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jeudi 14 avril 2011

Plongez dans l'osier...


Les beaux jours reviennent ! Il fait 25°, on sort, on crie ! Yaaahaaa !!! J'en profite d'autant plus que moi, oui moi mais pas vous (j'insiste =), moi moi moi je suis en vacances et donc c'est Sniffathlon Power !!! Je gambade, au gré du vent et des envies, saluant ma petite vendeuse de chez Frédéric Malle, de chez Lostmarc'h ou Josiane du stand Cartier (ou comment rester une heure et demie à parler aux Galeries Lafayette...).

Sans oublier que je squatte la ligne 1 comme si c'était ma deuxième maison, arrosé que je suis par le vent qui s'échappe des fenêtres de la rame, mais aussi par les effluves de transpirations de mes bons vieux parisiens... Serait-il de bon goût de rajouter ici un petit "lol" ? Syntaxiquement, pourquoi pas...

Et mercredi dernier, autant enfoncer le clou jusqu'au bout, je n'avais pas cours ! Il faisait chaud,  très chaud et j'ai décidé d'arpenter Rivoli, en direction de la boutique Lostmarc'h (pour un ami). Sauf que, bonne poire, pas loin du 111 rue Vieille du Temple il y a le BHV ! Et on me le reproche souvent, je ne peux m'empêcher d'entrer dans un magasin qui propose des parfums. Oui, mea culpa ! (je vous raconte pas la fois où, en sortie scolaire nous sommes passés devant une boutique Guerlain... c'était horrible). Et je me suis aventuré dans le sympathique stand orange (j'ai toujours aimé le orange) Hermès. J'y ai d'ailleurs fait la connaissance d'une aimable "amie d'ami" qui peut être se reconnaitra...

Mais j'y ai surtout fait une redécouverte. Une redécouverte qui s'est fait réellement par hasard, dans mon test à la limite du machinal sur mouillette : Un Jardin Sur Le Nil. Un simple coup de nez sur la mouillette, puis les portes du métro quotidien se sont refermés, et le parfum m'a une fois de plus transporté dans les confins d'un autre monde.

Je me suis retrouvé, moi, petite boule de vie, dans un panier en osier porté par une jeune femme en robe de lin blanc. Le panier était de forme ronde, sans aucune étoffe pour rendre l'assise plus confortable. Cela dit, j'étais au moins protégé du vent qui semblait fouetter ma porteuse. J'essayai de regarder ce qui se passait à l'extérieur du panier en osier, mais allez grimper une façade de 40 cm quand vous n'en mesurez même pas 5 ! En attendant, je profitai du beau ciel bleu au-dessus de moi. Le Soleil devait être à son zénith, car il régnait une réelle sécheresse dans l'atmosphère : le panier semblait cuire en pleine nature, et dégageait des odeurs de paille sèche, et d'abricots secs. Abricots secs... Oh ! Mais en voila un petit pot ! Cool, j'ai faim ! Je pris dès lors le fruit séché (qui par ailleurs mesurait deux fois ma taille...) puis en croqua quelques bouchées.

Et quel bonheur de pouvoir ensuite s'allonger, en étendant son corps tout du long du panier, la face au Soleil, chaleur universellement reconnue comme source de bonheur intense (et c'est un Québécois d'hiver qui vous le dit, quoique l'hiver canadien soit très ensoleillé !). En fait, je faisais alors une sorte de remake du Dormeur du Val, au détail près que les parfums faisaient encore frissonner mes narines.

Et c'est dans ce moment d'une léthargie intense que ma porteuse a choisi judicieusement de poser tout en délicatesse le panier d'osier sur une surface étrange ! J'ai cru mourir ! J'étais tellement... plongé dans l'osier, que le choc du changement m'a bouleversé ! En aventurier aguerri, j'ai essayé à nouveau d'escalader le panier, histoire de voir par dessus les murailles. J'ai tenté de toutes les manières (j'aurais du prendre des photos...), par les mains, par les pieds, en sautant, en essayant des pirouettes acrobatiques dignes de la pyramide olfactive de Brin de Réglisse ! Et c'est au bout de 15 bonnes minutes que j'ai réussi à agripper un brin de paille qui dépasser du panier, à partir duquel j'ai pu grimper sur le bord de mon berceau.

Le panier était sur de l'eau. L'eau d'un fleuve très calme, et qui m'éloignait à chaque fois plus loin des berges, où poussait une végétation luxuriante. Elle était légèrement ombragée par un arbre immense, qui abritait ainsi une colonie de papyrus, petits roseaux verts et tendres qui baignaient dans l'eau. Je me suis assis dangereusement aux bords du panier pour admirer cette douce vision. L'eau faisait balloter mon siège.

Même un petit peu trop balloter. Il y a eu aussi au même moment une bourrasque de vent très très puissante. Un cri strident qui sortait de nulle part. Et une voix féminine machiavélique vit retentir son timbre mécanique dans l'air, annonçant une sentence impitoyable : "Champs-Elysées - Clémenceau".

Retour case métro quoi.

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