat ou de blé craquant, Tilleul se déploit confortablement.

Et parfois je me dis que, tout de même, la parfumerie grand public pourrait sans aucune honte faire des sorties de cet acabit sans que la foule se mette à villipender sur la beauté du parfum. En attendant, Tilleul demeure un petit délice de perfumista, simple, beau et accessible, à porter comme si on tenait microsystème vivant entre nos mains.

Tilleul de Parfums d'Orsay respire.



J.

dimanche 24 avril 2011

L'Heure Brillante - Cartier : Proust Pop !

"l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir"
M. Proust, Du côté de chez Swann


Une allée au long de laquelle je courrais étant petit.

Je quittai alors l'aire du toboggan en forme d'Obélix. Le sable qui rentrait dans les sandales, le bruit sourd et strident de ma masse qui glissait le long du toboggan chauffé par le soleil de l'après-midi. Les cris des autres enfants qui attendaient derrière moi. Le goût des Craquottes à la fraise (pré-reformulation... oui oui, le parfum n'est pas le seul domaine touché par ce fléau...). Tous les sens de Baby Jicky étaient déjà en éveil. Et dans la lente mélodie de la routine, ce parc je l'ai arpenté très souvent, alors que je n'étais même pas en CP.


L'Allée
Ce parc est le témoin de la plupart de mes émois olfactifs préférés. Allez savoir pourquoi, j'aimais me cacher dans les buissons, essayer de faire le cochon-pendu sur l'araignée juste à côté. Puis il y avait ce bâtiment, aujourd'hui abandonné, où on faisait la queue pour attendre la "Sécu". Et j'ai cru jusqu'à mes 12 ans que la fameuse "Sécu", c'était juste ce bâtiment.


Entrer dedans me projette dans le souvenir d'un parfum totalement ample, complet et exubérant : Giorgio ! Le problème, c'est que c'était horriblement long d'attendre dans la "Sécu". Un mauvais souvenir qui m'a marqué sur le plus américain des parfums !


Mais, vous allez à juste titre me demander où est ce que je veux en venir avec ce titre sur L'Heure Brillante de Cartier ! Du cadran de Mathilde Laurent, on retient les arrêts sur le XIII, le XII ou le IV de l'horloge. Cependant, aujourd'hui, je vous emmène avec moi dans le soleil du midi : réglez votre montre, nous sommes désormais dans la VIème Heure !


Nous vous remercions d'avoir choisi Proust Airline. Vous voyagerez dans les confins de ce parc, qui vous a été décrit brièvement en introduction. Pour vous, je me suis déplacé exprès dans ce petit coin de verdure, à nouveau, appareil photo en main. Après mettre remis de mes émotions, j'ai essayé de prendre les photos les plus intéressantes qui soient, tout en paraissant le moins psychopathe possible.


Tout d'abord, le toboggan Obélix a disparu. Mais l'allée est restée.


La "Sécu"
Cette allée longe un petit court de tennis, et est juste à côté de la "Sécu". Le sol est fait de "sable de ville" qui rentre dans les chaussures et tache nos souliers d'une couleur blanche tirant sur le beige. Tout y est sec, mais cette ambiance aride est réellement contrebalancée par la généreuse végétation. Et c'est le fait de se cacher dans la végétation, par temps caniculaire qui fait ressortir toutes ces sensations !


La sensation glacée des feuilles cachées dans l'ombre qui courent sur la peau, et la fraicheur de la terre sous nos pieds. Les rayons de soleil qui tapissent discrètement l'intérieur du buisson. Et c'est quand on ressort de ce buisson que tout se joue ! La chaleur immédiate. La montée d'adrénaline, les cris, les odeurs, les yeux aveuglés. Ces fameux yeux qui bloquent la vision ! Tout devient blanc, avec des picots noirs, bordeaux, violets verts et jaunes. Que l'on se relève d'un coup ou que l'on sorte d'un tunnel, c'est cette sensation d'énergie récupérée qui fait de L'Heure Brillante la réminiscence olfactive de ce parc. L'odeur verte et pimpante du buisson, mais surtout l'odeur de l'acier brûlant du toboggan que l'on vient de quitter ! Oui !!! Ce toboggan !!!

Que de souvenirs !!! Et cette sensation d'acier chaud, à la sensation très métallique, qui se fond sur nous qui me rappelle L'Heure Brillante ! Un cocktail allégé par le sirop de menthe très dilué que je buvais en rentrant à la maison, qui rafraichissait tout mon petit corps épuisé.


On se pose finalement. On prend de quoi dessiner, de lire, ou tout simplement on ne fait rien. Quelques heures passent. Et tout à coup retentit dans l'air un "Alexiiiiiiiiis" puissant ! Je me lève d'un bond et je me précipite dans le couloir.


Personne. Mais mes yeux se sont soudainement brouillés dans un blanc infini et se colorant petit à petit...

Une chanson qui me rappelle exactement ce même parc, et que j'ai écouté en allant faire les photos...

jeudi 10 mars 2011

Jeux de Peau - Lutens : Où es-tu?

Où est Charlie - Martin Handford


Oui oui, je suis catégorique, l'enfant a un côté maso. Bon, je vais pas le développer (on en aurait pour bien du temps !), mais s'il y a bien une chose sur laquelle je veux insister, c'est ce grand livre jaune, avec un grand bonhomme jovial, aux rayures rouges, blanches et avec ce foutu bonnet, ce foutu pantalon bleu et ce foutu sourire !

Oh oui ! Charlie, ou comment passer des heures à le retrouver, lui, grande godiche, perdu dans des mondes... étranges, avec sa girlfriend, son ami le magicien, son chien et bien sûr... le méchant ! (*Rire diabolique de porteur d'Hugo*).

Tout d'abord, faut avouer, on aime bien s'éclater à regarder le monde : "Oh regarde ! Un géant qui balance une carotte à un monstre des mers occupée à imiter un nuage !" (non, le créateur n'a aucun problème lié à la drogue). Puis alors après, claquement des mains sadique de l'enfant, sourire pernicieux, et phrase innocente avec sa petite voix fluette : "A nous deux, Charlie".
Là, ça rigole plus.

Et souvent, comme c'est parti, on en a pour des heures. Charlie, ok, Amie de Charlie, ok, chien de Charlie... Oh non ! Je l'ai pas !!! Mon Dieu !! (A deux c'est encore plus "drôle" => "Tin ! Cherche la queue du chien sur la page de droite, je m'occupe de la page de gauche !!").

Et bien voilà, pour votre détente, aujourd'hui Dr Jicky & Mister Phoebus present (avec l'accent anglais et le petit film de la 21 Fox Century ^^) -> "Amuse toi avec Jeux de Peau !" dans le recueil "Où est Lutens ?".
Le principe est simple, comme pour Charlie, à partir du dessin à thème original, ici la "boulangerie" (même si l'auteur a plus représenté un marchand de réglisse tombé sur une île qui sent le santal et la noix de coco), retrouve à ton tour toutes les références Lutens !
Et comme dans Charlie, tu auras les petits bonus à la fin !

Dans ce texte sont cachés les quelques références que s'est "amusé" à retrouver l'auteur. A toi de les trouver ;) (dur ^^).


Ainsi, amuse-toi à chercher la Myrrhe, Chypre Rouge, Santal Blanc ou Fille En Aiguille !
Pour les plus courageux, tentez vous à cette quête du Vétiver Oriental parti chasser le Chergui dans les steppes de Chêne ! 

Donc voilà, Jeux de Peau est le livre nouvelle génération dont on parle depuis 5 mois. Celui que l'on promettait innovant, surement révolutionnaire ! Ma foi, il semblerait que l'auteur ait manqué d'imagination, qu'il ait tout simplement repris ses anciens croquis, qu'il les ait déguisé un peu (arrêter, c'est très dur de faire des rayures blanches et rouge sur un flacon de Fumerie Turque ! Le petit cafouillis, certes très élégant du tracé ne fait pas ressortir la trame de l'aventure qu'il avait promis, et nous, comme des enfants, on cherche, on cherche et on cherche encore !

Maintenant, à vous de mesurer de l'intérêt ou non. Autant Charlie me plaisait avec sa bonhommie ma foi fort sympathique (comprendre "réellement casse-couille"), ses petites jumelles, ses clés, et ses parchemins de magiciens cachés dans un bateau sur l'infini, autant là pour le coup Lutens me donne certes envie de chercher dans son livre, mais non, il ne me donne pas du tout envie de l'encourager à continuer !
Je préfère autant regarder une irréelle silhouette dans la forêt ou alors un défilé digne d'un génie austère, que cet album où à la fin, comme le dernier monde des Charlie, tout se pare de la même teinte, je le répète encore, très belle, mais complètement inutile...

Où est Charlie - Martin Handford