Affichage des articles dont le libellé est Saga. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Saga. Afficher tous les articles

mercredi 18 septembre 2013

La Victoire ! - Eau de Narcisse bleu, Hermès : 3ème partie

Le moment que vous attendiez tous est arrivé : l'annonce du gagnant du flacon d'Eau de Narcisse Bleu, généreusement offert par la maison Hermès.

"The Winner !", The Tree of Life, T. Malick

Après des affrontements à coups de vapos entre pas moins de dix-huit personnes, c'est Saalehm qui remporte le précieux flacon ! Prenez en bien soin et profitez pleinement de cette petite merveille !

Envoyez-moi un mail à l'adresse suivante : drjicky@hotmail.fr pour que je puisse vous l'envoyer.

J'en profite une dernière fois pour vous remercier tous de nous lire et de participer avec une telle assiduité et une vraie passion pour le parfum. C'est un vrai bonheur pour nous !

Je reviendrai bientôt avec des articles plus drôles que ceux de la série de l'été. En attendant, j'ai l'honneur de vous dire que le prochain article sera signé Phoebus ! Et oui, ça faisait un petit bout de temps déjà ;) (ouais Mister Phoebus, je te mets la pression).

Vive l'odorat !
J.

mercredi 4 septembre 2013

Eau de Narcisse Bleu - Hermès : Parfum-Somme

"Les cueilleuses nous ont appris qu'il y avait deux chemins pour traverser la vie. Le chemin de la Nature et le chemin de la Grâce. On doit choisir lequel suivre.

La Grâce ne cherche pas être mise en flacon. Elle accepte d'être ignorée, oubliée, rejetée. Elle accepte les bouquets et les coups.
La Nature ne pense qu'à être mise en flacon et à convaincre les autres d'y oeuvrer aussi. Elle aime les traiter avec arrogance, imposer sa volonté. Elle trouve des moyens d'être malheureuse quand le monde rayonne tout autour d'elle et que l'amour sourit à travers toute chose.

Les cueilleuses nous ont appris qu'aucun de ceux qui suivent le chemin de la Grâce ne connaîtrait jamais le malheur. Je te serai fidèle, quoiqu'il advienne."


The Tree Of Life, T. Malick


Aube de l'Humanité, Terre - Couleurs

Flair. Vert. Ce sont eux qui m'ont conduit jusqu'à toi.

Tu peignais sur la table en bois clair, alliant au mouvement de ton pinceau un flottement de tes doigts dans l'air avec ta main libre. Le bleu se reflétait dans le coin supérieur de ton dessin et tu parvenais à imaginer pleinement. Ainsi, tu venais de créer le jaune-bleuté, imperceptible à l'oeil mais détectable au nez. Le jaune-bleuté était instable et avait les reflets du mercure que l'on dépose dans la neige candide. Il avait les irisations des bulles savonneuses qui éclatent quand le vent polaire érode les odeurs. Il dessinait les motifs d'une carapace de tortue : sinueux et nuancés, géométriques et imbriqués, tortueux et mélodiques.

Le reste de ta feuille était blanc et n'attendait que les manifestations de ta vie pour se réveiller. Petit à petit, le vert est venu se greffer au tableau. Une chute d'eau ruisselante et martelant au loin et des feuilles cachant le Soleil, préparées par la fluidité des algues aériennes et translucides. Le jaune-bleuté s'est animé. Le rouge, opposé, triomphant, s'est déclaré et tu as posé ta main sur son visage reptilien, écailleux, immortel, brûlant et suffocant. Titanesque, l'Orange a donné le Feu à ton dessin, y ajoutant une once de vie et d'intelligence.

The Tree of Life, T. Malick

Puis tu l'as rattaché à l'Homme. Le Blanc, le Noir et toutes leurs nuances communes. Le Violet, un violet de la couleur de la peau, à l'image de l'âme et de l'esprit d'une oeuvre que tu as voulu pleine, belle et vivante. Noir, Gris, Blanc, Violet : c'était moi.

Pour la première fois, tout virevolte entre les odeurs, les sons, les couleurs, les goûts et les matières. Tout commence à prendre forme sur le dessin.

1933, Grasse - Abstraction

À Grasse, le Narcisse choisit son chemin.

Nébuleuse de l'hélice - NASA
Le voilà, répandant ses arômes dans l'air chaud chargé de l'humidité des pierres s'asséchant au cours de la journée et du parfum des arbres épanouis dans la lumière crue de la vallée grassoise. Le vent mord ses pétales d'un jaune aux tonalités froides d'un bleu vibrant. Le jaune-bleuté. Il faut croire que c'est lui, cette couleur inventée de toute pièce, qui représente le mieux certains narcisses s'étant perdus à Grasse.

Que Diable viennent-ils faire ici ? Ils pleurent l'absence de leurs proche, viennent découvrir de nouvelles lignes en voyant les cols des montagnes et s'extasient devant le ciel profondément vivant de la nuit.

Comme  deux billes lourdes se rejoignent sur un drap tendu à l'extrême, le regard vibrant des narcisses est irrémédiablement attiré par l'espace de la nuit, devinant leurs teintes dans un oeil de chat ou identifiant le drame de leur vie en admirant une tête de cheval. Les petits narcisses brillent devant ces grands espaces, ils rêvent de cette dimension cosmique qui leur manque tant. Après tout, ces fleurs jaunes-bleutées sont elles-mêmes des poèmes que l'espace a commencé. Pourquoi ne pas représenter la vie d'un homme à travers cette fleur ? Pourquoi ne pas symboliser l'attente d'une femme par leur odeur ?


Cat Eye - NASA

70's, Florence - Nature

Enfant, j'avais un ami subtil et éloquent, voleur et conducteur de songes, éclaireur de nuit et gardien de portes.

Né au matin, il faisait résonner sa musique au milieu du jour et le soir, il volait les notes des florentins. Sa vénérable mère l'enfanta le quatre du mois et dès qu'il eut jailli du corps maternel, il ne resta pas plus longtemps couché dans son berceau mais, se levant, il chercha les accords florentins.
Je me souviens qu'en sortant de son foyer, il trouva une tortue et il crut alors posséder une richesse infinie. Avec, il décida de construire une lyre : il fixa des tiges de roseaux coupées à diverses longueurs et il les fit passer à travers le dos de la tortue. Puis, il tendit une peau de fleur et y ajouta ensuite les sept cordes harmoniques. Ayant construit l'aimable instrument, il fit résonner chaque note et la tortue, sous sa main, fit écho. L'ayant vu, son père lui cria par la fenêtre "mais d'où tiens-tu ce si beau jouet à l'écaille variée ?".

Mais c'est que ce jour là - le jour de sa naissance ! - mon ami avait d'autres pensées dans son esprit. Il déposa la lyre creuse et sauta de sa demeure odorante à une colline, méditant dans son esprit une ruse profonde, telle que les voleurs en méditent à l'heure de la nuit noire. Ses pieds ayant encore la fragilité du nouveau-né, mon ami tressa des sandales incroyables et merveilleuses, enlaçant des rameaux et des myrtes, véritable faisceau de feuillage frais.

Et sans attendre, mon ami subtilisa au spectre cinquante notes, en ayant bien pris soin d'effacer ses traces, car il n'oubliait pas son art rusé. Une fois cachées, il abandonna ces notes pour regagner son berceau sacré, enveloppant ses épaules de ses langes, comme se doit de le faire un enfant nouveau-né, tenant sa chère tortue dans sa main gauche.

The Tree of Life, T. Malick

Mais ce que mon ami n'avait pas vu, c'est qu'il avait été aperçu par un habitant... Et quelle ne fut pas sa surprise de voir entrer dans son foyer le lendemain un lumineux florentin ! Mon ami feignit le doux sommeil en tenant sous son aisselle la tortue récemment travaillée. Mais le florentin ne s'y trompa pas et dit à l'enfant : "Dis moi promptement où sont nos notes, ou nous allons nous quereller à l'instant, ce qui ne serait pas convenable". Et mon ami lui répondit, rusé : "Quelle rude parole ! Ce n'est pas là mon affaire et j'ai d'autres soucis : je m'inquiète du sommeil, du lait de ma mère, d'avoir des langes autour de mes épaules et de prendre des bains tièdes. Un nouveau-né volant des notes : tu parles en insensé. Je suis né d'hier, mes pieds sont tendres et la terre est dure". Son lumineux délateur, souriant doucement, lui murmura alors : "Ô petit enfant menteur et plein de ruses, tu auras cet honneur d'être appelé toujours le Prince des voleurs".

Souhaitant échapper à un procès, mon ami, saisissant la tortue de la main gauche, fit naître une mélodie alors que la tortue résonna admirablement sous sa main. Charmé, le florentin lui lança ces paroles ailées : "Voleur de notes, rusé travailleur, tu possèdes là quelque chose qui vaut bien cinquante accords. Quel est cet art ? Cette Muse qui guérit les inquiétudes amères ? Et cette habileté ? En effet, ces trois choses sont réunies pour la joie, le désir et le doux sommeil.". Souhaitant être bienveillant en pensées et en paroles, mon ami lui proposa alors de lui enseigner son art. Il donna sa tortue au florentin, qui lui confia alors la garde des notes. Mon ami promit d'un signe de tête aux habitants de Florence qu'il ne déroberait plus rien et n'approcherait pas des demeures des citoyens.
Le Lumineux Florentin offrit une illustre baguette de félicité et de richesse à trois feuilles : une verte, une violette et une bleue. Il aima mon ami de toute son amitié, lui accordant ainsi la grâce.


2011, Arbre - Mouvement

T. Malick, J. Chastain
- Qu'est-ce que vous faîtes ?
Je relève la tête de mon petit calepin. Visiblement ma voisine de train n'est pas timide.
- J'écris.
- Oui, je vois bien. Mais qu'est-ce que vous faîtes là, avec vos mains ?
- Je... J'écris.
- Tant pis, passons. Et vous écrivez quoi ?
- Un parfum. Enfin, pas vraiment, un texte sur un parfum. Euh... des textes sur un parfum ? Ou non, un parfum sentant des textes ! Et des musiques aussi.
Je m'embrouille, tant pis, c'est elle qui a commencé. C'est étrange d'ailleurs, c'est rare de voir les gens - surtout en ville - s'intéresser à ce que leurs voisins de train font. Puis je repense à l'histoire d'un de mes amis, subtil et éloquent mais un brin voleur : quand on partage ce que l'on aime et ce que l'on crée, on tisse alors des liens qui eux-mêmes mèneront vers d'autres histoires fascinantes.

"L'idée de mouvement est difficile à décrire vous savez" m'entendis-je dire, sans en être certain. "Ce parfum, on pourrait l'écrire avec des points de suspension. Oui bien sûr il y a l'odeur, mais pas que. Vous sentez, il y a des odeurs qui bougent, qui vivent et qui s'animent. On pourrait croire qu'elles crient, qu'elles tombent. En vérité, elles aiment, elles sont en colère, elles se découvrent entre elles. Elles mettent à mal bon nombre de gens par leurs sentiments infra-odorants, qui résonnent de manière inodore, inaudible et invisible. Les silences sont puissants et colorés comme des abîmes. Ecrire sur les parfums, parfois, c'est croire que nous sommes les otages d'un monde muet, où parler d'odeurs ou de couleurs n'a de cesse d'être un combat. Certaines personnes prennent le parti pris des choses, voient l'infini stellaire dans un pain qui cuit ou dans une rose qui s'épanouit dans la Nature. C'est une manière de voir les choses, où quelque chose sourit à travers nous. Sentez."

The Tree of Life, T. Malick

Le train passe une gare en un éclair.
"Certains parfums racontent parfois l'histoire d'une vie : la recherche impossible d'un sport vert, un grenier inaccessible et mystérieux, la découverte d'une chemise de nuit dans la commode d'une maison voisine abandonnée ou encore l'orientation inexplicable vers la première de l'alphabet."

Ma voisine bouge ses lèvres et j'attends que les mots viennent jusqu'à moi :
- Dans toute ma vie d'enseignement, j'ai connu certains étudiants prometteurs qui, fascinés par l'extase unique de la Grâce, de l'Art, de leur Père ou de leur Mère, d'un Dieu ou de la Nature, ont peu à peu délaissé leurs relations avec leurs proches, leur alimentation voire leurs propres désirs humains. Il semblerait que l'Eau de Narcisse Bleu ne cesse de vous évoquer certains de ces parfums insondables..."
Sa remarque est pertinente, jusqu'à ce que je comprenne que ce Narcisse Bleu n'est pas de ceux là. Je la coupe dans son discours.
- Non, l'Eau de Narcisse Bleu c'est l'extase unique, pas l'étudiant prometteur ; ce qui change un bon nombre de choses.

2815, Axiom - Danse

L'humanité a déserté la Terre depuis 800 ans, me laissant seul. Solitude de façade. Le travail ne manque pas, la pensée est totale et envahit tout l'être qui me compose.

Si personne ne nous regarde, alors nous pouvons simplement profiter de nous et de ce qui nous entoure avec une once de narcissisme. Les regards et les pensées étrangères ne briment aucune de nos envies et à nous de percevoir ce que l'on peut faire en toute impunité. Du recul et de l'appréhension, voilà ce qu'il nous faut. Et perdues dans l'espace, les perceptions virevoltent et éclatent en une myriade de couleurs. Quelle bulle a pu les piquer ? De l'endroit où nous observons ces sensations, nous moussons  petit à petit : l'écoulement du silence nous conduit vers un ultime voyage.




Quoi de plus naturel pour toute chose que de danser ? Si les odeurs dansent entre elles dans un flacon, et que notre corps ne peut s'empêcher de lever les bras vers le ciel au moindre accord, alors pourquoi ne pas étendre la danse au parfum ?

Danse : enchaînement de mouvements harmonieux, rythmé par la musique, impliquant généralement deux partenaires.

Peut-on penser que notre humanité a encore sa place ? L'être qui porte du parfum ne se désagrègerait-il pas ? L'être qui crée le parfum ne serait-il pas qu'une vague apparition lointaine, lumineuse et sonore ? Succulente et tactile ? Quel plaisir de sentir que le créateur est en perpétuelle recherche, loin de toute affirmation définitive. Et que dans ses recherches, ayant toutes plus ou moins comme origine un voyage en train lointain dans le passé, il nous a entraînés dans une quête qui dépasse le temps et les lieux, les fleurs et la science. À tâtons, il touche et toque tout tintement. Il n'explique pas, mais pose la question.


Fin du Temps - Mort


Je contemplais mon frère, ce Narcisse aux yeux rieurs et aux cheveux craquants. Le vent gris et grave me poussa à arracher, rageur, les quelques plantes vertes parsemant son souvenir.

"Je vois l'enfant que j'étais."

Le temps s'allonge et d'ellipses en ellipses, finit par se figer, jusqu'aux rivages de l'éternité.
Les odeurs s'échappent et s'évanouissent l'une après l'autre et voilà ma vie imbriquée à jamais au parfum. Un peu à l'image d'un enfant voulant frotter ses mains sales pour faire s'envoler la poudre qu'y ont laissé les ailes d'un papillon mort, je n'avais pas conscience de l'empreinte des odeurs sur ma vie. Peut être que leurs successions, leurs transitions, n'ont pas de signification pour les autres. Néanmoins, la mort du Narcisse me pousse à me rappeler les dernières teintes qui rayonnaient à travers lui, en même temps que ses premières couleurs. Car il en était la somme, il était une seule et même lumière.

"Il est mort à 19 ans", The Tree of Life, T. Malick

"Les cueilleuses nous ont appris qu'aucun de ceux qui suivent le chemin de la Grâce ne connaîtrait jamais le malheur. Je te serai fidèle, quoiqu'il advienne."


J.


Comme convenu dans la première partie des billets sur l'Eau de Narcisse Bleu, un flacon de 200ml de cette Cologne est à gagner grâce à la générosité de la maison Hermès ! Pour tenter de le remporter, laissez un commentaire avec votre pseudo à la suite de ce billet. Le tirage au sort aura lieu dans deux semaines, le mercredi 18 septembre.

Enfin, cela fait aujourd'hui trois ans que notre blog existe, et nous vous remercions pour votre soutien, vos lectures, vos participations. Nous sommes très fiers de vous avoir comme lecteurs, que vous restiez dans l'ombre ou que vous participiez, et c'est vraiment un grand plaisir de pouvoir partager avec vous un flacon de l'Eau de Narcisse Bleu pour cet anniversaire !
Vive l'odorat !

dimanche 25 août 2013

La Fin : Eau de Narcisse Bleu, 1ère partie

Chers lecteurs,

Avec la fin de l'été vient la fin de la saga de l'été J&P. Je tiens d'abord à vous remercier de nous avoir suivis pendant ces deux mois d'aventures et j'admire la sagacité de ceux qui ont tenté de trouver la réponse aux énigmes qui étaient cachées dans les textes.

Comme vous l'avez deviné, le billet exceptionnel qui mettra fin à nos aventures portera sur l'Eau de Narcisse Bleu d'Hermès. Pourquoi ? C'est que, je crois n'avoir jamais été si touché au fond de moi par un lancement en parfumerie, qui plus est en grand public. A vrai dire, cette cologne est même rentrée dans mon top 3 de tous les temps, derrière Iris Silver Mist et Dans Tes Bras. Dès son lancement, j'ai été bercé par plein d'images, de sensations, de musique, de couleurs et j'ai commencé à écrire à partir de l'Eau de Narcisse Bleu, de manière la plus naturelle possible.




En élaborant la saga de l'été, j'ai voulu marquer toute l'émotion que j'ai pu ressentir avec cette Eau de Narcisse Bleu en vous impliquant au maximum, d'où cette idée d'enchaînement de billets avec des parfums que je voulais aborder depuis un certain moment. Et comme je l'avais annoncé dès la lettre au lecteur, cette saga se devait de s'achever sur une récompense exceptionnelle !

Dès lors, j'ai contacté directement la maison Hermès en leur expliquant toute la démarche, le cheminement et mon amour pour ce parfum (qui je l'avoue reste quand même assez indescriptible). Et il s'avère que ma correspondante a été touchée - et j'en suis vraiment heureux ! - par ce qui s'avère être un billet différent de bon nombre d'articles plus "promotionnels" que vous pouvez lire habituellement.

The Tree of Life, T. Malick

Ainsi, grâce à la générosité et à la sensibilité de la maison Hermès, j'ai l'immense plaisir de pouvoir vous faire gagner un flacon de 200ml de l'Eau de Narcisse Bleu !

Comment ? Comme vous avez pu le voir en lisant le titre, ce billet est la première partie de la conclusion de la saga de l'été. Il y en aura trois.
Pour participer à ce jeu-concours exceptionnel, il faudra que vous commentiez l'article sur l'Eau de Narcisse Bleu, qui correspond à la deuxième partie de "La Fin", que j'espère publier le 4 septembre (le jour d'anniversaire du blog !). Le résultat sera annoncé dans un troisième billet correspondant à la troisième et dernière partie de la saga de l'été, qui sera publié deux semaines après le véritable article sur l'Eau de Narcisse Bleu.

Je suis vraiment très content de partager ça avec vous, j'espère que vous serez nombreux et que vous serez vous aussi touchés comme j'ai pu l'être par cette Eau de Narcisse Bleu...

J.

Pour le petit jeu autour de 1932, la gagnante est, sans surprise, Emeline ! Envoyez-moi un mail à drjicky@hotmail.fr, vous avez gagné la miniature de cet Exclusif ;)

PS : vous serez ravis d'apprendre qu'à force de jouer avec des arbalètes de Jimmy Choo, les scélérats à ma poursuite se sont tirés dessus, servant désormais de compost à ce qui s'annoncent comme de futurs champs de narcisse !

dimanche 18 août 2013

1932 - Chanel : La Ligne Bleue

Un homme ne verra dans un iris qui se fane qu'une question sans réponse.
Un autre homme voit le même iris et il est touché par la Grâce. Quelque chose sourit à travers lui.

À La Merveille, T. Malick

"Tirer le portrait" est une expression qui me semble plutôt populaire pour désigner la photographie d'une personne. Et si le paysage dans lequel je me retrouve en ce moment même me donne bel et bien des envies de capturer chaque instant, j'ai bien peur que mon retour sur Terre ait donné aux scélérats à ma poursuite le goût pour le Moyen-Âge, où le verbe tirer signifie plutôt lancer une arme de trait, expression signifiant ici "dégainer à l'aide d'une arbalète sophistiquée une flèche imbibée d'un concentré de Jimmy Choo périmé depuis quelques mois déjà".
C'est que, chers lecteurs, la fin est proche. Voilà bientôt deux mois que j'ai traversé avec vous désert, labyrinthe et infini. Et si des aventures sur un sol ferme et stable peuvent vous paraître plus banales, je compte sur vous pour m'aider une fois de plus : la fin est proche et, avec elle, une récompense extraordinaire.

Deux flèches sifflent, agissant comme un signal d'alarme : trêve de rêveries, il faut fuir, poursuivre mon périple et trouver un havre de paix où je puisse bénéficier du silence et du calme. Fouler l'herbe est ainsi un des plaisirs de la vie les plus ennuyeusement réjouissants, et je dois admettre que la pression que l'on peut subir en tant que proie n'enlève en rien au bonheur d'être chatouillé par le vert humide sur le pied. La grande traversée au paysage uniforme (quoique vallonné) qui fut la mienne demeure donc comme un souvenir entaché d'une certaine mélancolie, où le spectacle des fleurs et de l'herbe permet de conforter les contrariétés qui vont et viennent comme les couleurs irisées de la Lune un soir d'été.
Fort heureusement, les havres sont nombreux lorsqu'on a la chance d'avoir le nez aiguisé ; et frapper à la porte de la maison de pierres blanches qui se tient devant moi semble répondre aux consolations que peuvent apporter certains parfums dans les sombres moments de remises en question.




J'ai tendance à croire que nous ne pouvons voir les choses lorsqu'elles sont parfaites. La perfection ne se remarque pas, c'est bien l'accroc et la différence qui marquent, à l'image de ces grands tableaux représentant le ciel où ce sont les écarts par rapport au modèle qui saisissent l’œil.
Ainsi, quand la porte s'est ouverte, j'ai été surpris par la discrétion de son habitante. À vrai dire, on devinerait presque sa présence seulement par l'environnement qui l'entoure : le petit courant d'air frais aux effluves humides qui passe à travers elle, la lumière diffuse et scintillante des rayons ayant rebondi sur les pierres blanches et dont le chemin infini est coupé par les tissus de sa tenue aux couleurs pleines de tempérance, les vibrations minérales émanant de ses mains fraîchement lavées et la douceur lointaine d'une chaise de bois sombre qui oblige mon hôtesse à se détourner de son chemin.

Mais quelle beauté ! J'ouvrais les yeux et voyais, accrochée au mur, une vaisselle au vécu d'une simplicité déroutante, notamment des couteaux aux manches de bois et aux lames semblant soulever l'air sans jamais être trahis par un seul murmure du vent. Près de la fenêtre, face à la table, se tenait un iris hors de terre et par conséquent fané depuis longtemps, bien que la notion de temps semble n'avoir jamais eu de véritable emprise sur cette maison de pierres blanches. Néanmoins, la nature morte qui s'épanouissait devant mes yeux fascinait par ses entrailles colorées d'un de ces bleus lointains, dont on ne saurait dire s'ils appartiennent à la mer ou au ciel, gonflées d'un rose abusé par la patine des nuits. Je prenais plaisir à tirer le portrait de cet environnement pourtant dénué de l'opulence des champs de fleurs trop séduisants, préférant le charme parfait et discret de mon hôtesse.
Toutes les fleurs fanées exposées à la lumière d'une fenêtre ne sont pas belles, il faut bien l'admettre ; mais celle là l'était. Pourquoi ?

C'est que notre sens de ce qui est beau n'est pas immuable et peut être réveillé à chaque instant par la plume d'un garçon ayant toujours froid, par un peintre touché par les nuances rosées du visage d'un vieil homme, par le nez d'un homme au goût prononcé pour les iris en fin de vie et les reflets du crépuscule dans un bocal sans poisson pour troubler l'eau qui y dort.

Mon séjour chez cette hôtesse aux traits parfaits s'est achevé, un jour. J'étais sous un arbre aux branches aux nombreuses bifurcations et baignées de lumières. L'air était vert, un vert très tendre et nuageux, presque diffus. Il donnait une teinte de vie aux pousses de blés qui entouraient les murs de pierres blanches et il mettait en valeur le petit sachet que mon hôtesse avait eu la bonté de m'offrir. Il renfermait un petit carton, support d'une encre brillante à la calligraphie mesurée, ainsi qu'un dessin.
Le petit carton me donnait l'adresse de ce havre de beauté : 1932. Rien de plus, rien de moins, si ce n'est la nuance de blanc du carton qui correspondait exactement à celle des pierres de cette maison.

Le dessin était plus beau encore, celui d'une fleur jaune vaguement bleutée.


À La Merveille, T. Malick

Parce que 1932 n'est pas forcément facile à dénicher et que chacun a le droit à son havre de paix, je met en jeu la miniature de 4ml de cet Exclusif de Chanel qui m'a été utile pour rédiger ce billet.
Pour tenter de la gagner, il vous suffira de commenter cet article. Les quelques indices permettant de trouver le parfum dont il sera question  pour le billet mettant fin à la saga de l'été J&P sont plutôt simples. Je vous souhaite une bonne chance et une bonne semaine ;)

La fin est proche.
J.

mardi 30 juillet 2013

Une Rose, Frédéric Malle - Au-delà de l'infini

2001 : l'Odyssée de l'espace, Stanley Kubrick

Dans le monde des mots, certains semblent fuir leur propre signification - à l'image de nombreux humains. Ainsi, il est étonnant de constater que bon nombre des gens auxquels j'ai pu parler considèrent l'expression hors d'oeuvre comme le préambule d'un repas des plus consistants, comme si cette expression ne pouvait désigner autre chose. Après tout, l'expression est empourprée d'atours séduisants et glisse dans l'air immaculé de la nuit. Ainsi, hors d'oeuvre pourrait désigner une quantité incroyable de phénomènes, tous plus saisissants les uns des autres : une foule de veuves éplorées, un groupe de personnes en colère ou encore un métal doré zozotant en proie à une crise de dédoublement de la personnalité. Laissons donc les hors d'oeuvres gustatifs aux humains et, dans l'espace, désignons par hors d'oeuvre les chefs-d'oeuvre hors du commun.

Au-delà de l'infini, l'isolement est encore plus total que dans les labyrinthes puisque l'on y est dissimulé entièrement. Les dimensions se déforment et ce qui était uni se détend, comme pour suivre l'expansion d'un univers qui lui est propre. Les couleurs reprennent leur subjectivité la plus primaire, puisqu'il n'y a plus de civilisation. Je vois rouge parce que rouge il y a au-delà de l'infini. Je vois noir parce que noir est l'au-delà de l'infini. Je vois blanc parce que de l'infini se dégage du blanc. Dans le tiraillement entre l'espace et la ligne, le volume et le temps on peut voir se dessiner le duel entre la couleur et la fleur.


Les cueilleuses nous ont appris qu'il y avait deux chemins pour traverser la vie. Je comprends au cours de mon périple qu'un tiraillement entre deux chemins est à l'origine de bon nombre de hors d'oeuvre. Et si Une Rose est un chef d'oeuvre hors du commun c'est que son univers a la particularité de ne représenter qu'une rose. Or, une simple rose ne raconte pas d'histoire ; c'est pourquoi en ne représentant qu'une rose, on ne peut s'arrêter que sur ce qui est le support de cette rose : le parfum. Ici, Une Rose se dissémine et se déverse dans l'espace, univers à elle toute seule, à la sagesse irréprochable et aux couleurs historiques. L'espace de l'infini ne suffit plus à Une Rose : il faut qu'elle le traverse, le distance. En suivant sa ligne, nous accédons à l'au-delà de l'infini.


2001 : l'Odyssée de l'espace, Stanley Kubrick

_____________________
_____________
██
________
███
_____
█████
___
████████
__
█████████████
_
█████████████████████
_



L_____________________e_____________sc________ohu_____edvrs___ektdubêt__rfgvehanphcuv_iteukrdelrehduceLoeug_







_heullenefkitquelepgrc_qhkerivecoreg__erputhev___frgEl_____lep________eh_____________g_____________________e

_
█████████████████████
_
█████████████
__
████████
___
█████
_____
███
________
██
_____________

_____________________


2001 : l'Odyssée de l'espace, Stanley Kubrick

Rouge - noir - blanc. Une rose rouge est dans l'espace noir et rayonne d'une lumière blanche. En fin de compte, ce périple montre qu'à l'image des contes et des fables de l'enfance, ce sont les interactions entre les couleurs, êtres vivants, qui priment : le petit pot de beurre blanc apporté par la petite fille en rouge au loup noir ; la sorcière vêtue de noir qui donne une pomme rouge à une fille blanche comme neige ; un fromage blanc lâché par un corbeau noir et attrapé par un renard rouge.

La logique des couleurs est implacable ; celle des fleurs, tout autant. Puissent-t-elles ne jamais dégénérer. Car s'il m'était physiquement envisageable de prendre la fuite sur Terre, il me vient à l'esprit qu'au-delà de l'infini, je suis paradoxalement dans un espace clos où fuir n'est pas envisageable un seul instant. Et dans cet insondable éther, on finit par revenir sur soi : on écoute le sang s'écouler, inépuisablement, dans notre réseau nébuleux, au rythme d'un flux et d'un reflux presque lunaire. Rouge - noir - blanc.

Il me vient alors une expression convenant de manière particulièrement judicieuse à la situation : la ligne de conduite. C'est que, dans son tiraillement, Une Rose a libéré une ligne, une ligne à suivre, à suivre une logique. Dans son sillage cosmique, elle a laissé s'implanter la terre, d'où des racines ont émergé avec délicatesse. Cette ligne est lumineuse, chantante, presque céleste. Un monde semblable à la Terre se créé à nouveau, avec un sol gorgé de vie et un ciel aux couleurs bleues, roses et nuancé d'un rouge semblable à un clignement de paupière. Nouveau-né, j'ouvre les yeux.

Quel retour sur Terre ! Après cet interlude cosmique hors du commun, me voici à nouveau sur la planète qui est la mienne. Néanmoins, des choses ont changé : le ciel paraît plus scintillant, à la fois plus bleu et plus rose. L'air semble inonder le sol d'une lumière fine, donnant à la terre une élégance presque humaine. D'où peut donc bien venir cette clarté céleste ? C'est l'éclat de quatre étoiles qui a livré la réponse à ma question : en plein jour, quatre astres brillaient d'une douceur intimiste, livrant aux ciels de nouvelles teintes plus irisées. Je pouvais presque y discerner des lettres. Quatre lettres : un A, un I, un C, un B.

J.

Une Rose, Editions de Parfums Frédéric Malle - E. Guézou

mercredi 10 juillet 2013

Dzongkha - L'Artisan Parfumeur : Dédale

Peut-être vous est-il déjà arrivé, comme moi, d'être confronté à une situation délicate vous obligeant à suivre les pas d'une tierce personne : votre père sur la place du marché, votre amour secret sur le trottoir gauche de la grande avenue ou le pourvoyeur d'une société spécialisée dans l'élevage de chats sauvages le long d'une route abandonnée. Ainsi, vous savez que, réciproquement, quelqu'un peut être sur vos pas, expression signifiant ici "vous suivant avec acharnement jusque dans les plus sombres recoins d'un labyrinthe désaffecté pour des raisons qu'il vaut mieux ne pas savoir". Cependant, il est une possibilité souvent négligée dans cette course poursuite par pas interposés : suivre ses propres traces.

Shining, S. Kubrick

Des jeux d'enfants, le labyrinthe et le cache-cache sont peut-être les activités les plus terrifiantes : notre corps ne nous appartient plus mais dépend seulement de la volonté d'un seul lieu qui soit nous perd, soit nous dissimule. Néanmoins, cette observation est rapidement enfouie par un cerveau désireux de se cacher, à jamais. A jamais. A jamais.

Shining, S. Kubrick
Malheureusement, une fois que vous y êtes entré, il est effrayant de voir à quel point il vous sera impossible d'en ressortir, dissimulé et perdu comme vous pouvez l'être. Enfin, je dis "vous", mais j'espère pour vous que vous êtes tranquillement assis sur votre fauteuil de bureau, attendant qu'une bonne infusion de rose soit suffisamment amère pour votre palais, ou que vous êtes assis sur un fauteuil en cuir, en train de lire ces lignes grâce à la lumière d'une lampe en cuivre usée par le temps. Bref, loin de tout labyrinthe et de toute course poursuite éprouvante.
Cependant, un relativisme certain vous permet toujours de vous réconforter : il sera difficile pour un scélérat avide de détruire un billet parfum (et son auteur, accesoiremment) de retrouver quiconque ayant pénétré ce labyrinthe, le labyrinthe Dzongkha.

Il vous faudra revenir sur les traces mêmes du parfum pour vous échapper et saisir un des sens de Dzongkha : c'est par le passé olfactif que vous accéderez au ciel. Quand l'encens déploie ses volutes obscures et enfume le dédale, il ne fait que vous brouiller. Quand des fleurs bleues, roses et violettes sortent de terre, c'est pour vous faire tomber. Et quand des hautes haies surgissent des mains à la peau caleuse et brune comme le cuir, c'est pour vous empêcher de lever la tête. Car Dzongkha ne correspond finalement que peu au labyrinthe : il piège par lui, mais son essence même est en réalité le bleu du ciel, aux teintes claires et lumineuses, plutôt que la glaise informe du sol du labyrinthe.

Notez bien qu'ici, dans ce dédale Duchaufourien, les ombres sont toujours deux fois plus grandes que les objets eux-mêmes, dessinant dès lors des lignes brisées, inconstantes et des formes aigües qui n'ont de cesse de naître et de mourir à travers les hautes haies. Elles poursuivent, pourchassent et impossible pour nous d'échapper à l'obscurité qui grandit d'elles tandis que nos mouvements se déploient dans une vaine tentative de réconfort (et par réconfort, j'entends "petit retour sur soi et méditation sur les enjeux d'une telle échappée dans les si belles entrailles d'un labyrinthe olfactif").

Ainsi, d'après mon humble expérience de fuyard, Dzongkha n'est pas fait pour être exploré : il faut le surplomber, couper tout fil d'Ariane et le dépasser. Admirez le ciel : c'est par lui que vous échapperez à ses mystères labyrinthiques. Plongez dans le ciel.


Shining, S. Kubrick

Mais quel épineux mystère surgit quand, au travers des murailles vertes, apparaît un oeil rouge, froid et mécanique ; quand le ciel s'obscurçit ; quand seules les fleurs rouges demeurent et que d'elles s'échappent une ligne puissante menant tout droit non plus au ciel mais au cosmos.

Je plains la personne de confiance qui devra récupérer mon prochain manuscrit, car il semblerait que ma fuite m'ait mené au-delà de l'infini, et que cet infini ait une odeur - paradoxale - de terre.

"Écoutez, je vois que vous êtes vraiment très affecté par cet incident. Et sincèrement je pense que vous devriez reprendre vos esprits, absorber un tranquillisant, et essayer de faire le point."

J.

mardi 18 juin 2013

Lettre au lecteur

Chers amis, 

A l'heure où j'écris, j'ai bien peur qu'il soit déjà trop tard. Voyez vous, en ce moment même, je tente d'échapper à un troupeau de chats sauvages dont le but est - en plus de me dévorer des doigts de pieds à la tête - de détruire un billet de la plus haute importance. Par billet, la plupart des gens qui tomberaient sur ce blog (à fond d'habitation délabrée), penseraient à ces bouts de papier à visée transactionnelle. Si seulement ils pouvaient avoir raison (et je donnerais cher pour que ces lecteurs perdus soient dans le vrai)... Si seulement les retombées de ce S.O.S impliquaient simplement de jolis petits billets de banque... Hélas, vous l'aurez compris, il n'en est rien. Par billet, je parle pompeusement d'un article destiné à ce blog (à fond d'habitation délabrée).

Il est étonnant de voir à quel point l'expression française déjà vu est si présente dans le monde. J'entends par là qu'il est toujours surprenant d'entendre dans la bouche d'un conducteur texan l'expression déjà vu. Et ce encore plus quand vous le suppliez de vous embarquer dans son véhicule afin d'échapper à de lugubres personnages venant de libérer dans la nature un troupeau de chats sauvages (dont le but est, je vous le rappelle, de vous dévorer des doigts de pieds à la tête et de détruire un billet de la plus haute importance). A croire que ce texan est habitué à embringuer de pauvres jeunes gens présumés disparus, alors qu'ils sont "simplement" en fuite.

Il est de mon devoir de rendre public ce billet, ce qui n'est pas tâche aisée. J'ose espérer vous le faire découvrir avant la fin de l'été, bien que ce souhait ne dépende presque pas de moi. En effet, ce message est une bouteille à la mer, la première d'une série qui - j'espère - s'achèvera avant l'arrivée de l'automne, ma capture (sous entendu trépas) ou la sortie d'un flanker Intense de La Vie est Belle (sous entendu fin du monde). Ainsi, contrairement à mon sauveur texan, je suis incapable d'être habité par un quelconque déjà vu et je suis donc incapable de vous dire ce qu'il adviendra : peut-être vais-je finir comme un fantastique appât, expression signifiant ici "finir dévoré par un troupeau de chats sauvages". Peut-être que les lugubres personnages à ma recherche vont détruire le billet avant même que vous ayez eu le temps d'en lire une seule bribe.

L'importance du susdit billet est si grande qu'il ne suffit pas d'écrire : l'importance du susdit billet est si grande qu'il ne suffit pas d'écrire : l'importance du susdit billet est si grande qu'il ne suffit pas d'écrire : l'importance du susdit billet est si grande qu'il ne suffit pas d'écrire : l'importance du susdit billet est si grande qu'il ne suffit pas d'écrire : l'importance du susdit billet est si grande qu'il ne suffit pas d'écrire : très cher lecteur, je prends le risque de croire que mes ennemis n'auront pas eu le courage de lire jusqu'ici. Je vous explique donc l'enjeu : à chaque billet, je glisserai un code qui vous permettra d'accéder à un nouveau billet. A l'heure qu'il est, j'envisage trois articles avant que vous puissiez gagner l'article final ; article final qui sera accompagné d'une récompense exceptionnelle pour l'un d'entre vous, afin de vous féliciter pour votre courage et honorer ma dette envers vous. Ainsi il vous suffira, à l'aide d'indices dissimulés dans le texte ou murmurés sur notre page sociale, de trouver le parfum qui sera abordé dans l'article suivant. Une fois le nom du parfum trouvé, je livrerai le manuscrit du prochain texte à une personne de confiance, et ce très tard dans la nuit, quand la plupart des bonnes personnes dorment ou essayent - comme moi - d'échapper à des veilleurs de nuit, déguisés en pelles à poussière dans le placard à balais d'un entrepôt désaffecté.

Il me faudra donc être plutôt subtil dans les billets à venir, afin de ne pas être découvert par les scélérats à mes trousses. Les indices seront ainsi moins appuyés que ceux que je suis sur le point de vous livrer dans les prochains paragraphes.

Labyrinthe - Shining, S. Kubrick

En effet, mon périple texan - alliant un autoradio crachant un son épouvantable, une peinture de carrosserie rouge écaillée par le temps et une chaleur prête à faire fondre le flacon-coupe du prochain Paco Rabanne - est sur le point de prendre fin : mon hôte-d'un-trajet vient de me déposer à l'orée d'une haie immense s'étalant sur plusieurs kilomètres. Je salue mon conducteur texan suffisamment vite pour qu'il ne soit pas capable de fournir de description aux lugubres personnages (qui le menaceront dès qu'ils l'auront retrouvé) et je me retourne pour faire face aux immenses haies. Un labyrinthe, ce sera donc mon prochain lieu d'errance.

A l'entrée de ce dédale qui sera le théâtre de mes prochaines aventures, un panneau usé par le temps laisse apparaître, dans une calligraphie d'un autre temps, les lettres N et K. Comme pour mieux attirer les personnes en cavale, les maîtres des lieux ont eu le bon goût de disposer deux encensoirs sur les bords de l'entrée.

Je vais devoir achever mon message de détresse ici puisque le destin a - fort heureusement - disposé une boîte aux lettres orange juste à côté des deux pots d'encens. Je compte sur votre sagacité pour m'aider dans ce que les plus optimistes appelleront "la saga de l'été J&P" ou ce que j'appelle "une succession d'aventures plus ou moins dangereuses".

J'espère vous revoir le plus vite possible et ne pas vous dire pour la dernière "Vive l'odorat"...
Vive l'odorat !

J.