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lundi 14 octobre 2013

Déliria - L'Artisan Parfumeur : Nyan Splash !




Connaissez-vous Nyan Cat ?

Si je vous dis qu'un jour, une personne a songé qu'un chat volant dans l'espace, coincé dans un donut rose et laissant s'échapper de son popotin un arc-en-ciel, le tout sur un rythme douteux, ferait une bonne vidéo, vous me croyez ? Non ? Et bien Internet l'a fait et Nyan Cat est né.

Si je vous dis qu'un jour, un parfumeur a songé qu'un malabar rose en train de se faire injecter du blanc d'oeuf cuit sur un capot de voiture en mode botox, le tout sur une chorale d'huître reprenant en choeur Heal The World de Michael Jackson, ferait un bon parfum, vous me croyez ? Non ? Et bien L'Artisan Parfumeur l'a fait et Déliria est né.

Nyan Cat Galaxy !


Elle est loin l'époque des délicates chasses aux papillons ou des siestes sous le figuier chez L'Artisan Parfumeur. Avec les Explosions d'émotions, la marque explore les sensations nouvelles en parfumerie ! Si Amour Nocturne et son cèdre caramélisé et tranché par une scie infernale me retourne comme rarement l'estomac et si le confort de l'iris cuiré vaguement métallique de Skin on Skin me repose avec plaisir, je crois bien que l'intérêt de cette collection se trouve caché dans le flacon de Déliria !

Ne partant de presque aucune structure connue, ce parfum exploite pourtant des territoires olfactifs très (trop ?) en vogue dans la parfumerie actuelle, à savoir le sucre et le calamar décomposé des notes marines. Mais n'allez pas soupirer, car on est loin, très loin du déjà-senti ! Bonne nouvelle ? A vrai dire, je ne sais pas si je serais capable de vous répondre...

Nyan Cat Audition !

Le parfum joue sur une matière vaguement marine, froide, aux effluves de don de moelle épinière, pas si inhabituelle en parfumerie. Sauf que dans le cas qui nous intéresse, cette "douce" molécule a été dosée au milluple de ce que l'on connait (comment ça vous ne connaissez pas le mot milluple ? Oui, ce mot est globuleux, mais... le parfum aussi). En découle un bouleversement architectural sans précédent. Déliria aurait pu être un palais classique, théâtre de négociations politiques cornéliennes et peut être un peu rébarbatives. Il n'en est rien : Déliria  n'a gardé que la sagesse du vieux roi... Le roi d'une troupe de lutins roses complétement déchirés au cannabis.

Nyan Cat Projets d'avenir
Et devinez ce que chantent ces petits lutins pas nets ? Eh eh... Une version acoustique de Nyan Cat en coopération avec l'orchestre philarmonique de la Sylve Planante.
Je ne saurais pas trop comment vous conseiller d'aborder ce parfum. Personnellement, je zigzague encore dans l'arc-en-ciel démoniaquement débridé de ce félin intrigant, mais j'ai ouï-dire que certains étaient parvenus au donut rose. Je lance ainsi un appel à témoin : est-ce que quelqu'un sur Terre a enfin trouvé la réponse à la question qui régit l'univers et est arrivé sur le chat de Déliria ? Car j'ai bien l'impression que les deux réponses sont liées.
Quant à ma réaction face à tant de chamboulement et de modernité ? Disons une soudaine envie de me replonger dans de beaux chyprés lumineux, choquants à leur époque et presque toujours incompris aujourd'hui... (poke Le Parfum de Thérèse).

Internet va si bien à Déliria que je ne peux finir que sur cette idée. Et je pense que, tout comme tu fermerais délicatement ton ordinateur au moment où tu tomberais - au détour d'une recherche Google - sur un site analysant l'évolution de la décapitation de poupées Corolle en pays ouzbèque au cours du temps, il vaut mieux y aller petit à petit avec la mouillette de Déliria. Le mieux étant probablement de te murmurer à toi-même dans la pénombre de ta chambre : "Enough perfume for today".

J.

mercredi 10 juillet 2013

Dzongkha - L'Artisan Parfumeur : Dédale

Peut-être vous est-il déjà arrivé, comme moi, d'être confronté à une situation délicate vous obligeant à suivre les pas d'une tierce personne : votre père sur la place du marché, votre amour secret sur le trottoir gauche de la grande avenue ou le pourvoyeur d'une société spécialisée dans l'élevage de chats sauvages le long d'une route abandonnée. Ainsi, vous savez que, réciproquement, quelqu'un peut être sur vos pas, expression signifiant ici "vous suivant avec acharnement jusque dans les plus sombres recoins d'un labyrinthe désaffecté pour des raisons qu'il vaut mieux ne pas savoir". Cependant, il est une possibilité souvent négligée dans cette course poursuite par pas interposés : suivre ses propres traces.

Shining, S. Kubrick

Des jeux d'enfants, le labyrinthe et le cache-cache sont peut-être les activités les plus terrifiantes : notre corps ne nous appartient plus mais dépend seulement de la volonté d'un seul lieu qui soit nous perd, soit nous dissimule. Néanmoins, cette observation est rapidement enfouie par un cerveau désireux de se cacher, à jamais. A jamais. A jamais.

Shining, S. Kubrick
Malheureusement, une fois que vous y êtes entré, il est effrayant de voir à quel point il vous sera impossible d'en ressortir, dissimulé et perdu comme vous pouvez l'être. Enfin, je dis "vous", mais j'espère pour vous que vous êtes tranquillement assis sur votre fauteuil de bureau, attendant qu'une bonne infusion de rose soit suffisamment amère pour votre palais, ou que vous êtes assis sur un fauteuil en cuir, en train de lire ces lignes grâce à la lumière d'une lampe en cuivre usée par le temps. Bref, loin de tout labyrinthe et de toute course poursuite éprouvante.
Cependant, un relativisme certain vous permet toujours de vous réconforter : il sera difficile pour un scélérat avide de détruire un billet parfum (et son auteur, accesoiremment) de retrouver quiconque ayant pénétré ce labyrinthe, le labyrinthe Dzongkha.

Il vous faudra revenir sur les traces mêmes du parfum pour vous échapper et saisir un des sens de Dzongkha : c'est par le passé olfactif que vous accéderez au ciel. Quand l'encens déploie ses volutes obscures et enfume le dédale, il ne fait que vous brouiller. Quand des fleurs bleues, roses et violettes sortent de terre, c'est pour vous faire tomber. Et quand des hautes haies surgissent des mains à la peau caleuse et brune comme le cuir, c'est pour vous empêcher de lever la tête. Car Dzongkha ne correspond finalement que peu au labyrinthe : il piège par lui, mais son essence même est en réalité le bleu du ciel, aux teintes claires et lumineuses, plutôt que la glaise informe du sol du labyrinthe.

Notez bien qu'ici, dans ce dédale Duchaufourien, les ombres sont toujours deux fois plus grandes que les objets eux-mêmes, dessinant dès lors des lignes brisées, inconstantes et des formes aigües qui n'ont de cesse de naître et de mourir à travers les hautes haies. Elles poursuivent, pourchassent et impossible pour nous d'échapper à l'obscurité qui grandit d'elles tandis que nos mouvements se déploient dans une vaine tentative de réconfort (et par réconfort, j'entends "petit retour sur soi et méditation sur les enjeux d'une telle échappée dans les si belles entrailles d'un labyrinthe olfactif").

Ainsi, d'après mon humble expérience de fuyard, Dzongkha n'est pas fait pour être exploré : il faut le surplomber, couper tout fil d'Ariane et le dépasser. Admirez le ciel : c'est par lui que vous échapperez à ses mystères labyrinthiques. Plongez dans le ciel.


Shining, S. Kubrick

Mais quel épineux mystère surgit quand, au travers des murailles vertes, apparaît un oeil rouge, froid et mécanique ; quand le ciel s'obscurçit ; quand seules les fleurs rouges demeurent et que d'elles s'échappent une ligne puissante menant tout droit non plus au ciel mais au cosmos.

Je plains la personne de confiance qui devra récupérer mon prochain manuscrit, car il semblerait que ma fuite m'ait mené au-delà de l'infini, et que cet infini ait une odeur - paradoxale - de terre.

"Écoutez, je vois que vous êtes vraiment très affecté par cet incident. Et sincèrement je pense que vous devriez reprendre vos esprits, absorber un tranquillisant, et essayer de faire le point."

J.

mardi 21 août 2012

L'Artisan Parfumeur, Séville à l'Aube – Veuve noire, fleur blanche.




 Par Phoebus.



     J'ai partagé ma nuit dernière entre étudier le dernier Artisan, Séville à l'Aube et aider une amie pour une rupture difficile. Je ne sais pas, parfois le hasard épouse bien la situation - et si j'avais su en appliquant cette fleur d'oranger épicée que ce serait pour sauter dans une voiture en catastrophe quelques heures plus tard, mon choix n'aurait pas été différent.



You can have it all but how much do you want it?
You make me laugh
Give me your autograph
Can I ride with you in your B.M.W ?


     Je suis sûr qu'elle ne remarque rien, mais j'ai toujours une jolie curiosité sur le poignet, chaque fois que je passe la voir. Un test comble parfaitement les 10 minutes à tuer qui me séparent de chez elle, puis s'oublie entre les cendriers sur le balcon. Pourtant dans la moiteur d'un soir d'août, Séville à l'aube s'est révélé délicieusement persistant – mais soyons honnêtes, je n'ai pas attendu qu'il monte à mes narines, j'ai quasiment eu le nez scotché dessus toute la nuit.
     J'ai tout de suite accroché avec l'envolée florale verte et croquante. Certes, sans surprise : ce sont entre autres les notes et les effets qui me séduisent le plus facilement en parfumerie. Pour cause, je serais incapable de discuter de la qualité des matières utilisée, mais ce qui ressort avec évidence, c'est qu'elles sont savamment orchestrées. Au bout de quelques minutes on bénéficie déjà d'une rondeur, d'un fini velouté en soutenance de l'envolée blanche et verte qui rend l'expérience particulièrement satisfaisante. Il s'agit des prémices du fond, une vague de baumes et d'encens contenue derrière ce mur végétal qui irradie de sensualité.



You need to be yourself
You can't be no one else


     Les choses se sont un peu épicées après un énième coup de fil, une décision à prendre, mais cette fois ci c'était la goutte. Pendant que mon amie jetait pêle-mêle des noms d'oiseaux et les affaires de son future ex jules dans un sac de sport, un coin de mon esprit admirait avec attention le twist clairement oriental que prenait SALA. C'est une phase assez décisive pour déterminer si oui ou non on a terriblement besoin de ce parfum : certaines peaux vont gâter de sucre la fleur d'oranger et transformer le porteur en corne de gazelle géante (c'est habituellement ce que fait la mienne, mais pourtant pas avec ce parfum, donc ne balisez pas tout de suite et essayez malgré tout !). A ce stade et si vous n'êtes pas malchanceux, la myrrhe et le benjoin sont plus discernables. Le fond apporte un souffle chaud, sec et vibrant sur la peau, toujours vecteur des bribes d'écho vert et blanc du départ.



You need to find a way for what you want to say
But before tomorrow


     Et nous voilà en pleine nuit dans la voiture, à rouler un peu trop vite pour en finir au plus tôt, jeter le sac, récupérer ses affaires.
     Séville à l'Aube est une composition de Bertrand Duchaufour, inspiré du souvenir d'une nuit andalouse de Denyse Beaulieu. Loin d'être un simple soliflore, ou un exercice de style autour de la fleur d'oranger, SALA est un véritable parfum, construit, complexe, cohérent. Il s'annonce comme un must-have du summer-perfumista, mais je suis sûr que Denyse sera tout aussi contente d'apprendre qu'il vous accompagne d'un bout à l'autre du spectre de la passion.


He sits in a corner all alone
He lives under a waterfall
No body can see him
No body can ever hear him call




jeudi 25 août 2011

Mon Numéro 6 - L'Artisan Parfumeur : Discussion Cash

J'étais pas chaud quand j'ai entendu parler de la série "Mon Numéro" sur Grain de Musc (ici). Puis les parfums sont sortis : le 1, le 6, le 8, le 9 et le 10. Je les ai tous senti, un peu précipitamment il est vrai, et si j'ai craqué direct pour le 8, poudré et subtil à souhait, les autres ne m'ont ni emballé ni marqué.

Puis à la présentation du prochain Artisan, Batucada, je suis reparti avec un échantillon du 1, du 6, du 7 (à venir, et délicieux d'ailleurs) et du 8. Devoir de perfumista oblige, je me suis attardé à papoter avec chacun des parfums. Le 1 était sympa, mais j'ai pas partagé grand chose avec lui, alors qu'avec le 7 et le 8, je me suis  éclaté comme un fou !

Et il y avait Mon Numéro 6. Bizarrement, je suis de marbre avec lui, comme malheureusement pour moi assez souvent avec les enfants de Bertrand Duchaufour. Et pourtant, c'est avec lui que la conversation a été la plus intéressante !

Parler avec Mon Numéro 6, c'est comme voyager en train. Mais attention, pas le RER B, bon pour One Million et consorts, mais comme un train de nuit assez rapide, à l'étranger. Dehors, on ne voit pas grand chose, si ce n'est des reliefs et de la végétation - beaucoup de végétation - mais on sait pertinemment que ce paysage défile. Vite. Puis 6 débarque, à l'improviste. On ne le connait pas, mais il s'assoit quand même en face de vous, et vous sourit, pour entamer immédiatement une conversation de manière la plus étrange possible.
"J'suis le porte-monnaie".

Interloqué, on est là. On lève la tête et on plonge directement dans le regard vert d'eau de 6, alors que le train entame un délicat virage. Il ne faut pas chercher de sens à la phrase. 6 a réussi son entrée.

La discussion  commence, et au départ, j'avoue avoir été très troublé, étant donné que le sombre inconnu s'embarque direct dans un sujet à la limite de l'insipide. Non, je ne rêve pas, on dirait J'Adore. Et que je te fous un peu de sujet capillaire, du vernis et autres joies du mascara. Sauf que son discours proche du bas de gamme est ancré dans un sujet passionnant : le voyage. 6 relate une histoire sur un voyage en Asie du Sud, et nous voilà bercé dans un conte sur la mousson, dans une optique que l'on pourrait rapprocher des aventures d'Un Jardin Après La Mousson.

Vert d'eau
Le décor est posé, deux thèmes sont abordés, et tout est construit dans le discours de 6 de manière si fluide que me voila désarçonné. 6 a réussi, réellement. Mais ce n'est pas tout, 6 s'installe dans le fond du dossier, et sirote déjà un jus de fruit inconnu, limpide, du même vert d'eau que ses yeux.
Et aborde la suite de la "conversation", étant donné que pour l'heure je n'ai pas vraiment pu parler.

6 continue son envolée sur les voyages. C'est réellement passionnant. Le voila qui parle de montagnes asiatiques, de nuages et de neiges éternelles. Un discours très très proche de celui de... Dzongkha ! Une poésie de subtilité et d'anecdotes, mais qui malheureusement ne m'évoque absolument rien. Le drame. Surtout qu'il rappelle encore quelques souvenirs en mode J'Adore, et du Jardin. Vraiment, je suis extrêmement troublé.

Et c'est là qu'il entre enfin dans le récit que j'attendais. 6 parle maintenant de mystères, d'ombres, de lumières. On part du monde intelligible, vers un monde sensible et onirique. Comme Passage D'Enfer. Beauté et subtilité sont de mises, et j'aperçois que le regard vert d'eau de 6 s'est transformé en regard gris, délicatement teinté de bleu et de vert. Tout pétille : son récit, son regard et mon ventre.

6 a terminé. Je commence à parler, mais il me sourit une ultime fois, et part. Quitte le wagon.
Comment conclure. Oui, la discussion était passionnante, mais ce mélange de discours, entre J'Adore, le Jardin, Dzongkha et Passage D'Enfer, tout est extrêmement intéressant, mais là encore, comme souvent avec Duchaufour, je suis interloqué, mais je reste de marbre, même si pour le coup, 6 m'a intéressé. Je l'ai revu, de temps à autre, aussi bien dans une ville comme Londres qu'à Venise. Le souvenir est gravé, mais sa rencontre m'a encore troublé.

A vous de voir si 6 vous racontera la même histoire.
J.

samedi 16 juillet 2011

Batucada – des fruits, de l'eau de source, du fun !

Par Phoebus.

(Oui d'ailleurs, je vous préviens d'avance : ces prochaines semaines vous allez en bouffer du Mister Phoebus. Parce qu'à l'heure où j'écris, Docteur Jicky profite de ses RTT de blogueur et se tartine d'écran total quelque part dans le Sud de la France...).

...Du coup moi, j'ai bien envie de profiter qu'il ne soit pas là pour écrire sur un parfum qu'il n'aime pas, tiens. A savoir : la prochaine nouveauté de l'Artisan Parfumeur, j'ai nommé Batucada (et là je précise pour ceux qui n'ont pas prit Portuguais LV3 au lycée, prononcez "batoucAda" avec l'accent tonique sur la majuscule) ! 

 

Pour la petite histoire, la présentation de Batucada le 29 juin dernier était la première invitation officielle de Dr Jicky & Mr P dans le showbiz' de la Parfumerie, on n'était pas peu fier. Mais l'administration de ma fac a certainement dû en entendre parler parce qu'il est évident qu'elle a alors tout mit en place pour me poser une série d'examens en plein dans la même période... (ma fac est méchante). (enfin j'me plains mais de toute façon j'y serais pas allé quand même, étant un "perfumista des champs"...). Cependant cette injustice, ce coup du sort m'a sans doute été bénéfique puisqu'il m'a permit de sentir le parfum à l'aveuglette, sans recevoir au préalable tout le blabla marketing, la liste des composants ect, en bref toutes ces choses qui ont pu amener ceux qui étaient présents au lancement à être déçus. Jicky nous expliquera pourquoi et nous dira tout le mal qu'il en pense dans un futur article sur Auparfum, featuring Opium, featuring un-troisième-internaute-dont-le-pseudo-m'échappe (voilà pour les gossips).

Mais revenons-en à Batudaca : j'annonce la couleur tout de suite, c'est un fruité-floral. Je vous vois déjà lever les yeux au ciel, "ENCORE un fruité...". Je ne vous en veux pas, je n'ai moi-même pas pu contrôler mes orbites quand je l'ai senti pour la première fois. Surtout qu'en l'espèce, il ne va pas taper dans le fruité original, avant-gardiste et délicat comme a pu l'être Mûre et Muscs lors des débuts de la marque. Non, ici l'Artisan Parfumeur nous parle de citron, de menthe, de fruit de la passion et de noix de coco, en louchant sans complexe sur la composition de l'énième déclinaison d'Escada. Ce qui "sauve" le parfum, c'est évidemment d'avoir été lancé par une marque qui se soucie de la qualité des matières premières, de l'équilibre de la composition, et qui ne sous-estime pas l'importance des notes de fond (...Acqua di Gioia, jte parle !). Toutes ces choses font que, comme toujours avec l'AP, nous avons affaire à un parfum aux fondations irréprochables. Mais est-ce que l'âme y est ?





La Batucada est une ramification de la samba et signifie "battements de coeur" en brésilien. L'objectif de ce parfum est plutôt simple : nous faire voyager en Amérique du Sud pour vibrer sur un air latino, avec éventuellement un cocktail local à la main (pour ceux qui ne conduisent pas). Bon. Ca c'est très subjectif. En tout cas, moi, en sentant Batucada, je ne suis pas démangé par l'envie de me mettre des pinces à linge sur les tétons pour secouer les épaules sur le dernier tube de Shakira. Le départ frais et tonique (menthe/citron/glace pilée) nous donnerais en revanche presque soif. Il évoquera de façon saisissante la caïpirinha aux amateurs, ou à défaut, une bouteille d'Oasis tropical (je sais, c'est moins classe....). Le sillage est bien présent, mais se rapproche considérablement de la peau avec les notes de cœur. Le parfum s'exprimera alors de différentes manières selon les peaux : certains ne sentent pas du tout les bois annoncés (vetiver du brésil, patchouli 'transparent'...), d'autres ne perçoivent pas l'aspect floral/solaire (ylang, tiaré). Certains rares malchanceux feront tourner le parfum et se retrouveront avec l'équivalent d'un déodorant ushuaïa fruit de la passion (VDM). Pour ma part, j'ai de la chance, j'ai droit à un joli ylang finement boisé/salé, qui m'évoque volontiers une peau hâlée, chauffée par le soleil. Rien d'avant-gardiste, en somme, mais c'est bien sympathique.




Ce Batucada m'avait vraiment déçu, en le sentant sur poignet au premier test. Je vous invite donc à le porter "pour de vrai", dans le cou, car c'est là qu'il exprime le mieux ce qu'il a a dire. J'ai eu le "déclic" en le portant, en plein milieu de la nuit, alors que je ne savais plus quoi enlever pour avoir moins chaud... Et depuis j'ai du mal à me passer de sa fraicheur sucrée/salée pour dormir ! De jour, il est très confortable également, pas du tout prise de tête, ni envahissant ni mièvre (deux grands dangers pour un fruité). Ah, et il n'est pas si sucré que ça hein ! (et un bon point pour l'Artisan, un !).



Un sage Chanelophile (==> Dau) a dit un jour que la vraie force de l'Artisan Parfumeur est de savoir rendre portables des notes difficiles (comme l'encens de Passage d'Enfer), ou d'anoblir des matières qui ont souffert de leur réputation (comme le patchouli de patchouli patch). Avec Batucada, je pense que l'Artisan a redoré le blason des fruités, en offrant une composition qualitative à cette famille qui ne manque certes pas de membres, mais beaucoup de pointures.

jeudi 30 juin 2011

Tina & Botanistes Artisanaux

Comme idée, on pouvait s'attendre à pas mal de choses pour la venue de l'été ! Olfactivement, il y a toujours foule d'affaires à régler. Et les marques l'ont bien compris ! Chez Mugler, on a chaque année droit aux déclinaisons Sunessence de leurs best-seller qui, malgré des noms à rallonge impressionnant (dur de le citer dans le métro lorsqu'une belle brune inconnue vous en demande le nom...) sont incroyablement bien faits ! Pareil pour les Eaux Fraiches, classiques mais tellement vues et revues qu'on baille d'ennui rien qu'à voir le flacon, toujours pareil : élancé et cylindrique. Cette année, Saharienne, L'Ô de L'Orangerie, et allez, on va parier sur une nouvelle Escale de Dior... (ou alors la 25ème déclinaison de J'Adore, au cas où on aurait pas compris que OUI, J'Adore, c'est trop la classe. Ou pas).

Mais jamais une marque nous a encouragé à prendre nos bottes, nos chapeaux verts, notre tablier vert foncé sur T-Shirt blanc, et nos gants, verts toujours ! Car c'est bel et bien le projet de L'Artisan Parfumeur : faire de nous de véritables botanistes ! Ainsi, pour célébrer leur gamme des Jardins Secrets, qui réunit leurs bambins tels que Premier Figuier, L'Eté en Douce, La Chasse aux Papillons ou encore le Patchouli Patch, L'Artisan Parfumeur nous offre, pour chaque achat, une petite carte de graines.

Premier Figuier pousse le long des sentiers aussi ! c EG

Le principe est simple : humidifiez la carte ensemencée de graines (je le dis parce que j'ai mis pas mal de temps à comprendre le fonctionnement de la machine ^^), et plantez là dans un petit pot de terre (conseil de pro : plantez la carte à l'horizontale, non à la verticale ;). Puis après, il suffira, en bon perfumista à la main (et à la narine !) verte, d'exposer la plantation au soleil, de l'arroser, et de lui parler. Je vous conseille même de lui donner un petit nom ! Après Virgile le Jasmin, voici Tina, la Carte de Graines, fille de Jicky ! (le nom est choisi purement au hasard, j'ai pris le premier que j'avais dans la tête. Et non, je ne regardais pas Goldeneye !).

Future-Tina, en train de s'humidifier, oui je sais, j'ai un
superbe parti pris pictural...

Ainsi, l'opération est simple : vous vous occuperez avec amour de votre plantation, et l'objectif sera de prendre de belles photos d'elle ! Dr Jicky & Mister Phoebus publiera ainsi de temps en temps des nouvelles de Tina, et sûrement de la future plantation de Phoebus sur la page facebook ! Et comme nous ne faisons pas les choses à moitié, autant tenter de faire quelques clichés sympas, car selon la marque, les photos les plus accrochantes seront sélectionnés, et un lot des 8 parfums de leurs Jardins Secrets est à gagner !

Nous vous obligeons donc d'ores et déjà à aller regarder nos photos de Tina et de sa future copine Made-In-Phoebus sur notre page, et de mettre des coeurs partout partout (comme les wesh wesh sur leurs photos de profil, à la différence près que nous ne vous obligeons pas à commenter "m a n n e q u i n" sous chaque cliché...).

Et tel un père tout ému par la naissance de son bébé, je vous présente Tina ! Cette Carte de Graine a vu le jour le 12 juin 2011, à 16h46, par une chaude journée, et se développe dans un petit pot bleu. Nous avons décidé de placer Tina sous l'éducation de Gertrude, la grenouille, réputée pour sa poigne de fer quant à l'éducation des jeunes pousses (elle a élevé mon Impatiens depuis 2003, et elle se porte à merveille).
Tina est Gémeaux ascendant Balance (oui, j'ai bien cherché l'ascendant de Tina, ému que je suis, jusqu'au bout). Deux signes de l'air, qui montrent l'envie de s'envoler, de créer et d'innover. Certes, cela dit, j'aurais Tina à l'oeil lorsqu'elle voudra "s'envoler" à 16 ans pour des soirées "Mousse... de Chêne". Pas de ça avec moi.
Tina et Gertrude

L'opération joue quand même dans l'innovation non ? (je me souviens d'un truc de graindes de tonka pour Guerlain, mais ça avait complétement raté, ça poussait pas...). Et pour vous faire partager mon amour des plantes (Flower Power), une carte de graine est en jeu ! (j'en ai eu une en plus la dernière fois, avec les soldes complétement géniales du coup), que nous accompagnerons d'un échantillon du futur parfum de L'Artisan Parfumeur, qui nous a été présenté mercredi soir : Batucada ! Le gagnant sera surement annoncé dimanche ou lundi, et pourra s'occuper de son jardin à soi ! Et je veux nom, signes astrologiques, numéro de portable (histoire que Tina et le futur bébé se fasse des sorties entre copines), et surtout... des photos !

Et pour les amoureux des plantes, je vous invite à jeter un coup d'oeil chez notre jardinière rebelle, et chez notre Patrice-Les-Pouces-Verts !

Post du 4 juillet : Diane tu as donc gagné une carte de graines ! Envoie moi un petit mail avec ton adresse =) je t'enverrai ça avec un peu du Batucada ! Bravo à toi !

jeudi 16 juin 2011

Trois Petits Figuiers

Les Trois Petits Figuiers - © EG pour J&P
Il était une fois, trois petits Figuiers, tous pleins de fruits charnus, et qui s'aimaient tendrement, tout en étant très différents. Le Premier petit Figuier aimait manger et dormir. Le second, le Boisé, aimait la nature et le grand air et le troisième, le Minéral était plutôt sérieux, il aimait lire sur des rochers, face au Soleil à la mer. Ils eurent un jour envie de voir du pays. Aussi, après avoir embrassés leurs mamans respectives (sachant que le Premier et le Minéral étaient frères et embrassèrent la même mère), ils se mirent en chemin.

Mais un matin, ils apprirent une terrible nouvelle : le grand Méchant Loup était revenu au pays ! Et d'après les rumeurs que chuchotaient les molécules odorantes dans l'air, il était proche !


© EG - le Premier Figuier
"C'est notre pire ennemi, c'est nos mamans qui l'ont dit !" s'exclamèrent les trois petits figuiers. Tous les parfums du voisinage ayant regagné leurs maisons, les pauvres petits figuiers comprirent qu'il leur fallait s'en construire une au plus vite. Le troisième petit figuier se mit tout de suite à creuser de bonnes fondations : il voulait construire une maison de pierre. Quant au Premier, il se hâta de tresser des brins de paille qu'il avait trouvés sur une meule voisine : le soir même il acheva sa paillote et put y dormir à l'abri sans plus penser au Méchant Loup.

© EG - le 2nd petit figuier : Ninfeo Mio


Le second petit figuier planta des piquets aux quatre coins de sa cabane de bois et disposa comme il put des branches pour faire les murs, les fenêtres et de quoi meubler sont intérieur. Contrairement à son habitude, il travailla même le deuxième jour pour poser son toit avant d'aller jouer : "qu'il vienne, ce Méchant Loup !" clama-t-il après avoir achevé son oeuvre.


© EG - le 3ème petit figuier : Philosykos


Le troisième jour, le troisième petit figuier avait cimenté le dernier rang de pierre. Ses amis se moquaient bien un peu de lui et de son travail acharné. Lui le disait rien mais, en assemblant sa charpente, il pensait : "pourvu que j'aie le temps de finir !". Le soir, la maison étant achevée, il réalisa qu'il manquait une cheminée : il se remit  à l'ouvrage et, toute la nuit en construisit une bien solide.




Le lendemain, l'évidence ne fit hésiter aucun des figuiers, la grosse voix avait retenti dès le lever du jour : "qui a osé s'installer dans MA clairière ?" gronda le Méchant Loup. Puis, voyant que ce n'était que trois petits figuiers boisés, il se ravisa : "Hum... moi qui rêvait de m'amuser un peu, voilà une réelle opportunité de "jouer" avec les figuiers jusqu'aux notes de fond...".
Entendant cette sombre voix, les trois figuiers, leur sève glacée d'effroi, se ressaisirent et coururent bien vite se mettre à l'abri, chacun dans sa maison.

Le Méchant Loup se précipita sur la paillote du Premier Figuier, et vaporisa si fort son parfum, que la protection du Premier s'envola tout de suite. Profitant du petit essouflement du Méchant Loup, le malheureux petit figuier se précipita chez son ami.
"Au secours Ninfeo ! Ouvre-moi vite !". Le Boisé lui ouvrit, et le Premier se réfugia dans la cabane de bois de son ami. Le Méchant Loup s'approcha alors de la cabane et atomisa si fort son jus que celle-ci trembla, craqua... mais résista ! Surpris, le Méchant Loup inspira alors plus profondément et vaporisa, vaporisa si longtemps que la cabane du second petit figuier s'éparpilla autour des infortunés bijoux parfumés.

Tandis que le Méchant Loup toussait tout en reprenant son souffle, les deux petits figuiers coururent chez leur ami : "Au secours Philosykos ! Ouvre-nous vite !". Et le plus sérieux des trois figuiers, ouvrit sa porte et le Premier et le Boisé se réfugièrent dans sa maison de pierre. Alors le Méchant Loup se planta devant la maison de pierre, ôta son bouchon pour mieux vaporiser sa colère, retroussa ses manches, inspira et pulvérisa comme il l'avait fait sur la cabane.
La maison ne bougea pas.

Les 3 Figuiers protégés - -© E. G.

Une fois qu'il eut bien toussé quelques gouttes de son jus, craché notes de tête et juré sur ses notes de fond, le Méchant Loup reprit son souffle. A l'intérieur, les trois petits figuiers étaient dans la plus grande des angoisses. La seconde pulvérisation fut encore plus grande et plus longue, et sa puissance était incroyablement plus impressionnante que les précédentes. Mais la maison tint bon.

Fou de rage, le Méchant Loup s'étranglait, haletait, et à l'intérieur, les petits figuiers s'embrassaient, pensant que ce serait la dernière fois. Le Méchant Loup inspira si fort qu'il créa une tempête parfumée, et vint la vaporisation, la dernière, la plus terrible... Tout s'envolait autour de la maison de pierre : herbe, terre, cailloux, tout... sauf la maison ! Epuisé, humilié, le Méchant Loup s'éloigna.

Les trois petits figuiers tremblèrent de peur encore très longtemps. Ce n'est que tard dans la nuit qu'ils purent fermer leurs bouchons et se reposer, blottis les uns contre les autres. Mais au petit matin, réveillé par des bruits de frottements de verre sur le toit, le troisième petit figuier secoua ses amis : "Vite ! Aidez-moi ! Allumons le feu sous le distillateur !". Tandis qu'ils vaporisaient du vent pour attiser le feu, de la suie tombait dans le distillat.

Le distillateur bouillonnait quand une énorme masse noire s'abattir dans une gerbe d'étincelle, d'huiles essentielles, et surtout de cris : "Waouuuuu !!!". Brûlé, ébouillanté, pelé et parfumé clandestinement et à vie, le Méchant Loup ressortit aussitôt par là où il était entré.

Les 3 Petits Figuiers , se reposant sous la voute étoilée - © EG pour J&P
On raconte que dans la clairière, on peut encore voir trois petites maisons de pierre. Mais ce n'est pas vrai. La vérité, c'est que le troisième petit figuier agrandit sa maison pour accueillir ses deux amis et les deux mamans, Olivia et Isabelle (ainsi que tatie Camille les jours où la sieste et les festins le permettent). On dit aussi que Premier Figuier fabriqua des lits douillets pour se reposer sous les autres vrais figuiers, que Ninfeo Mio installa un hamac, et que Philosykos bâtit une bibliothèque de pierre, pour se détendre en fin de journée, au coin de la cheminée...
J.

Texte librement inspiré de la version de  Jean Claverie des Trois Petits Cochons

jeudi 6 janvier 2011

Des histoires de parfums pour le bureau !

 Par Phoebus.


On le sait, le perfumista est un libre penseur olfactif. Il se joue des codes masculins/féminins, il voyage dans le temps en sniffant des flacons vintages, il rit à gorge déployée devant le petit noeud de Ricci Ricci et assume sans complexes d'experimenter les "parfums de vieilles" quand il prend le métro aux heures de pointes. Mais dans des situations comme notre lieu de travail, il faut parfois accepter de ne pas pouvoir afficher nos goûts olfactifs les plus farfelus, (même sous prétexte que c'est invisible !). En effet, qu'on le veuille ou non, l'image compte énormément au bureau, et de même vous n'oseriez jamais venir travailler dans votre vieux survêtement fluo, vétérant des années 90 (aussi confortable et léger soit-il), de même vous ne pourriez vraiment pas venir travailler en ayant vidé un flacon de Dans Tes Bras sur vous. Que ce soit visuel ou olfactif, il faut éviter tout décalage, toute faute de goût qui puisse trop attirer l'attention sur vous, car ici on ne vous demande pas de vous démarquer, ou d'être original... Il faut juste être irréprochable. Et impeccable.
Attention, on ne vous demande cependant pas d'être un mouton, non plus... Mister Phoebus vous explique comment se démarquer olfactivement au bureau, de manière discrète et efficace.

Mais avant de passer au cas par cas, il est nécessaire de revenir sur quelques fondamentaux :
  • Tous les parfums trop forts, trop opulents, trop épicés bref...tous les "trops" sont à bannir. Car qui dit surdose dit polarisation, or ici on cherche l'unanimité. La discrétion est de rigueur.
  • Ensuite, faites attention aux saisons et aux changements de température... Inutile de vouloir combattre "le feu par le feu" en été, pour découvrir de nouvelles facettes de votre Shalimar préféré, encore une fois, ne cherchez pas à être original, gardez toutes vos expérimentations pour le week end afin d'éviter les mauvaises surprises. Ici il faut jouer avec des valeurs sûres ! Donc en été, ne choisissez que des colognes, des eaux fraiches... (ou même, ne portez rien du tout).
  • Pour finir, je pense qu'il est de bon ton de ne pas choisir les best-sellers du mainstream pour aller travailler, car ils sont trop facilement identifiables et évocateurs (et seront certainement déjà choisis par vos collègues !). Rappelez vous que vous devez tout de même conserver votre identité de perfumista, même sous muselière !



On garde tout ceci en tête ... et on commence avec les demoiselles :

Vous êtes une-jeune-cadre-qui-a-de-l'avenir. Vous vous habillez de façon élégante mais stricte, le pantalon à pinces n'a plus de secret pour vous, vous évitez les décolletés, les cheveux relâchés et le maquillage, bref tout ce qui pourrait rappeler de façon trop évidente à votre entourage masculin que vous êtes une femme. Car il faut bien se l'avouer, pour avancer dans ce milieu, il faut avoir une poigne de fer, et sans gants de velours ! Ainsi donc, les seuls accessoires que vous vous autorisez pour trahir votre féminité sont des chaussures à talon (mais petits, les talons) et votre parfum. A la machine à café, pendant la pause, vous mordillez nerveusement le bord de votre gobelet en plastique pendant que Cindy, la secrétaire décolorée, fait rire tout le monde en racontant ses mésaventures du week-end. Mais vous ne l'écoutez pas : vous jalousez en silence le floral-fruité qui s'évapore de son décolleté et irradie toute la pièce quand elle bouge, allant même jusqu'à couvrir le banal sillage de votre Coco Mademoiselle. Vous la suivez à la trace, narines retroussées dans les couloirs, mais pour RIEN au monde vous n'iriez la complimenter et lui demander le nom de son parfum...Alors vous voilà en train d'arpenter le Sephora du coin pour identifier le sillage de l'ennemi-à-abattre. En deux minutes, montre en main, vous dénichez le flacon de Amor Amor Elixir en étant sérieusement tentée de l'acheter, vous aussi...Jusqu'à ce qu'une vendeuse vous présente Womanity de Thierry Mugler. Et là, c'est le choc, le coup de foudre : c'est aussi un floral fruité, mais plus sucré, plus fort, plus diffusif, vous vous imaginez très bien porter ça en arrivant à la machine à café le lundi matin, avec des talons très hauts, un jean à taille très basse, un rire très fort et des cheveux très brillants. A côté de vous, Cindy aurait l'air de sortir d'un film muet en noir et blanc.
La vendeuse aurait pu vous secouer l'épaule depuis une minute déjà, mais par politesse, elle vous a laissé aller jusqu'au bout de votre rire démoniaque. Le rouge aux joues, en vous rendant compte de votre manque de discrétion, vous avez pu réfléchir aux comportements à adopter en fonction des situations et, vraiment, non, Womanity n'est pas fait pour le bureau.

Quelques semaines plus tard, vous avez tout de même fini par trouver votre bonheur en dénichant une boutique Annick Goutal pas loin de chez vous. Vous portez désormais Petite Chérie, un floral-fruité simple et très naturel, d'une infinie douceur. Il n'a certes pas un sillage à creuser des tranchées, mais il est suffisamment diffusif pour qu'on vous complimente quand on vous fait la bise, et pour que vous le sentiez vous-même tout au long de la journée, comme un talisman de votre féminité, caché derrière un chemisier boutonné jusqu'en haut.
Ah, et Thomas, l'autre-jeune-cadre-qui-à-de-l'avenir, s'est détourné de Cindy l'autre jour pour vous complimenter sur votre nouveau parfum...Ce qui ne gâche rien, avouons-le !



D'ailleurs, en parlant du loup.

Vous êtes un-jeune-cadre-qui-a-de-l'avenir. Vous prenez soin de vous, vous êtes toujours à votre avantage, vous avez des dents très blanches et vous avez un nez très fin. Vous détectez le jour même lorsqu'un collègue change de parfum, et vous ne cachez pas votre joie lorsque vous reconnaissez une création de niche sur quelqu'un. Tenez, par exemple, qu'on vous croit ou non, hier vous avez découvert qu'une de vos collègues portait Petite Chérie ! Oui, parce que, bon, au bureau, tout le monde a un parfum, mais vous savez très bien que peu de gens s'en préoccupent réellement... Mais vous, être préoccupé par la question, on peut dire que vous l'êtes ! Vous avez multiplié les essais, en portant des échantillons d'à peu près toutes les marques possible. Seulement, vous êtes dépassé par les goûts de votre entourage, qui vous inonde de compliments lorsque vous portez des parfums très classiques comme Bleu de Chanel ou Le Mâle de Jean-Paul Gaultier... Et personne ne dit rien lorsque vous arborez fièrement l'échantillon de Tonka Impériale que vous avez ramené de Paris et ne sortez que pour les grandes occasions ! Alors évidemment vous êtes tiraillé entre l'idée de plaire aux autres, ou de faire un choix personnel qui ne comblerait que vous même. En bon jeune loup du marketing, vous cherchez avant tout la conciliation, et restez persuadé qu'un parfum pourrait plaire aux masses et à vous-même... Tout en reflétant l'originalité de vos goûts !
Vous avez confié votre dilemme à la gérante de la boutique Frédéric Malle, qui avec le temps (et vos visites très fréquentes) vous connait aussi bien que votre mère. D'un air assuré, elle vous a tendu un échantillon d'Une Rose d'Edouard Fléchier en prétendant que ce parfum était infiniment classe sur un homme. Et comme c'est un floral-boisé, ce n'est pas le genre de sillage qu'on croise à tous les coins de l'entreprise ! Enchanté par l'idée, vous l'avez testée chez vous d'abord et vous êtes délecté de cette rose loin d'être trop féminine ou sucrée, effectivement... Puis, un lundi matin, après vous être rasé, vous avez décidé de tester cette Rose au boulot sans prévenir personne. Mais là, catastrophe : zéro compliment dans l'ascenseur, zéro compliment dans le couloir, et le pire du pire du pire, c'était à la machine à café. Vous êtes allé dire bonjour aux filles, et le plus innocemment du monde, Cindy s'est demandé à voix haute qui avait pu avoir la stupidité de confondre son déodorant avec un désodorisant pour toilettes à la rose.
Pétasse.
Vous êtes parti aussitôt, passablement agacé par le fait que le commun des mortel ne sache pas faire la différence entre une bombe pour chiottes et de l'absolu de rose turque. Après avoir appuyé cinq fois sur le bouton de l'ascenseur, vous vous êtes retourné et avez pu surprendre Pernelle qui avançait lentement vers vous, comme un zombie, menton levé, yeux fermés, narines déployées. A l'évidence, elle vous avait suivit... Et s'est rendu compte du ridicule de sa situation après une seconde de flottement. Elle a ouvert les yeux d'un air paniqué et a bredouillé que non, elle n'était pas folle, ou plutôt si en fait, mais folle de votre parfum. Ses joues sont devenues très roses, et malgré le chignon serré et le pantalon à pinces, on aurait dit une petite fille qui attendait de se faire disputer. Vous avez souris et vous êtes dit qu'elle portait décidément Petite Chérie à ravir.
Ce fut l'occasion de parler parfum pour la première fois sérieusement avec une collègue ; elle vous a expliqué ses aventures à propos de sa propre quête du parfum idéal pour le bureau et vous a conseillé vivement de ne pas porter un parfum aussi fort qu'Une Rose, même si elle est splendide sur vous.
Quelques semaines plus tard, vous avez (peut-être ?) trouvé votre bonheur en dénichant une boutique l'Artisan Parfumeur pas loin de chez vous. Vous avez encore découvert de magnifiques parfums, très originaux, et au sillage suffisamment modeste, comme vous l'avait conseillé Pernelle. Votre cœur balance entre Méchant Loup, Voleur de Roses et Fou d'Absinthe.
Finalement, vous avez compris que vous ne cherchez pas à plaire aux masses, mais seulement à une seule personne. Vous comptez bien demander à Pernelle de vous accompagner en ville le week-end prochain, pour vous aider à choisir...



***************

...Et on continue avec les seniors du bureau ! Cette fois on commence par les messieurs :

Vous êtes le chef-de-service-plus-si-jeune-que-ça. Vous allez avoir cinquante ans cette année mais chut, c'est un secret. L'inconvénient, c'est que vous allez recevoir malgré tout des cartes d'anniversaire, pour vous rappeler grâce à des dessins humoristiques que vous avez "un demi-siècle dans les pattes". L'avantage, c'est que ça met définitivement fin à votre crise de la quarantaine, durant laquelle vous avez successivement tenté : de vous remettre au sport, de vous habiller à la mode "djeuns", de tromper votre petite femme avec cindy-la-secrétaire-décolorée-qui-porte-amor-amor-et-qui-vous-a-grillé-parce-que-vos-nouveaux-habits-de-djeuns-empestaient-son-parfum-quand-vous-êtes-rentré-un-soir...Et vous avez aussi essayé pas mal de nouveaux parfums visant un public jeune. Comment dire ? Vous étiez ridicule. C'est ce que disait votre femme. Et vous vous rendez compte maintenant qu'elle avait raison sur toute la ligne.
Le divorce s'est mal passé. Ça vous a donné encore plus de cheveux blancs (et pourtant, vous veniez de vous faire faire une coloration au niveau des tempes !). Mais vous avez décidé de les garder, cette fois-ci. Après tout, George Clooney n'est pas de la toute première fraicheur non plus, et il est réputé pour être l'homme le plus sexy de la planète. Vous avez décidé d'accepter de vieillir. Enfin. Alors vous avez donné vos nouveaux habits flashy à une association. Fini les t-shirts à inscriptions anglophones, finis les jeans trop serrés, finies les baskets blanches tendances... Place à une garde robe plus mature, plus classique, et plus sombre aussi. Plus classe, quoi. Voilà. Classe. C'est le mot d'ordre de la cinquantaine.

Vous soupirez en épiant Pernelle et Thomas qui flirtent devant la machine à café. Tous jeunes et tous beaux. Ils sentent bon, aussi, vous l'avez souvent remarqué. Tiens, ça vous rappelle que vous n'avez plus de parfum. Vous avez donné à vos fils les derniers flacons que vous avez acheté (Lolita Lempicka au Masculin, Black XS pour Homme et One Million). Vous avez honte, rétrospectivement, d'avoir pu porter des parfums aussi forts et aussi sucrés pour venir au travail (et vous les portiez même l'été, quelle abomination). Mais vous n'avez pas spécialement envie de retourner à votre vieille Eau Sauvage, qui vous a accompagné exactement le temps qu'a duré votre mariage avec votre ex-femme. Ça vous rappellerais trop de mauvais souvenirs.
Au Séphora, les jolies jeunes vendeuses vous ont conduit vers Terre d'Hermès et Habit Rouge, mais non, non, non, pas question de porter la même chose que les collègues hein. Elles vous ont ensuite guidé vers Play de Givenchy (un peu trop plat), Bleu de Chanel (un peu trop passe-partout), Allure Homme Sport (c'est le parfum de votre prof de tennis) et Azzaro pour Homme (c'était le parfum de votre patron au temps où vous même étiez un jeune-cadre-plein-d'avenir...). Vous n'avez rien acheté, mais êtes sortis avec les poches pleins d'échantillons de Chanel N*5 ("pour votre femme" s'est exclamée la vendeuse en vous lançant un clin d'œil et en vous les fourrant dans la paume). Revenez avec elle, elle vous aidera à choisir, qu'elle disait.
Poubelle.

Ce matin là, pendant la pause café, Thomas et Pernelle se sont éclipsés un peu avant les autres. En les regardant s'éloigner main dans la main, Cindy s'est exclamée, sans chercher à être discrète, qu'elle était très contente que Thomas assume enfin son homosexualité. Hilarité générale de la gent masculine présente. Vous vous êtes levé et êtes allé rejoindre vos deux employés amoureux et amoureux du parfum, avec la ferme intention d'aller éclaircir un point. Thomas avait porté un parfum à la rose, quelques jours plus tôt, un parfum que vous, le chef-de-service-plus-si-jeune-que-ça , auriez pu reconnaitre entre mille.

Une Rose ?
Oui, c'est ça. Le parfum de la nouvelle femme de votre ex-patron, ça, jamais vous ne l'oublierez. C'était il y a vingt-sept ans, et les vestiges de cette aventure sont rapportées dans l'histoire des fleurs du malle.
  • Vous voulez peut-être que je vous accompagne à la boutique Frédéric Malle, pour la retrouver ? Elle est veuve depuis très longtemps, maintenant...Et vous, vous avez divorcé, alors...
  • C'est tentant Thomas, mais ça ira. Transmettez lui tout de même mes amitiés.

Vous saviez pertinemment que ce genre de femme, c'est elles qui vous trouvent et pas l'inverse. Donc un jour, peut-être...Mais pas comme ça.
Bon, assez parlé du passé et de votre vie amoureuse désastreuse, vous étiez venu demander conseil à vos deux employés très au parfum ! Ils se sont aussitôt excités comme des puces, comme seuls de vrais perfumista savent le faire lorsqu'il s'agit de conseiller un ami pour choisir un nouveau parfum. Thomas s'est aussitôt exclamé qu'il vous aurait toujours bien vu en Vétiver Extraordinaire, très vite approuvé par Pernelle. Pourquoi pas. Le vétiver, c'est in. Et pas trop "djeuns". Et classe. Très cinquantaine, quoi ! Pourquoi pas, pourquoi pas. Ah mais non ! C'est de chez Frédéric Malle. Autre chose ? Celui de Guerlain ? Ah non, vous n'aimez pas du tout celui de Guerlain. Celui de Chanel ? Trop cher. Celui d'Annick Goutal ?
Annick qui ?

Le week end suivant, Pernelle vous a accompagné chez cette fameuse Annick goutal (elle devait s'acheter un nouveau flacon de Petit Chérie, de toute façon). Très excité par la gamme, vous avez eu un coup de coeur MONUMENTAL pour Sables (original, intelligent, brillant, complexe, beau, il se démarque, bref c'est tout à fait VOUS ça !............Enfin, d'après vous, quoi). Vous l'auriez acheté sur le champs si Pernelle ne vous avait pas aggripé le bras, avec un regard suppliant et les mots "pas pour le bureau" sur les lèvres. C'est vrai qu'il est fort, quand même. Tant pis, celui là, ce sera pour le week end. Et puis, à vrai dire, c'est bientôt l'été...
Tiens, c'est quoi ça ?
L'Eau d'Hadrien. (Pernelle levait les deux pouces).
Pshiit.
Mmmmmmh. Très... Classe !

Il faudra montrer ça à votre amie Emma. Enfin, dans trois ans, quand elle reviendra de son congé maternité quoi...
Ah ? elle revient déjà ..?





Vous êtes une jeune-maman-qui-travaille-aussi. Vous jonglez entre le bureau, la maison et la crèche, entre les biberons, les couches et les dossiers. Et vous vous en sortez plutôt bien, sans vouloir vous vanter... Il faut dire qu'être Maman, ce n'est pas complètement une nouveauté dans votre vie, alors l'arrivée de votre petite fille a apporté son lot de joie sans tous les inconvénients qui y sont liés par manque d'habitude. La fibre maternelle, vous l'avez toujours eu, et d'ailleurs on vous surnomme dans votre dos "la maman de l'entreprise", et ça vous fais beaucoup sourire. Vous aimez vraiment aider les autres, et vous avez été désolée d'apprendre que vous étiez en congé maternité au moment où Paul était en instance de divorce. Heureusement, Pernelle et Thomas, vos deux petits protégés, se sont occupés de lui à ce qu'on vous a dit, et aujourd'hui, il a enfin retrouvé le sourire. Vous êtes très fière de ces deux poussins, et avez pleuré de joie quand Pernelle vous a annoncé qu'ils sortaient ensemble aujourd'hui. C'est vrai qu'ils reviennent de loin. Vous vous souvenez comme si c'était hier des débuts désastreux de la belle petite Pernelle, qui a dû subir pendant un an des harcèlements sexuels de son chef de stage avant de craquer et de venir vous en parler. C'est à partir de ce jour là que vous l'avez pris sous votre aile ; vous l'avez aidé à remplir les procédures judiciaires, vous l'avez accompagné au tribunal, vous êtes allée avec elle lui acheter de nouveaux habits, dans lesquels elle se sentirait plus en sécurité pour venir travailler. Vous lui avez conseillé de s'endurcir... C'est ce qu'elle a réussis à faire, mais elle n'a fréquenté aucun jeune homme depuis cet évènement. Vous avez eu tellement peur pour elle ! Et maintenant, elle a trouvé Thomas. Elle n'aurait pas pu tomber mieux. C'est un trésor. A son arrivée dans l'entreprise, il ne savait pas encore bien s'habiller et portait toujours un appareil dentaire...(Olala vous avez sûrement une photo qui traine quelque part, il faudra penser à la ressortir un de ces jours)...Vous lui avez appris à faire son premier nœud de cravate, et aujourd'hui il pourrait en donner des cours ! Le vilain petit canard s'est changé en cygne, mais ce qui fait toute sa valeur, c'est qu'il n'a jamais été vaniteux ou narcissique. Sur ce point, il se démarque de bon nombre de ses collègues...
Ah ça y est, c'est enfin l'heure. Vous avez droit à des horaires aménagés depuis que vous êtes revenue travailler, et pouvez donc aller chercher votre petit cœur à la crèche tous les jours à 17 heures. Vous rangez votre bureau, enfilez votre manteau, mais avant de partir : vous vous saisissez du flacon d'Un Matin d'Orage que vous cachez dans le tiroir du bas. C'est devenu un rituel, désormais. Vous avez porté Matin d'Orage en abondance durant votre grossesse, si bien que vous l'associez inexorablement à votre petite fille...Et nul doute qu'elle aussi vous associe à cette odeur, c'est incroyable comme ce parfum peut réussir à la calmer si vous en vaporisez un peu sur son doudou ! Mais pour rien au monde vous ne viendriez travailler en portant un parfum aussi personnel, ce serait presque impudique... C'est pour cette raison que dans le tiroir du haut, vous conservez Infusion de Tubéreuse, de Prada. Le matin en arrivant, vous vous en vaporisez un peu derrière les oreilles, et c'est comme si vous enfiliez un masque de femme d'affaire en tailleur noir ! Une tubéreuse impeccable comme une savonnette, lumineuse comme un rayon de soleil, et pas trop diffusive. Ce qui vous plait le plus dans ce parfum, c'est la faible tenue qui vous permet de changer de parfum en fin d'après-midi. Vous avez plusieurs rôles, vous êtes multiple, et vous avez compris depuis longtemps que vous appréciez encore plus vos parfums quand ils reflètent un aspect de votre personnalité.

  • Bon tout le monde à demain, bonne soirée !
  • Embrasse la petite pour nous !






Un peu plus tard, à la machine à café...

  • *snif snif *... Hmm ? Quelqu'un porte Angel ? Clara, c'est toi ?
  • Non, pas du tout.
  • Qui ça alors ?
  • ...?
  • ...?
  • ...?
  • ...Personne je pense... Mais tu n'hallucines pas, je le sens aussi, moi.
  • Moi aussi.
  • Ouai, moi aussi.

Haussement d'épaules général.
Trente secondes plus tard, Cindy entra en trombes dans l'espace-détente, avec la tête des bonnes nouvelles.

  • Hey tout le monde ! Devinez quoiiii ! J'ai ENFIN changé de parfum, mais wahou, ça change beaucoup de mon Amor Amor, vous allez êtes surpris, allez, devinez c'est quoi, devinez c'est quoi !
  • Nous donnons tous notre langue au chat, Cindy...
  • ANGEL ! Il me correspond si bien ! Je crois que j'ai trouvé MON parfum, celui qui reflète ma personnalité et est au plus proche de mon âme !
  • Ah, ma Cindy, s'exclama Pernelle en cachant son nez dans son chemisier. Toujours aussi imprévisible, une vraie joueuse de poker...

(Mon nez à couper que l'an prochain, elle nous fera exactement la même scène après s'être douchée avec FlowerBomb).




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Bon, cet article n'est pas aussi centré sur les parfums que je l'aurais voulu, mais de toute façon quand on dresse une liste de parfums, le plus intéressant se passe dans les commentaires !
.......Donc voilà, VOUS vos parfums de bureau, c'est quoi ? =)




(PS : inutile, mais j'ai pas réussi à le caser dans l'article... Pour ceux qui se demandaient, Pernelle a beaucoup aimé Voleur de Rose chez l'Artisan, donc c'est celui là que Thomas a pris bien sûr !)