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jeudi 29 mars 2012

Ichnvsa - Profvmvm Roma : De Figue en Aiguille

Les présentations faites (chez Sophie sur My Blue Hour), nous vous invitons à boire ce petit breuvage (non, ce n'est pas du poison). Eh eh... Oui oui, ce n'est pas une illusion d'optique, vous voilà en train de devenir tout petit. Vous rétrecissez, et à vue d'oeil !

Vous voilà, homme mortel, en figue transformé.

Les Cinq Sens - Jacques Linard

Pas besoin de vous prendre avec des pincettes puisque, si le sujet est épineux, votre métamorphose est grandiose, grandiloquente, grotesque ! C'est une évidence. Au diable les petites anecdotes fantastiques, vous voilà enduit d'une carapace charnue, et votre coeur fait battre des milliers de petits grains bien cachés dans un foie ma foi succulent. Votre sang est devenu lait, vos cheveux ont fugué et de légers interstices épars vous ont permis de sentir, de voir et de toucher.

Vous voilà métamorphosé, certes. Mais cela ne suffit pas. Il faut vous rassasier, car la figue est gourmande, et dangereuse. Ici, vos entrailles crient famille jusque dans vos feuilles, par un son verdoyant de faim. Tant mieux, on vous a remarqué. D'ailleurs, j'ai l'impression que... Mais oui ! Vous voilà dans les mains d'une belle jeune fille, au teint pâle et aux hanches vertueuses. Vous esquissez un petit sourire...

Pas question de rester figé ni planté là : qu'on vous transporte, et que dans trois jours vous soyez à Rome, sur le forum !

Romulus Et Rémus - Rubens
Car il n'y a pas de hasard dans la vie ! La figue est romaine ! Depuis le berceau des deux jumeaux à cet arbre encore aujourd'hui sur le forum, en passant par un sympathique petit passage à Carthage, la figue est omniprésente.

Ca vous va... Mais, après tout, vous n'êtes qu'une transformation. C'est passager. Au fond de vous même, vous savez que... vous n'êtes qu'une imitation. Une simple imitation.

Vos poils inexistants se hérissent. On en revient au problème épineux du départ.
Et voici que votre peau verte se durcit, devient plus foncée. Vos grains intérieurs se révulsent, se convulsent et sortent, grandioses, de votre corps !

Vous voilà, figue superbe, en arbre hérissé transformé !

Vos aiguilles sont acérées, votre soif de pouvoir semble satisfaite. Détruire Rome ? Non ! Magnifier Rome ! A vrai dire, vous êtes une espèce composite, ni figue ni sapin. Vous n'êtes plus une imitation, vous êtes plus que cela.
Votre puissance semble tellement vous coller à la peau qu'il n'est plus question de retrouver votre forme humaine. Puis, après tout, c'est ici qu'il réside, votre art, non ?

J.

Ps : il n'y a pas de hasard dans la vie... Je pars à Rome demain ! Donc je répondrai pas à vos message avant mercredi, mais Mister Phoebus guette, soyez rassurés ;)
Vive l'odorat !

mardi 9 août 2011

Do You Want To Go To The Plage With Me ?



Chez Dr Jicky & Mister Phoebus, on s'est toujours fait comme spécialité maison le racontage de life. Pour tout vous dire, au moment où j'écris, nous sommes le 6 août 2011 et il est 1h44 sur l'iPod que j'ai emprunté à ma soeur (spéciale dédicace à elle, qui est toute de N°5 Eau Première vêtue). Cela faisait cinq minutes que je me tatais à prendre cette feuille et ce stylo qui me faisaient de l'oeil. Et j'ai cédé. Après tout, c'est toujours dans dans ces heures là que "l'inspiration m'habite" (*ouh... y yé vé rajouter oune protubérance sous la lobe !*)

Cela va faire une semaine que je vis quarante-cinq clichés que j'amasse dans un panier marseillais, après deux semaines passées dans une zone du Var où l'ascension du mont Everest est nécessaire dès que l'on souhaite obtenir une misérable barre de réseau.

Une retraite dont tout le monde rêve. Oui, ce sont les bien les vacances d'un (très élégant :p) jeune homme de 17 ans. (je pourrais rajouter à la place de cette parenthèse une sympatique petit phrase du genre "pas d'impôts, pas de pluie, pas d'boulot", cependant je tiens à nos lecteurs majeurs).

Mais bon, pour avoir observer des "jeunes" à la plgae, un mec de 17 ans, par le caleçon de Jacques Guerlain c'que ça peut être chiant ! Ca bronze, ça fait du bruit, ça s'arrose, ça frime, mais surtout... ça pue ! Ca se pavane sur le port en soirée avec des "potes", et comme j'ai pu le lire dans le Paris Match (avec la Une sur Amy Winehouse) présentant un article sur le mec des Strokes, égérie du nouveau Décibel d'Azzaro : "ça sent fort l'adolescent qui souhaie masquer un manque de savon" (citation approximative, vous m'excuserez).

Tous ? Non ! Un 'tit gars irréductible se parfume encore et toujours avec goût et assurance ! (enfin... j'espère).

copyright à "mon souffle divin"
Il est maintenant 1h57 sur cet éternel iPod, et j'ai passé ma journée avec le Dieu de L'Eté : Ninfeo Mio. On raconte que les amours d'été sont éphémères, mais au risque de vous décevoir, je n'ai pas flirté avec Brin de Réglisse. Mon couple avec Ninfeo Mio est éternel. Cette simple réflexion (naïve, je suis un ado bercé d'illusions, j'insiste) veut tout dire : me voila incapable de me lever sans tête hespéridée, ni de me coucher sans fond de figuier. Incapable de ne pas vanter mon alter égo olfactif chez le coiffeur, auprès d'amis d'enfance, de chats, et même incapable de ne pas clamer un "Putain je sens trop bon" à ma fenêtre, sous le regard hébété de mon voisin.

Ironie du sort ou fatalité du destin, j'ai un figuier dans le jardin, et la plage la plus proche de mon antre aux miasmes Goutaliens n'est autre que l'Estaque, représentation idyllique de Ninfeo Mio. et comme le disait feue miss Winehouse (décidemment, il n'y a pas de hasards, juste une suite d'événements dont la logique nous échappe), "l'amour est un jeu dont on sort perdant". Ninfeo et moi (Mio - Moi... toujours cette logique hasardeuse, encore plus troublante lorsqu'on sait quand on est perfumista quand le correcteur d'orthographe des ordinateurs remplace toujours "Mio" par "Moi"), nous pimentons notre couple en nous trompant toujours un peu.

Me voilà ainsi avec la Cologne du 68 de Guerlain, dont le regard chocolat et le teint halé aux odeurs de peau de femme me séduisent. Me voilà avec l'éternel Shalimar, avec qui je m'acoquine en mode "eau de parfum vintage", dans une relation torride dont je tairai le contenu (j'ai moins de 18 ans oh !). Me voilà faire du pied à Philosykos, à répliquer aux coups de Vitriol d'Oeillet, à me faire bercer dans les bras d'Angel en eau de toilette (dont vous entendrez bientôt parler en exclusivité chez nous), à me faire charmer par le pétillant Still Life d'Olfactive Studio, à retourner en enfance en donnant les mains à L'Heure Brillante et Iris Ukiyoé et à rêver vertical avec Iris Silver Mist.

Ces amourettes n'en sont pas. Vous, perfumistas, vous le savez tous autant que moi, notre nez n'appartient pas à un unique parfum.

copyright à "mon souffle divin"
Voici donc un article pas très utile, pas très pertinent et pas écrit dans la plus recherchée des proses, mais j'espère y avoir transmis ce que je ressens à l'instant où l'encre bleue de mon stylo grave ma feuille (double) à jamais : la joie de vivre, la simplicité et la spontanéité. 

Il est maintenant 2h24. Cela va faire 40 minutes que la même chanson tourne dans mes oreilles et, pour être honnête, tout se relâche dans ma tête et je jurerais presque avoir un début de mal de crâne. Je pensais écrire un article sur Ninfeo Mio, mais ces quelques lignes en disent tout autant : il mérite d'être adoubé en tant que parfum du bonheur.
Je ne sais pas quand je publierai cet article, bientôt surement, mais quand vous aurez fini de lire la petite signature "J" en bas à droite, allez - non, courrez - vous aspergez de votre parfum du bonheur à vous, et partagez ce moment avec vos proches, avec votre flacon ou même ici.

Do you want to go to the plage with me ? J'espère bien
J.



jeudi 16 juin 2011

Trois Petits Figuiers

Les Trois Petits Figuiers - © EG pour J&P
Il était une fois, trois petits Figuiers, tous pleins de fruits charnus, et qui s'aimaient tendrement, tout en étant très différents. Le Premier petit Figuier aimait manger et dormir. Le second, le Boisé, aimait la nature et le grand air et le troisième, le Minéral était plutôt sérieux, il aimait lire sur des rochers, face au Soleil à la mer. Ils eurent un jour envie de voir du pays. Aussi, après avoir embrassés leurs mamans respectives (sachant que le Premier et le Minéral étaient frères et embrassèrent la même mère), ils se mirent en chemin.

Mais un matin, ils apprirent une terrible nouvelle : le grand Méchant Loup était revenu au pays ! Et d'après les rumeurs que chuchotaient les molécules odorantes dans l'air, il était proche !


© EG - le Premier Figuier
"C'est notre pire ennemi, c'est nos mamans qui l'ont dit !" s'exclamèrent les trois petits figuiers. Tous les parfums du voisinage ayant regagné leurs maisons, les pauvres petits figuiers comprirent qu'il leur fallait s'en construire une au plus vite. Le troisième petit figuier se mit tout de suite à creuser de bonnes fondations : il voulait construire une maison de pierre. Quant au Premier, il se hâta de tresser des brins de paille qu'il avait trouvés sur une meule voisine : le soir même il acheva sa paillote et put y dormir à l'abri sans plus penser au Méchant Loup.

© EG - le 2nd petit figuier : Ninfeo Mio


Le second petit figuier planta des piquets aux quatre coins de sa cabane de bois et disposa comme il put des branches pour faire les murs, les fenêtres et de quoi meubler sont intérieur. Contrairement à son habitude, il travailla même le deuxième jour pour poser son toit avant d'aller jouer : "qu'il vienne, ce Méchant Loup !" clama-t-il après avoir achevé son oeuvre.


© EG - le 3ème petit figuier : Philosykos


Le troisième jour, le troisième petit figuier avait cimenté le dernier rang de pierre. Ses amis se moquaient bien un peu de lui et de son travail acharné. Lui le disait rien mais, en assemblant sa charpente, il pensait : "pourvu que j'aie le temps de finir !". Le soir, la maison étant achevée, il réalisa qu'il manquait une cheminée : il se remit  à l'ouvrage et, toute la nuit en construisit une bien solide.




Le lendemain, l'évidence ne fit hésiter aucun des figuiers, la grosse voix avait retenti dès le lever du jour : "qui a osé s'installer dans MA clairière ?" gronda le Méchant Loup. Puis, voyant que ce n'était que trois petits figuiers boisés, il se ravisa : "Hum... moi qui rêvait de m'amuser un peu, voilà une réelle opportunité de "jouer" avec les figuiers jusqu'aux notes de fond...".
Entendant cette sombre voix, les trois figuiers, leur sève glacée d'effroi, se ressaisirent et coururent bien vite se mettre à l'abri, chacun dans sa maison.

Le Méchant Loup se précipita sur la paillote du Premier Figuier, et vaporisa si fort son parfum, que la protection du Premier s'envola tout de suite. Profitant du petit essouflement du Méchant Loup, le malheureux petit figuier se précipita chez son ami.
"Au secours Ninfeo ! Ouvre-moi vite !". Le Boisé lui ouvrit, et le Premier se réfugia dans la cabane de bois de son ami. Le Méchant Loup s'approcha alors de la cabane et atomisa si fort son jus que celle-ci trembla, craqua... mais résista ! Surpris, le Méchant Loup inspira alors plus profondément et vaporisa, vaporisa si longtemps que la cabane du second petit figuier s'éparpilla autour des infortunés bijoux parfumés.

Tandis que le Méchant Loup toussait tout en reprenant son souffle, les deux petits figuiers coururent chez leur ami : "Au secours Philosykos ! Ouvre-nous vite !". Et le plus sérieux des trois figuiers, ouvrit sa porte et le Premier et le Boisé se réfugièrent dans sa maison de pierre. Alors le Méchant Loup se planta devant la maison de pierre, ôta son bouchon pour mieux vaporiser sa colère, retroussa ses manches, inspira et pulvérisa comme il l'avait fait sur la cabane.
La maison ne bougea pas.

Les 3 Figuiers protégés - -© E. G.

Une fois qu'il eut bien toussé quelques gouttes de son jus, craché notes de tête et juré sur ses notes de fond, le Méchant Loup reprit son souffle. A l'intérieur, les trois petits figuiers étaient dans la plus grande des angoisses. La seconde pulvérisation fut encore plus grande et plus longue, et sa puissance était incroyablement plus impressionnante que les précédentes. Mais la maison tint bon.

Fou de rage, le Méchant Loup s'étranglait, haletait, et à l'intérieur, les petits figuiers s'embrassaient, pensant que ce serait la dernière fois. Le Méchant Loup inspira si fort qu'il créa une tempête parfumée, et vint la vaporisation, la dernière, la plus terrible... Tout s'envolait autour de la maison de pierre : herbe, terre, cailloux, tout... sauf la maison ! Epuisé, humilié, le Méchant Loup s'éloigna.

Les trois petits figuiers tremblèrent de peur encore très longtemps. Ce n'est que tard dans la nuit qu'ils purent fermer leurs bouchons et se reposer, blottis les uns contre les autres. Mais au petit matin, réveillé par des bruits de frottements de verre sur le toit, le troisième petit figuier secoua ses amis : "Vite ! Aidez-moi ! Allumons le feu sous le distillateur !". Tandis qu'ils vaporisaient du vent pour attiser le feu, de la suie tombait dans le distillat.

Le distillateur bouillonnait quand une énorme masse noire s'abattir dans une gerbe d'étincelle, d'huiles essentielles, et surtout de cris : "Waouuuuu !!!". Brûlé, ébouillanté, pelé et parfumé clandestinement et à vie, le Méchant Loup ressortit aussitôt par là où il était entré.

Les 3 Petits Figuiers , se reposant sous la voute étoilée - © EG pour J&P
On raconte que dans la clairière, on peut encore voir trois petites maisons de pierre. Mais ce n'est pas vrai. La vérité, c'est que le troisième petit figuier agrandit sa maison pour accueillir ses deux amis et les deux mamans, Olivia et Isabelle (ainsi que tatie Camille les jours où la sieste et les festins le permettent). On dit aussi que Premier Figuier fabriqua des lits douillets pour se reposer sous les autres vrais figuiers, que Ninfeo Mio installa un hamac, et que Philosykos bâtit une bibliothèque de pierre, pour se détendre en fin de journée, au coin de la cheminée...
J.

Texte librement inspiré de la version de  Jean Claverie des Trois Petits Cochons