Affichage des articles dont le libellé est Innovation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Innovation. Afficher tous les articles

lundi 14 octobre 2013

Déliria - L'Artisan Parfumeur : Nyan Splash !




Connaissez-vous Nyan Cat ?

Si je vous dis qu'un jour, une personne a songé qu'un chat volant dans l'espace, coincé dans un donut rose et laissant s'échapper de son popotin un arc-en-ciel, le tout sur un rythme douteux, ferait une bonne vidéo, vous me croyez ? Non ? Et bien Internet l'a fait et Nyan Cat est né.

Si je vous dis qu'un jour, un parfumeur a songé qu'un malabar rose en train de se faire injecter du blanc d'oeuf cuit sur un capot de voiture en mode botox, le tout sur une chorale d'huître reprenant en choeur Heal The World de Michael Jackson, ferait un bon parfum, vous me croyez ? Non ? Et bien L'Artisan Parfumeur l'a fait et Déliria est né.

Nyan Cat Galaxy !


Elle est loin l'époque des délicates chasses aux papillons ou des siestes sous le figuier chez L'Artisan Parfumeur. Avec les Explosions d'émotions, la marque explore les sensations nouvelles en parfumerie ! Si Amour Nocturne et son cèdre caramélisé et tranché par une scie infernale me retourne comme rarement l'estomac et si le confort de l'iris cuiré vaguement métallique de Skin on Skin me repose avec plaisir, je crois bien que l'intérêt de cette collection se trouve caché dans le flacon de Déliria !

Ne partant de presque aucune structure connue, ce parfum exploite pourtant des territoires olfactifs très (trop ?) en vogue dans la parfumerie actuelle, à savoir le sucre et le calamar décomposé des notes marines. Mais n'allez pas soupirer, car on est loin, très loin du déjà-senti ! Bonne nouvelle ? A vrai dire, je ne sais pas si je serais capable de vous répondre...

Nyan Cat Audition !

Le parfum joue sur une matière vaguement marine, froide, aux effluves de don de moelle épinière, pas si inhabituelle en parfumerie. Sauf que dans le cas qui nous intéresse, cette "douce" molécule a été dosée au milluple de ce que l'on connait (comment ça vous ne connaissez pas le mot milluple ? Oui, ce mot est globuleux, mais... le parfum aussi). En découle un bouleversement architectural sans précédent. Déliria aurait pu être un palais classique, théâtre de négociations politiques cornéliennes et peut être un peu rébarbatives. Il n'en est rien : Déliria  n'a gardé que la sagesse du vieux roi... Le roi d'une troupe de lutins roses complétement déchirés au cannabis.

Nyan Cat Projets d'avenir
Et devinez ce que chantent ces petits lutins pas nets ? Eh eh... Une version acoustique de Nyan Cat en coopération avec l'orchestre philarmonique de la Sylve Planante.
Je ne saurais pas trop comment vous conseiller d'aborder ce parfum. Personnellement, je zigzague encore dans l'arc-en-ciel démoniaquement débridé de ce félin intrigant, mais j'ai ouï-dire que certains étaient parvenus au donut rose. Je lance ainsi un appel à témoin : est-ce que quelqu'un sur Terre a enfin trouvé la réponse à la question qui régit l'univers et est arrivé sur le chat de Déliria ? Car j'ai bien l'impression que les deux réponses sont liées.
Quant à ma réaction face à tant de chamboulement et de modernité ? Disons une soudaine envie de me replonger dans de beaux chyprés lumineux, choquants à leur époque et presque toujours incompris aujourd'hui... (poke Le Parfum de Thérèse).

Internet va si bien à Déliria que je ne peux finir que sur cette idée. Et je pense que, tout comme tu fermerais délicatement ton ordinateur au moment où tu tomberais - au détour d'une recherche Google - sur un site analysant l'évolution de la décapitation de poupées Corolle en pays ouzbèque au cours du temps, il vaut mieux y aller petit à petit avec la mouillette de Déliria. Le mieux étant probablement de te murmurer à toi-même dans la pénombre de ta chambre : "Enough perfume for today".

J.

lundi 22 avril 2013

Géranium Pour Monsieur - Frédéric Malle : Lettre d'une fougère à son fils



Le flash crépite : la course est finie.
Quelle course. Je l'ai vu, merveilleusement synchronisé avec ses acolytes, endurant et les yeux fixés sur la ligne d'arrivée. Ces sourcils qui se froncent, cette bouche qui se serre et ces muscles qui se raidissent... Mon dieu, on aurait dit moi à son âge.
Je reprends mon souffle et fais craquer mon aromatique ossature. C'est pas moi qui serais capable de refaire une course. J'éteins le poste de télévision et je me dirige vers le bureau. Mes pas font grincer le plancher. Quel désespoir ! Là où ce gaillard rame au rythme de ses équipiers, voilà mes vieux os qui gémissent en parfaite harmonie avec mon bon vieux parquet. Tragique ironie (cela dit, puisse l'IFRA ne pas m'obliger à passer au lino).

Une fois mon stylo saisi, je sors un petit paquet de feuilles du tiroir à ma gauche : il faut que je lui écrive à mon fils ! Ma lampe de bureau est allumée, tout mon matériel pour écrire est en place... Ah ! J'allais oublier : un petit peu de musique. Du Grieg, ce sera parfait.

"Cher Géranium,

Quand je repense à toi adolescent, je ne peux m'empêcher de visualiser une pièce immense, sans fin, avec un plancher de verre et aux fenêtres sans aucune délimitation. Tu es complètement plongé dans la lumière, seule ombre au tableau : l'obscurité émanant de tes sombres pensées.

Car baignant dans la gloire de cette lumière fauve se tient la silhouette fluette d'un jeune homme aux yeux grisés. Il est allongé sur le canapé élimé, vêtu des fringues qu'il a porté depuis une centaine d'années : une chemise blanche à manche longue toute froissée sur un marcel désabusé, un jean gris foncé rapiécé et des chaussettes qui ont été blanches (un jour). Il renifle et tousse souvent, régulièrement, comme synchronisé sur une respiration difficile et mécanique, simple accessoire d'une chaîne qui ne tendrait qu'à s'épuiser. Je ne pouvais laisser cette silhouette, pourtant pleine d'avenir, dans cette morosité parasite.

Mais qui étais-je pour pouvoir prétendre t'aider ? Ces vêtements, tu les tenais de moi et de tes oncles gâteux. Ces pensées, c'était par ma faute qu'elles corrompaient la lumière de ton aura.
Je t'ai donc mis dans un canot et nous avons ramé, tous les deux. J'étais ta colonne vertébrale, je structurais tes mouvements et ajustais ta coordination. Je t'ai appris la force et j'ai modelé ton corps.

Géranium Pour Monsieur par Konstantin Kakanias

Mais je ne soupçonnais pas la portée de ton talent. A chaque mouvement de rame, je te voyais en adéquation avec le monde. Je jalousais l'air d'entrer dans tes poumons, te permettant ainsi de transmettre une énergie inespérée au bois, à l'eau, dans un cycle d'une mécanique scrupuleuse. Si on avançait, c'était par toi et l'ampleur de ta respiration. Ton regard aux teintes grises jamais ne cillait et il révélait la fermeté de ta détermination innée. Quand je repense à toi conduit par la Vitesse et l'Expansion, gouverné par l'énergie et la vitalité, je vois tes pensées noires se décliner en gris, en vert et en quelques teintes ocres que tu distilles par l'écume de ton corps transpirant.

Au fil des courses, ta stature s'est révélée. Je parle bien de ta stature car ton ossature, celle que je t'ai laissée comme héritage, tu l'as balayée - sans anesthésiant - alors que tu étais envahi d'une fureur verte. J'ai longtemps pensé que tu avais rejeté ta filiation, que tu m'avais rejeté moi. Mais ta course de cet après-midi m'a éclairé : tu l'as dépassée comme tu as devancé tes adversaires. Et c'est aujourd'hui que j'ai vu que, dans la famille, le victorieux c'était toi. Les rouages du sport n'ont plus de secret pour toi. La musique si bénéfique pour ta concentration, tu l'as assimilée puis tu l'as transformée. Electrique, désormais tu rayonnes comme peu d'entre nous n'ont jamais brillé.


The Social Network

Désormais je me dis que c'est à toi, le "petit fougueux qui gère" d'imaginer la silhouette rachitique de ton "fou de père". Tu pourrais : je n'ai plus rien à t'apprendre. Il ne me reste plus qu'à t'aimer comme l'oiseau chante, comme la rose s'épanouit dans la nature : le plus naturellement du monde. Cependant, j'ai compris aujourd'hui que quand tu regardais vers l'arrière pour me sourire, c'était pour y puiser de l'énergie. Cette lumière, cet éclat dans ton regard, je sais que tu le transmettras comme je sais que je te l'ai transmis : tu l'irradies. La génération à venir sera technologique ; heureusement que la mécanique te connais. En liant l'ossature de ton "fou de père" à ta stature de "fougueux qui gère", tu créeras les plus belles choses que la Terre ait connu."

Au moment même où ma plume se retire et que le son de l'encre humidifiant le papier s'amenuise en écho au morceau de musique qui s'achève, le Monde tremble. Mon corps s'agite, se convulse en une seconde, puis c'est le calme ! Que... Que se passe t-il au juste ? Crise cardio-coumariniaque ? Accident lavandaire cérébral ?
Nouvelle secousse : l'effet de surprise m'a permis de retrouver la raison. Mon téléphone ; c'est juste mon téléphone qui vibre. Tiens, j'ai reçu un SMS :

"On a gagné Papa !!!"
J.

mercredi 29 février 2012

M / Mink - Byredo : Toujours la même

Toujours la même. La même ligne. Toujours la même ligne que nous suivons tous. Peu importe comment chacun d'entre nous la perçoit, ce qui importe c'est d'être conscient que, toujours nous déambulons, gris, sur cette tristesse étrange, montant comme la mer sur le roc noir et nu.

Toujours la même ligne, que l'on perd de vue lorsqu'elle s'enfonce dans les méandres des tréfonds marins, noirs et hostiles. Que l'on retrouve et face à laquelle il est de coutume de désespérer lorsque, en pic Cruel, elle s'élève à l'infini, cîme majestueuse couronnée de neige argentée mais aux côtés nus et abrupts.

A. Lee

Toujours la même perspective, conduisant dans une même direction à un point ultime. 
Ce sont ces liens discordants pourtant, tous d'une Beauté classique convulsive, que nous entrevoyons ici.

D'un côté le blanc, la lumière de toutes les couleurs, la brume de toutes les odeurs et l'oncteux de tous les goûts. Tout blanc, il est une douleur très simple, une joie éclatante pour tous.
Au coude à coude, luit le noir fuligineux, l'union de toutes les couleurs, la nuit de toutes les odeurs et le rugueux de tous les goûts.

Il en est de même pour cette mer et cette montagne, toutes deux traversées. Toujours la même mer, noire et lisse, se faisant un sang d'encre pour son avenir. Dans sa lutte contre la linéarité, la voilà en train de gravir les pics, avec une brutalité insoupçonnée. Dans son ascension d'une intensité métallique, la voilà en train de ravir au Cruel ses rocs propres et blancs, et ses pierres noires et friables.

Toujours le même point d'orgue dans le temps. Où l'équilibre entre les pierres, base de l'édifice naturel, cède sous la pression de la plaine saline. En cet instant, les couleurs sont indiscernables.
"Taisez-vous !" semble crier la montagne fière, dans un vague souci de résistance.

Mais qu'importe, la ligne du pic s'affaisse sous la déferlante de la mer. La ligne si haute, finit par plier sous les coups. Toujours la même lenteur, c'est un secret connu de tous, où les secondes défilent, au compte-goutte.

Au sein de la mer pleine de vie, des questions émergent : en brisant l'équilibre ascendant de la montagne, la ligne s'est abaissée, et non élevée. Plus jamais nous retrouverons les Morts aux pieds de la montagne. Toujours la même mer, qui en voulant échapper à la peur perpétuelle de sa propre fin, voit son sourire enfantin noyé face à cette ligne qui s'abaisse. Subsiste alors un malheur vague, montant comme la mer sur le roc noir et nu. Toujours.

Le temps s'en est allé. Aujourd'hui, cette ligne demeure, impériale et impalpable dans ce paysage plat. Ces liens qui autrefois reliaient cette mer à cette montagne et conféraient à la Beauté son classicisme convulsif,  ont disparu. La Vie de la mer et la Mort de la montagne ne forment plus qu'un tout, dérangeant.

Par moment, vos beaux yeux croient surprendre quelques sursauts, à la vision du paysage.
Il semblerait que, plus encore que la Vie, la Mort nous tienne souvent par des liens subtils.

Bocklin, L'Île des Morts, 1896
J.

mercredi 1 février 2012

Han, mais j'vous ai pas dit.

 By J & P.


Désolé, pour une fois ce post ne parlera pas de parfum... Ou plutôt : il nous permettra, à vous, Jicky et moi même, d'en parler un peu plus, un peu mieux à l'avenir.

Parce que nous sommes à la pointe de la technologie et de la hype-ittude *tousse-tousse*, nous avons décidé d'étendre notre blog à Facebook et Twitter... Depuis quelques temps déjà mais on ne l'avait encore jamais proclamé officiellement !





J'entends déjà les true hipsters soupirer dans leur ponchos orange fluos que facebook c'est SO two thousand and eight et que twitter c'est SO two thousand and six. Et que pour être cool aujourd'hui faut avoir un Tumblr - et un poncho orange fluo bien sûr.

Sauf que oui mais non, on n'aura pas de compte Tumblr (du moins pas tout de suite) et ce pour trois raisons :

1)  C'est un peu nombriliste, pas si différent d'un "deuxième blog" en fait.
2) Ce n'est pas un média très intéressant pour nous, dans la mesure où c'est surtout utilisé pour partager des images (comme dans A la recherche de Dau) ou des photos (comme dans Musque moi de Patrice).
3) Essayez-voir de prononcer "Tumblr"? ........................................ On est d'accord.


Bref aucune utilité. Au contraire, nous, on veut vous parler, vous connaitre. Oh bien sûr on peut communiquer dans les commentaires sous les articles, mais le sujet tourne autour du-dit article justement, et c'est pas très privé non plus.

Plus concrètement, en rejoignant notre page facebook ou en nous suivant sur twitter, vous serez prévenu à la minute où un nouvel article de notre cru vient de paraitre. On prévient aussi (assez souvent) de la publication d'un article parfum d'un autre bloggeur, quand on l'a apprécié.... De notre parfum du jour, ou du coup de gueule du moment....Et enfin de tout ce qui a un rapport avec le monde de la parfumerie en général, l'actualité du parfum. Et tout et tout.
De votre côté, si vous le voulez, et parce que les réseaux sociaux sont fait pour ça, vous pouvez toujours venir chercher un conseil (ou nous en donner un ! Tiens d'ailleurs je ne sais toujours pas quel parfum porter pour aller faire ma lessive demain matin), nous demander notre avis sur une marque (ou nous en faire découvrir une !)... Et de façon plus légère vous pouvez aussi nous dire quel est le parfum que vous portez/testez là, maintenant, tout de suite R-I-G-H-T-N-O-W ! (on adore ça ^^).


Et puis je dis ça je dis rien, mais tu sais que t'es un perfumista quand tu as aimé la page de jicky sur Facebook et suivi Phoebus sur Twitter quoi ! Alors on vous dit à tout de suite les monstroplantes (et votremissionsivousl'acceptez  c'est de venir nous dire quel est votre parfum préféré en ce moment.... Sans nous donner le nom ;)).


Vivez parfum 2.0. YES WE C(h)AN(el) !

 
(Mon premier se rencontre
souvent sur des mamies fourrures 
à l'arrêt de bus, 
mon second est très fleuri, 
mon tout a le 
sillage d'une bougie...).





lundi 5 décembre 2011

Thierry Mugler – Le Goût du parfum : Supers héros aux superpouvoirs

Plusieurs fois ils ont été évoqués : les nouveaux Mugler ont débarqué sur Terre.
Et pour décrypter cette rencontre du Troisième Type, rien de tel qu'une publication croisée ! Vous aurez donc le plaisir de lire l'avis de Dr Jicky sur le blog de Poivre Bleu, ici !, et en attendant, gents lecteurs, je vous prie d'accueillir Nez Bavard ! 

Je ne sais pas si vous avez regardé Dragon Ball Z lorsque vous étiez jeune (ou vieux, ne soyons pas sectaires), mais moi oui. J’étais fan de ces personnages aux traits coupants et aux coiffures invraisemblables. Et en plus ils gagnaient toujours leurs combats. Mais ça, c’est parce qu’ils avaient des superpouvoirs de dingue, et des transformations plutôt sympa comme le Super Saiyan (moi aussi j’aurais bien aimé pouvoir devenir blonde en claquant des doigts, ça aurait été trop classe pour épater les amis !)…


Et bien les éditions limitées de Thierry Mugler, c’est un peu comme si les versions classiques avaient déclenchés leurs supers pouvoirs… Vous les connaissiez déjà puissants et percutants ? Dites vous bien que vous n’avez encore rien vu. Le travail qui a été fait autour de ces fragrances à la personnalité hors norme a permis à chacune de dévoiler un potentiel encore plus impressionnant et séduisant. Vous allez me dire « Ah ! Mais on joue encore sur l’alimentaire ! ». Ma réponse est simple, oui, les éditions limitées Le Goût du Parfum joue ouvertement sur l’alimentaire, où comment stimuler des sensations gustatives et savoureuses à travers votre nez.

Il y a quelques temps, j’aurais probablement rejeté en bloc ce positionnement de la collection, car j’avais alors tendance à refuser tout ce qui touchait à l’alimentaire dans les parfums, fatiguée de la surenchère en sucreries collantes et sirop de fruits poisseux. Je comprends toujours cette sensation, et cette opinion, car elle reste toujours mienne dans le cas de nombreux lancements. Mais je sais aujourd’hui que l’on peut faire dans l’alimentaire, et même dans l’alimentaire sucré, tout en proposant un travail construit, des notes profondes, des textures inédites. Malgré tout le dégoût que provoque chez moi la vaporisation de Miss Dior Chérie (vintage), ce parfum est l’un des premiers à avoir proposé une note gustative en parfumerie dérangeante de réalisme (on parle bien de la note de fraise écrasée qui était frappante à sa sortie en 2005), car on raconte dans les couloirs (mais ce n’est plus un secret pour personne), que Christine Nagel serait allée piocher sa note si particulière du côté des aromaticiens. Cette note a aujourd’hui été lissée et a rendu Miss Dior Chérie encore plus détestable que sa première version.

Mais ce n’est pas le propos de mon article. Si notre ami le Dr Jicky a souhaité vous parler de Womanity Chutney de Figues, pour ma part, je ne vais pas déroger à mes habitudes et je m’en vais vous en remettre une couche sur Alien. Mais une couche de caramel au beurre salé s’il vous plait, ne soyons pas timides. Connaissant très bien ce parfum (puisqu’il fait parti de mes favoris, comme vous le savez désormais tous), j’étais tout naturellement très intéressée pour découvrir une variation sur le thème de cet extraterrestre parfumé. Je n’avais d’ailleurs pas du tout été emballée par la version EDT sorti il y a quelques temps, qui avait pour moi fortement appauvri le parfum, lui faisant perdre en sillage et en densité.


Pour la collection Le Goût du Parfum, Alien a vu apparaître dans son éventail de sensation la note sucrée, une note qu’il ne déployait pas forcément au départ. Vous pourriez justement voir ce changement d’un mauvais œil : détrompez-vous. Alien Caramel au beurre salé est loin de sombrer dans l’excès de sucre et de lourdeurs pâtissières. Le magnifique jasmin sambac est désormais un peu plus discret, et grâce à l’ajout de la note caramel (ethyl maltol) et d’une note un peu noix ou noisette, c’est finalement l’aspect ambré d’Alien qui ressort. Il se fait d’emblée plus rond, plus épais, certainement un tout petit peu plus gras, mais clairement plus charnel. L’évolution sur la peau s’assouplie : il se fait un peu moins sec et un peu moins cashmeran (le bois synthétique utilisé en grande quantité dans la formule d’origine). Ce qu’il perd en dimension fantastique (l’impression technologique et un peu surréaliste que développait la première version), il le gagne en consistance.

Alien Caramel au beurre salé s’accroche à votre peau et change de couleur : du violet il passe à l’or (la couleur de l’odeur change), et active les superpouvoirs du super-héros de la parfumerie qu’il est en réalité. On a passé le niveau supérieur : Alien est maintenant capable d’une diffusion, s’il était possible, encore plus puissante, d’une tenue qui défie les lois de l’évaporation, d’une originalité qui vous fera sortir du lot à coup sûr, même perdu dans la foule. Dans la zone de combat, les adversaires paraîtrons bien pales et faiblards avec leur soupe fleurie – fruitée navrante de convenance. Leur barre de vie se videra plus vite qu’il ne faut de temps pour le dire…

Inclinez-vous, vous êtes sous le charme de ses supers-effets… !
Si vous souhaitez en savoir plus sur la collection Le Goût du Parfum, courrez donc lire l’article de notre Dr Jicky national sur Womanity Chutney de figues, mais chez moi ! Et pour avoir un aperçu de l’ensemble de la collection, Olfactorum saura vous renseigner ! Je me joins bien évidemment à mon acolyte bloggeur pour demander bruyamment et avec insistance le maintient des références de la Collection, afin qu’elles passent au catalogue permanent, pour notre plus grand plaisir à tous !

jeudi 19 mai 2011

Céline Verleure, d'Olfactive Studio pour J&P !

Nous vous en parlions ici, la marque Olfactive Studio est sur sa dernière ligne droite. Les essais sont presque tous réalisés, les choix se resserrent et le lancement approche à grand pas !

Petit récapitulatif : "Olfactive Studio est une rencontre entre la photographie artistique contemporaine et la parfumerie, entre l’œil et le nez. Olfactive Studio est au croisement du Studio Photo et du Studio de création. Pour la première fois, des parfumeurs rencontrent des photographes et s’inspirent de leurs œuvres. Ils res-sentent les images pour en saisir l’essence.

Car en effet, c'est bien de l'univers de la photo que s'inspire Olfactive Studio !  Rien que pour vous (et en exclusivité j'ai envie de rajouter pour me la péter), voici l'interview de la créatrice de la marque : Céline Verleure !

Enjoy ;)

1/ Olfactive Studio, l’idée, elle sort de quelle pellicule ?

C’est une idée que j’ai depuis longtemps d’associer photographie et parfum. Quand j’étais directrice du marketing de Kenzo Parfums, j’avais déjà eu envie d’imprimer le visuel de chaque parfum sur chaque packaging pour qu'on associe le parfum avec la photo vue dans la pub.

Dans le cas d’Olfactive Studio, l’idée va beaucoup plus loin car c’est la photo qui inspire le parfum et qui a été notre principal brief et la source d’inspiration pour les parfumeurs. Je leur ai également donné une liste de mots clés, associés à l’imaginaire de chaque nom de parfum, mot-clés sur lesquels nous avons brainstormé sur le blog.

Visuel pour "Autoportrait"

2/ Flacon, noms, ok ça c’est fait. Tu peux nous parler à propos de ce qui semble le plus important à nos yeux : les parfums en tant que tels ?

J’ai senti, avec les fans qui m’ont accompagnée à chaque rendez-vous avec les parfumeurs de Mane, Robertet et Firmenich, plus de 35 propositions en fonction des 3 briefs de parfums que nous avions faits pour Autoportrait, Chambre Noire et Still Life. J’en ai pré-selectionné 6 essais que j’ai fait retravailler légèrement sur la concentration et le dosage de certaines notes.
Ce sont ces 6 essais aboutis que j’ai fait découvrir aux fans lors de 3 rencontres olfactives (la dernière est prévue le 25 mai à Paris, vous pouvez encore vous inscrire).

Et voici les 6 parfums nominés

3 essais mixtes pour AUTOPORTRAIT :
- "Tea Wood" de Dora Arnaud, Firmenich : Thé Darjeeling et bois avec un soupçon de farine de chataigne

- Autoportrait 2 de Dorothée Piot, Robertet : boisé-épicé avec une note de cardamome et iris

- "Noir" de Nathalie Lorson, Firmenich : un parfum boisé profond (cèdre) à multiples facettes (élémi, encens, benjoin...)

1 nominé pour CHAMBRE NOIRE :

- "Chambre Noire 5" de Dorothée Piot, Robertet : un boisé-épicé sensuel avec une note cuir arrondie par le pruneau


2 parfums nominés pour STILL LIFE :

- "Moss" de Dora Arnaud, Firmenich : la mousse de chêne en guest star, transpercée par un accord glacé et fruité

- "Yuzu Temple" de Dora Arnaud : un Cocktail festif de Yuzu (agrume japonais) piqué de poivres rares, de Rhum et de bois chauds

Au vu de tous les commentaires et émotions annotées par les fans lors de ces rencontres olfactives, je prendrai la décision finale des 3 parfums sélectionnés avant fin mai pour rentrer en fabrication (macération puis mise en flacon) et sortir la gamme mi septembre.

[Note de Jicky : nan mais c'est simple, Noir est tout simplement THE parfum qu'il faut ! ;) ]

3/ Le groupe, ça c’est passé comment ? Et il va évoluer comment ?

C’était une grande première de dévoiler aux internautes les coulisses de la création d’une marque de parfums et de leur donner la parole sur tous les choix artistiques. J’ai été agréablement surprise du nombre de fans croissant de manière rapide, surtout au début ou l’aventure était très virtuelle (avant les maquettes). Cela m’a encouragé à poursuivre l’aventure jusqu’au lancement prochain.

Le groupe est composé de passionnés de parfums, de blogueurs, de distributeurs et de points de vente dans le monde entier. Il y a aussi de simples fans qui s’y connaissent moins en parfum et participent surtout en disant J’aime/j’aime pas mais c’est intéressant aussi. Suivant les sujets (concept, noms, packaging, jus) le groupe a plus ou moins participé, plus ou moins été créatif, le sujet qui a le plus passionné étant de choisir le nom des parfums !

Le groupe va continuer à vivre après le lancement comme un espace d’expression mutuel, j’aime y parler de parfum en général. J’ai le projet de lancer une nouvelle création chaque année et le groupe sera à nouveau sollicité pour chaque nouvelle création et sentir les nouvelles propositions de parfums pour m’aider à les choisir.

4/ Quels sont tes critères de choix olfactifs ?

J’aime les parfums qui ont du caractère (J’ai créé en 1996 le parfum Kenzo Jungle avec Dominique Ropion). J’ai un faible pour les parfums boisés, épicés, profonds et chaleureux, et j’ai l’habitude de porter Fille en Aiguille et Féminité du Bois, de Serge Lutens, ou encore Un Jardin en Méditerranée, d’Hermès. J’ai un grand respect pour le travail des parfumeurs et aime leur donner carte blanche pour des créations vraiment personnelles et osées. Je fais le minimum de retouches pour privilégier des « épreuves de parfumeur » J’accorde beaucoup d’importance à la qualité des matières premières et ai choisi des jus en moyenne 3 fois plus chers que ceux des grandes marques. Je préfère investir dans la qualité du parfum lui-même que dans la publicité.

5/ Où seront distribué les parfums Olfactive Studio ?

Grâce à Facebook, j’ai rencontré un distributeur en Europe spécialisé dans les marques de niche (Différentes Lattitudes, qui distribue Byredo, Juliette has a gun, etc…) ainsi qu’un distributeur au Moyen Orient (Sesame), et bien sûr les parfums seront disponibles en e-commerce sur le site www.olfactivestudio.com et seront livrés dans le monde entier.

Visuel pour "Chambre Noire"

En tout cas, nous remercions beaucoup Céline, pour son temps (ah ah ! en plein rush sur les sorties des parfums et tout !). Si vous avez des questions, n'hésitez pas à les poser ;)
J.

jeudi 5 mai 2011

Olfactive Studio - De l'avancée en parfumerie !

Olfactive Studio ! 

Ce nom ne vous dit peut être rien, ou vaguement alors, mais vous allez bientôt en entendre parler ! 
Vous connaissez peut être leur groupe Facebook : Le Blog du Parfum qui n'existe pas (encore !) ! Et peut être en avez-vous entendu parler ici et là, sur les blogs, ou sur le net.



Bref, c'est quoi ? Donc Olfactive Studio c'est une nouvelle marque de parfum qui devrait voir le jour d'ici peu (la rentrée mes chers enfants... la rentrée ;), mais qui intègre une toute nouvelle chose qui FAIT la différence !
Avec Olfactive Studio, c'est VOUS qui choisissez ! Ainsi, le nom de la marque, des parfums, des flacons, des couleurs, des bouchons, tous les détails ont été choisis par les membres du groupe. 

Bon, vous allez me dire "dit coco t'es mignon, c'est déjà choisi tout ça !". Non. Pas l'essentiel. Il manque encore les parfums !

Plusieurs essais ont été faits, chez Robertet, Firmenich..., et vous pourrez participer au choix le jeudi 12 mai, selon cet événement. Voila, pour ceux qu'habitent Paris, c'est pas mal, non ? Sincèrement, je suis content de cette initiative ! Enfin, on peut espérer toucher un peu du cercle très fermé de la parfumerie ! (Qui a déjà touché un essai de parfum ?)

Vous pourrez jouer vos Bertrand Duchaufour et autres Annick Ménardo en clamant, fier : "Oh non, je pense qu'il faut doser la formule à 13,7% ! Histoire de relever le coeur !".

Petit billet ainsi, car j'ai pas eu le temps de vous faire un bel article sur un parfum (semaine d'examens oblige), mais je voulais quand même écrire une petite binouche ! Et donc, c'est aussi le moyen de vous avertir que il y aura une petite interview de Céline Verleure, l'initiatrice de la marque bientôt bientôt ! Vous pourrez ainsi poser des questions, lire les réponses, en sirotant un Perrier-Menthe, délicatement accompagné d'un carré de chocolat aux noisettes entières. Bref, une vraie interview quoi ! (et le premier qui me dit que les entretiens avec la belle musicienne du 19 et notre vendeuse mystique du 22, c'était du semblant, je lui fais le cou en J'Adore !)

J'avoue avoir déjà senti quelques essais, et je peux vous dire qu'il y a du bon... du très très bon ! Mais ça, c'est à vous d'en décider !
J.